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Introduction du commentaire comparé

Les Frères Grimm sont deux conteurs allemands qui ont décidé de réécrire les contes de Perrault en leur conférant une dimension morale davantage accentuée qui convenait mieux au public enfantin.

Après le PCR, ils ont livré leur version du conte « Cendrillon ».

Nous sommes ici confrontés au deux dénouvements, celui de Perrault, assorti de ses moralités versifiées, celui de Grimm, dont la tonalité est plus violente.

On voit bien que le but poursuivi par les 3 auteurs ne sont pas les mêmes, parce qu'ils ne visaient pas le même type de lecteur.

Chez Perrault : un adulte de caste aristocratique.

Chez les frères Grimm : enfants bourgeois.

Problématique : Nous tâcherons de montrer comment les deux dénouements parviennent à atteindre ses publics différents.

Pour cela, nous étudierons la manière dont est abordé l'épisode de l'essayage de la pantoufle. Nous nous intéresserons ensuite à la dimension édifiante ( = marquant l'espris des lecteurs ) de ces dénouements.

 

I/ Episode de la pantoufle

Episode clef du conte parce que c'est le moment de la reconnaissance entre le prince et la jeune fille, c'est le moment où la véritable nature de Cendrillon éclate au grand jour, dans les 2 textes.

 

a) Etude comparé des personnages

- Cendrillon : Chez Perrault, elle a l'initiative de la rencontre, elle s'exprime :

«  Que je voie si elle ne serait pas bonne ! »

Discours direct

--› « je voie », subjonctif présent, se donne un ordre à elle-même, elle est volontaire. Le personnage prend son destin en main

+ sort la deuxième pantoufle et la met « a son pied »

 

Dans la version des frères Grimm : la figure plus humble = « se lava les mains et la visage »

= « lourd sabot », « s'inclina devant le roi »

Elle ne prend pas la parole et n'agit pas vraiment.

 

--› Chez Perrault, le personnage devient ce qu'elle était, une « grande dame » tandis que chez les Grimm, elle est davantage une jeune fille qu'on élève au-dessus de sa condition.

 

- Les sœurs : Dans la version de Perrault, elles s'en prennent à Cendrillon comme à une inférieur sociale : « ses sœurs se mirent à rire et à se moquer d'elle ».

En effet, Chez Perrault = importance accordée au rang, à la lignéen dans une perspective aristocratique. L'honneur de la famille.

Différence psycologique dans cette version.

Chez Grimm = incarnent la méchanceté --› « blanches de rages »

 

- Le prince : Chez Perrault il délègue son pouvoir à un « gentilhomme »

Chez les frères Grimm, il est là, et choisir la jeune fille. Lui essaie le soulier.

 

- Chez les frères Grimm =

- des personnages en +, issus du merveilleux

Les deux colombes blanches

- douées de paroles, maîtrisant les formules --› « Tour nou touk »

--› rendent justice fondée sur la vengeance

 

b) Deux ambiances très différents

Chez Perrault : Fin harmonieuse, l'ordre est rétabli

3 mariages terminent le conte.

Ce qui est mis en évidence, c'est l'éclat de la « belle personne » qu'est devenu. Sous la cendre sommeillait une reine.

On assiste sur le regard, l'étonnement, la beauté, la bonté.

--› traqués sur Cendrillon, qui incarne les vertus du pouvoir : « belle », « bonne ».

 

Chez les frères Grimm :

Fin violente et spectaculaire.

Bcp de sang = « le sang qui coulait de la chaussure »

« Les colombes vinrent crever un oeil »

--› On reste sur le spectacle de la « méchanceté et de la perfidie » punies devant tout le monde, devant l'Eglise.

 

--› Une fin qui met en valeur l'ordre social dans un cas l'autre cas, moral.

 

c) Le rôle de la pantoufle

Chez Perrault, « petite pantoufle » --› renvoie à la petitesse du pied « grâce » de la jeune fille.

Par ailleurs, il y a une deuxième pantoufle --› geste symbolique, la future reine rétablit la paire de chaussures tout en prouvant son identité.

 

Chez Grimm, objet dont sort du sang : « sang qui coulait de la chaussure »

Elle est en or --› « la pantoufle d'or »

--› matière précieuse, tape-à-l'oeil, qui traduit richesse, l'aisance

Contraste avec le « lourd sabot » --› traduit une réussite social.

 

--› Les 3 Conteurs ont opter pour des dénouements très différents parce qu'ils ne recherchaient pas la même chose à travers ce conte.

Moralités très différentes.

 

II/ Deux apologues aux orientations différentes

a) Différentes manières de dispenser la morale

Chez Perrault, moral en vers et double et à part.

Chez les frères Grimm, pas de moralité à part mais néammoins une dernière phrase dans laquel le narrateur livre la conclusion du conte.

 

b) Différentes types de moralités

Chez Perrault.

1ère moralité --› vante les vertus d'une qualité = « la bonne grâce » = beauté physique et morale

2ème moralité --› idée de savoir bien s'entourer, avoir des parrains ou des marraines.

Aspect + primitif de la morale : punition des défauts

 

c) Pardonner vs punir

Chez Perrault, le pardon est mis en valeur. Vertu chrétienne.

Chez les frères Grimm = punition visible et douloureuse.

Monde du mythe ou de l'Ancien Testament ( Dieu Méchant )

 

Conclusion : Le public visé n'est pas le même.

Chez Perrault --› aux gens de cour pour qui les vertus compte

Chez les frères Grimm --› enfants qui doit comprendre que la méchanceté est puni

--› vont d'identifier à Cendrillon et rejeter les sœurs

 

Comparaison 1: « Cendrillon » de Joël Pommerat, 2012

Mise en scène par les comédiens national de Bruxelle

Le principal apport de Pommerat au conte :

  • de détruire les contes et leur aspect moral

  • le remplacer par l'exploration psychologique de problèmes contemporains.

 

I/ Les ressources du théâtre

- Choix scénographiques

 

Décor --› ambiance contemporain – couleurs froides

L'élément le plus remarquablees : la maison de verre.

Symboliquement, l'idée de transparence, de l'observation d'une famille, d'un quatrième mur qui nous permet d'accéder à la vérité des personnages.

 

Costumes --› Connotent le Xxe siècle ( année 60 ), sauf dans la scène du « bal » --› les costumes sont ceux de la cour de Louis XIV --› accentuent le décalage entre le rêve et la réalité

 

Lumière différent de la Musique

 

 

II/ Interprétation différent du conte

- Pommerat articule toute la pièce autour de l'idée du deuil difficile à mener.

( or dans le conte, ce n'est qu'un détail )

- L'exploration de la famille contemporaine et de ses difficultés

- L'exploration aussi du mal-être et des névroses de notre époque

- Comment grandir ? Comment s'accepter ?

- Destruction de toutes les illusions liées à l'univers des contes.

Différence magie ( merveilleux )

Différence rêve/réalité

- Refus du personnage conçu comme un modèle ou un repoussoir

- Mythes de la fée ou du prince charmant

 

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