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Nous verrons grâce à ce poème :

  • Le merveilleux

  • La morale et ses différentes niveaux d'interprétation ( les morales )

  • Forme du texte : un apologue = récit plaisant assorti d'une morale servant à l'instruction du lecteur ( contes, fables, paraboles bibliques )

  • Un récit plaisant

  • L'aspect instructif

  • Les répétitions

  • Les paroles échangées ( les dialogues ) + langue employée « cherra » = ancien français au futur de « choir »

 

Introducion : Le Petit Chaperon Rouge n'est pas une invention de Perrault : c'est une histoire issue d'une très longue tradition orale. Il a fixe par écrit pour la rendre conforme au goût du temps : il en fait un apologue avec une morale en vers. C'est une histoire plaisante par son aspect merveilleux, mais qui peut être interprétée de divers manières, tant morale que psychologique. Il s'agit de la mésaventure du très jeune fille naïve qui succombe au piège que lui tend un loup affamé.

Problématique : En quoi ce texte est-il à la fois plaisant est instructif ?

 

I/ Un conte qui reste traditionnel...

Perrault conserve, pour son lecteur, l'aspect plaisant des contes.

 

a) L'univers de ce conte est simple et archaïque (ancien )

- Perrault a d'abord puisé son récit dans le folklore populaire

En effet, des éléments de ce folklore se retrouve dans ce récit.

      • Le loup, ici prédateur cruel, était une des craintes de l'époque

      • L'organisation très simple de la société décrite dans ce conte : monde paysan = « village ». Monde rural.

      • La nourriture évoquée est simple et paysanne = « galette », « petit pot de beurre »

      • Les éléments naturels = « la forêt », « noisettes », « papillons » --› cliché de la campagne bucolique, qui doit plaire aux urbains

 

b) Le merveilleux du récit

--› univers qui repose sur des éléments surnaturels que le lecteur ou l'auditeur ne remet en cause

 

- L'animal doué de parole et de raison. « Compère » --› malin/rusé

--› l'animal est clairement personnifié

 

- Formule initiale du conte : « Il était une fois « 

--› elle signifie que le lecteur va entrer dans un monde où le surnaturel règne en maître

 

  • Le thème de la transformation et de la métamorphose : le loup se déguise, la petite n'est pas surprise par l'aspect de sa mère-grand.

 

c) L'art du récit

- Il s'agit d'un récit clos et structuré.

En terme de structure narrative, on a ici :

      • Une situation initiale ( « Il était une fois --› « rouge » )

      • L'élément perturbateur : « Un jour » --› un événement

        --› Le petit chaperon rouge est forcée de sortir de son foyer initial rassurant pour traverser un milieu inquiétant : « la forêt » « un bois »

      • Lieu de la libération des pulsions du danger, des désirs animaux

      • Différentes péripéties : Rencontre avec le loup, 1ère dévoration, découverte de « loup » par la petite fille.

Enfin, chute et fin = 2ème dévoration

L'art du dialogue = alternance de moments narratifs et de discours :

3 moments de dialogue :

      • 2 entre le loup et la petite fille

      • 1 entre le loup et la grand-mère

--› Dialogues qui reposent sur le mensonge et la tromperie et qui introduisent une tension, une attente pour le lecteur ;

--› Le récit semble renvoyer au monde de l'enfant ( héroïne --› enfant ) pourtant Perrault écrit pour des adultes, ce serait un indice indiquant aux adultes pour interpréter le conte.

 

II/ ...mais qui comporte une dimension instructive, conformément a l'idéal classique

a) Moral explicitement

- Celle qui est en vers, écrite par Perrault

Elle incite une catégorie de victimes « les Demoiselles », « mes jeunes filles » à se méfier d'un danger, les séducteurs « doucereux »

--› La morale explicite vise surtout à la préservation d'une règle sociale = les jeunes files doivent rester chastes avant le mariage

--› Deuxième morale, plus générale = mise en garde contre la naïveté des jeunes gens qui se méfient pas assez des inconnus : « Font très mal d'écouter toutes sortes de gens »

--› D'ailleurs, dans le conte, la mère et l grand-mère n'ont pas joué un rôle suffisamment protecteur.

Elles l'ont même habillées en rouge !

 

b) Interprétation symbolique moderne

- On peut lire ce conte comme la transposition symbolique du passage de l'enfance à l'adolescence pour une jeune fille, et sa découverte de la sexualité.

          • Elle quitte son village = elle quitte le lieu de l'enfance

          • Elle porte du rouge --› couleur du sang ( menstruation / perte de la virginité )

          • Le loup = l'homme viril (« grand », « poilu » )

          • Métaphore de « Manger » --› L'acte charnel

 

c) Interprétation psychanalytique

 

Différence voulu par Perrault. Elle est venu + tard, avec notamment l'ouvrage Psychanalyse des contes de fées (1976) de B.Bettelheim.

 

  • Dans le conte, Bettelheim voit en particulier « une métaphore » qui est la transposition de fantasmes refoulés sous une forme imaginaire.

  • Le contre représenterait la fin de la « naïveté » de la petite fille

  • Plusieurs questions qui restent suspendues : où sont les hommes dans le Petit Chaperon Rouge ? «  bûcheron » --› ils ont le pouvoir de faire fuir le loup

  • Pour un psychanalyse, le loup = le Père --› schéma œdipien ( complète d’Oedipe ) --› Dans le développement de tout enfant, il arrive un moment où l'enfant veut sa mère/son père pour lui tout seul. Dans ce cas là, il veut « tuer » son autre parent.

Comment on s'en sort. Il faut que l'enfant comprenne que sa famille doit se faire hors de ses parents.

Il faut donc le meurtre de la grand-mère s'accomplisse pour que le schéma œdipien soit condamné.

 

Conclusion

Le Petit Chaperon Rouge appartient au genre de l'apologue au sens où il est à la fois une histoire plaisante et une source de réflexion. La morale ajoutée par Perrault n'est pas suffisante pour épuiser toutes les interprétations de cette histoire. Le récit est bien plus riche que la moralité.

 

Mise en perspective possibles avec d'autres versions du conte : version orale et réécriture

 

a) La version oral : le conte de la mère-grand, nivernais

  • Traces de patois : « bzou » = le loup ; « époigne » = galette

  • Mots qui renvoient à l'univers rural : «  la bassie » = ustensile qui recueil le liquide

  • Univers peu archaïque : « cotillon », « les chausses »

  • Rapports avec le conte de Perrault

    - Pt commun : Scénario général. Mission donné par la mère, traversée du bois et rencontre avec le loup, les 2 chemins, la dévoration et la grand-mère ; le dialogue

    - Différence : La fin. Le loup est bernée.

     

  • Motifs un peu mystérieux = « aiguilles «  « épingles »

    ---› rapport à la couture ? ( activité des femmes)

    ---› instrument qui pique ( comme Belle au Bois dormant )

  • la « chatte » --› douée de parole

  • Le cannibalisme = la grand-mère dévorée par la petite fille

    --› Peut être que la petit-fille symboliquement fait disparaître sa grand-mère pour grandir

  • Plus grande importance accordée aux détails grivois et scatologiques

---› Perrault a gommé tous les détails trop vulgaire, trop populaires

 

b) La version des frères Grimm

1862 ---› Période romantique en Allemagne

Les frères Grimm ont un nouveau public, plus enfantin. Cette version du conte est donc modifié pour ce public.

- Différence avec le conte de Perrault

        • 1ère grosse différence : la mise en garde de la mère-grand

        • 2ème différence : le passage dans le bois. Développé et enrichi de l'épisode du bouquet de fleurs

        • Dialogue et la crainte de l'enfant

        • La plus grosse différence, c'est la fin : intervention du « chasseur ». Il éventre le loup. Remplace les 2 femmes par les pierres --› motif que l'on retrouve dans d'autres textes. ( contes ou mythologie )

          ---› Image étrange d'un accouchement, ventre fendu dont sort 2 têtes = le Chaperon Rouge en 1er, puis la grand-mère

          ---› Les pierres les remplacent ---› Image de la stérilité --› lourdeur tue le loup

 

Conclusion sur la version des frères Grimms : Ce qui est évident, la morale ici est complètement univoque et la morale est qu'il ne faut surtout pas transgresser l'interdit.

Les parents, ici la mère, ont un rôle éducatif à jouer, destinée à des enfants bourgeois.

 

Conte n°2 : « Le Petit Chaperon Rouge de Pommerat

 

Introduction

Réécriture du texte source de la version de Perrault

Elle est double :

  • Offre une nouvelle version du conte, contemporaine

  • Transposition du récit au théâtre

 

Joël Pommerat --› dramaturge français, qui écrit ses pièces, et les met en scène. Pièces destinées aussi bien aux enfants qu'aux adultes.

La pièce: Texte de théâtre assez court, sommaire.

Le titre est conservé : Le Petit Chaperon Rouge.

Mais dans la pièce : « La Petite fille »

2 personnages : « L'homme qui raconte » --› Le conteur

« L'ombre » --› Personnage métaphorique qui accompagne un temps la petite fille

 

La pièce reprend les éléments du conte, mais le personnage central, celui de la petite fille, est un personnage contemporain, avec des préoccupations actuelles : la petite fille se sent délaissée par une mère trop occupée, elle voudrait grandir plus vite, elle n'est pas aussi naïve que dans les autres versions. Comme on est au théâtre, les paroles comptent ici autant que les sentiments des personnages rendus manifestes par le jeu des acteurs.

Ces sentiments, ici, sont, pour la petite fille, la mélancolie et la peur, et pour le loup, l'impatience de son appétit.

Description de l'extrait : l'extrait ici est conté autour de l'affrontement entre la petite fille et du loup ; c'est une scène pleine de tension qui met en évidence les états d'âmes de la petite fille, que les autres versions avaient totalement négligés.

Au niveau de la construction, la scène est bâtie de manière à mettre en évidence une tension croissante.

Problématique : Comment cette version du conte renouvelle-t-elle l'histoire du Petit Chaperon Rouge ?

 

I/ Une scène d'affrontement qui met en valeur la tension croissante qui règne entre le Loup et la petite fille

Ce qui ressort de la lecture de cet extrait, et de sa mise en scène, c'est qu'il est fondé entièrement sur une confrontation entre les 2 personnages sur scène : la proie ( la petite fille ), et le prédateur ( le loup ). Cette confrontation est perceptible dans les paroles, dans l'attitude des personnages, mais aussi dans l'organisation de la scène.

 

a) Tension dans le dialogue

- Remarque d'ensemble : au début du passage, les répliques sont assez longues et s'enchaînent bien. ( Concaténation ). Ex : lecture des 2 premières répliques.

Mais plus le dialogue progresse, et moins les répliques s'enchaînent, tout en devenant plus décousues. Ex : Lire dernières répliques.

- Répétition des signes de l'impatience du loup. Anaphore en « Viens ».

- Au début caressant : « Je vais te protéger ».

A la fin, pressant, avec l'emploi de l'impératif : « Tais toi », « Allonge toi »

Mais aussi l'emploi du futur proche : « Je vais te manger »

De son côté, la petite fille se distingue par les ruses et bavardages mis en place pour repousser le loup : - évocation de sa mère

- du temps

- de son flan

- Pose de nombreuses questions qui relancent le dialogue : « toi aussi t'inquiétais [ … ] ? »

- Formule à haute voix des injonctions silencieuses du loup : « Est-ce que tu veux que je vienne m'asseoir [ … ].

- A la fin, quand le dialogue s'essoufle, la plainte s'installe : « Je n'aime pas l'orage », « Je veux rentrer chez moi »

- Dernier mot prononcer par la petite fille : « peur ».

La tension dans la mise en scène est aussi présent par les attitudes des personnages.

 

b) Tension dans la mise en scène

- Tout ce qui est langage averbal. Ce sont les comédiens sur scène qui incarnent ce langage.

--› Les didascalies renseignent sur le langage averbale des comédiens :

Ex : Ainsi la petite fille doit être jouée « effrayée » ( d'ailleurs, contradiction avec ce que dit le personnage : « Je n'ai peur » )

- Le loup, de plus en plus impatient : cela se traduit par un ton et des gestes de plus en plus nerveux.

---› Cette impatience renforce ce que les mots manifestent.

- De plus, les mouvements de plus en plus nombreux de la Petite Fille traduisent un sentiment d'enfermement grandissant.

Par exemple : « Je vais m’asseoir » --› Didascalie interne ( quand les paroles du personnage indiquent les geste qu'il fait )

- La lumière est aussi importante : « Noir » au début et à la fin de la scène --› Manifeste l'enfermement du personnage, qui est tombée dans un piège.

 

c) Exploitation de l'espace dans cet extrait : la scène comme un piège qui se referme sur la Petite fille

L'espace est réduit à peu d'éléments : l'espace scénique, un tabouret, une couverture, un morceau d'espace délimitant le lit.

Cet espace se transforme en un piège pour la Petite fille.

L'espace du lit + la couverture --› l'espace du loup, dans lequel il ne faut pas pénétrr.

La Petite fille va tout au long de la scène être tentée de s'enfuir = « J'entends l'orage gronder de + en+ »

Elle va ensuite immédiatement s’attire dans « la gueule du loup »

Ce que les genres théâtrale permet de mettre plus en valeur que le genre narratif c'est la relation prédateur et proie qui s'établissent entre le Loup et la Petite fille.

Nous allons voir également que cette mise en scène du conte lui apporte une dimension plus psychologique, plus contemporaine.

 

II/ Une version du conte qui met l'accent sur la dimension psychologique des personnages

Dans le conte, les personnages ont des fonctions simples : la petite fille qui doit mener à bien sa mission --› Victime

Le loup, l'opposant ( stoppe la mission ) --› Le Bourreau

Le théâtre, en donnant la parole aux personnages, accentue et affine leurs spécificités.

 

a) Des personnages qui se révèlent davantage

La Petite Fille : le personnage est enfantin :

    • Dans sa façon de parler : « mémé »

    • Dans ses sujets de préoccupations :

      - Pour le tonnerre

      - Sa « maman » --› ses rapports avec elle la préoccupe beaucoup. « Ma mère ne croyait pas que je serais capable »

Le Loup : Il est davantage manipulateur et séducteur que dans le conte de Perrault :

  • « Je vais te protéger »

  • « Pose ta tête là sur moi »

--› Dans la mise en scène de Pommerat, le costume blanc de la petite fille accentue l'innocence du personnage.

 

b) Un destin du personnage : c'est d'être mangé

« que celle-ci arrive à son tour et que son tour arrive aussi » --› chiasme

La voix de l'homme qui raconte pèse comme un destin sur les épaules du personnage. Le titre de la pièce aussi renvoie à une tradition littéraire : Celle, héritée de Perrault, où elle se fait manger.

 

c) Une réflexion contemporaine

  • Préoccupation sur la famille

  • Solitude et enfermement des personnes âgés ( odeur..etc )

  • Rapport mère et fille

    --› Ne s'occupe pas assez de sa fille/ne lui fait pas confiance

  • La fille réfléchi et voudrais grandir plus vite ( imagine son avenir )

On peut le voir aussi avec l'exemple du flanc --› fait par la petite fille --› veut grandir

 

Conclusion

La différence entre le conte originel et cette version théâtrale c'est que le théâtre permet davantage insister sur les conflits qui précède l’événement ( la dévoration) alors que dans le conte, c'est la dévoration elle même qui constitue un événement.

 

 

 

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