Introduction : Arthur Rimbaud : poète associé à la jeunesse
Écrit toute son œuvre entre 1870 – 1874 ( soit entre ses 16 ans et 20 ans )
Génie fulgurant.
On lui associe aussi l'image d'un révolutionnaire ( politiquement et poétiquement renouvelle la manière d'écrite de la poésie )
Sa vie fascine comme un roman. Né dans les Ardennes, à Charleville – Mézière – Frontière belge et luxembourgeoise – Milieu de paysans riche, très pieux.
Élevé par sa mère ( son père, soldat, a quitté la maison )
--› Vitalie Rimbaud était dure
Rimbaud, très tôt, présente des dons, en particulier littéraires. Remporte des prix scolaires ( 1er prix de thème latin pour un poème )
Se lie d'amitié avec son prof, G.Izambard. Il l'encourage à écrire de rhétorique.
1870 ---› Guerre Franco – Prussienne
--› Lycée de Rimbaud est transformé en caserne militaire
Autre événement important
La Commune de Paris.
Le peuple se rebelle. Idées socialistes qui en sont à l'origine. Rimbaud prend parti pour les travailleurs.
Défaite, réprimée dans le sang.
Ne reprend pas le lycée, veut se lancer à Paris comme poète.
Paul Verlaine à répondu à une de ses lettres : « On vous attend » Rimbaud se rend à Paris avec en poche son « Bateau Ivre ». Verlaine l'imite à une soirée littéraire.
Rimbaud récite son poème = pour les uns, c'est un génie, pour les autres, c'est trop subversif, excessif.
Rimbaud entame une liaison avec Verlaine.
Orageuse, choquante pour l'époque.
Ils vont voyager ensemble : Bruxelles, Londres.
Vie de bohème = beaucoup d'excès notamment l'absinthe ( alcool qui rend fou )
Verlaine va tirer un coup de feu sur Rimbaud.
Verlaine fera de la prison --› au nom de la morale.
Y écrit ses plus beaux poèmes
Rimbaud, dés 1874, cesse d'écrire – Définitivement.
Il a tout de même essayer de faire publier Une Saison en Enfer --› après cela, il abandonne.
Après cela, il ne cessera de fuir.
S'engage dans plusieurs armées, déserte 2 fois.
S'établira dans une région très aride.
Le désert du Harar, en Ethiopie. Il essayait de vivre du commerce – Caravanes.
Il n'était pas très riche --› A force de sillonner le désert, de marcher, il développe une tumeur du genoux --› ça s'aggrave
Il rentre en France en 1891.
Marseille, on l'ampute, rapatrié Charleville --› Meurt
Finalement l’œuvre de Rimbaud va être réhabilité plus tard.
1) 1884 --› Verlaine publie un livre --› Les poètes maudits, évoque Rimbaud
2) La vraie reconnaissance viendra des Surréalistes, qui voient en Rimbaud un précurseur, un maître.
Depuis son « œuvre » à été largement diffusée, une des œuvres poétiques les + traduites dans le monde.
L’œuvre de Rimbaud = n'a pas été pensée par son auteur ( différent du recueil )
Poèmes rassemblés par tiers.
« Le Bateau Ivre », rédigé durant l'été 1871, il considère ce poème comme son chef d’œuvre.
Le poème se présente formellement comme la suite de 25 quatrains d'alexandrins, soit 100 vers. Il raconte à la première personne le périple d'un prend la mer ( 3ème strophes ), ensuite il explore la mer et toutes les expériences qu'elle prodigue ( 14 strophes suivantes ), et enfin ( 8 dernières strophes ), un mouvement de regret, l'envie de revenir en arrière : c'est le temps de la déception. C'est la partie que nous allons étudier.
Cette fin du « Bateau Ivre » représente la fin de la quête menée par le bateau et le constat de son échec. Elle forme un contraste avec le reste du poème.
I/ La fin d'une expérience décevante du voyage
a) Analyse de la structure de la fin
Synthase de la première phrase :
Occupe 4 strophes
« Or moi, bateau perdu sous les cheveux des anses...[ … ] Je regrette l'Europe aux anciens parapets »
Composée d'une longue série d'appositions divers comme :
Parmi les appositions : nom : « bateau perdu »
Proposition subordonnée relative : « dont les Monitors »
Adjectif : « libre »
Participe présent ( invariable ) : « fumant »
Participe passé : « jeté »
--› servent toutes préciser le sujet : « Moi », « je »
Cette phrase ainsi structurée, créer un effet d'attente qui met en valeur le verbe de la prof principal : « regrette » --› différent début du poème
Cinquième strophe : Rappel les découvertes de la deuxième partie, elle reprend l'anaphore en « J'ai vu »
3 dernières strophes : « Mais », conjonction de coordination introduit l'idée d'une rupture définitif. L'échec du bateau est considéré comme définitif.
Ex : les négations « ni » et « je ne puis plus »
b) Une liberté entravée
- Au début, le bateau est actif, heureux de voyager
« Je courus » v11
« J'ai dansé sur les flots » v14
- A la fin: beaucoup de formes passives
« jeté par l'ouragan »
« monté de brumes violettes »
« n'auraient pas repêché la carcasse »
« perdu »
« m'a gonflé »
Toutes les images de la liberté : « libre,fumant... »
« qui trouvais le ciel rougeoyant comme un mur » --› arrêt
Dernière strophe : fin du « pouvoir » --› « je ne puis plus » ( différent de nager)
--› Image final d'un figement du bateau. Il s'arrête d'avancer.
c) Une expérience de la violence, de la destruction
--› le mot « lame » --› vagues violentes, arme qui blesse
« flammes », « yeux horribles », « jeté »
navrer = blesser, faire une blessure, faire mal ( ancien français )
« éclate », »geindre », « crouler », « trique »
La fable qui est d'abord raconté par Rimbaud, celle d'un voyage en mer s'achève sur un échec. Ce qui nous incite à interpréter cette échec.
II/ Nous verrons ensuite que le poème peut être lu comme l'échec d'une quête existentielle
Attention !!! Poème non autobiographique
Mais on peut lire le poème comme une allégorie de l'adolescence, avec ses crises, ses excès, ses questionnements.
a) Repli lyrique sur soi
Le choix énonciatif fait par Rimbaud : « je » lyrique.
Ce choix peut rappeler « La Musique » de Baudelaire.
Autres marques du lyrisme : Interjection Ô, exclamative, expression des sentiment « j'ai trop pleuré »
--› Sentiment mélancolique, spleen qui s'empare du bateau :
tristesse « pleure »
déception, dégoût « Les tubes sont navrantes »
nostalgie du passé « Si je désire une eau d'Europe »
b) Une représentation de la crise d'adolescence
crise --› origine grecque --› couper en deux, juger, séparer
- Période transitoire qui doit aboutir à une nouvelle situation
- On voit bien ici que le bateau est tiraillé entre le passé : « je regrette » + temps du passé = « j'ai vu » et futur = « O futur Vigueur »
- Entre la liberté aventureuse : « j'ai vu des archipels sidéraux...ouverts au vogueur »
Tandis que : « L'Europe aux anciens parapets » --› lieu clos, fermé sur lui-même.
- Dépassement des limites propres aux périodes de crise :
Ivresse ( titre )
La Folie ( « planche folle », « cieux délirants »
L'amour ( « l'âcre amour m'a gonflé de torpeurs enivrantes » --› âcre = désagréable )
- Tentation de la destruction : « Que ma quille éclate que j'aille à la mer »
c) Le regret
- Mouvement de figement peut correspondre aux refus de grandir : « la flache » --› patois ardennais
Les mots de son enfance.
- Mouvement de miniaturisation
« la mer » --› « la flache »
« les archipels sidéraux » --› « l'Europe aux anciens parapets »
- Image final de l'enfant accroupi --› « un bateau frêle comme un papillon de mai »
( mai, mois de sortis du cocon ) --› Mise en abîme du poète dans son œuvre
Le bateau de papier renvoie au poème lui même
Il y a bien une dimension symbolique du « Bateau Ivre » mais faut pas oublier une chose car ce poème devait être à l'origine aux autres poètes de Paris pour les impressionner. Pour cela, Rimbaud va multiplier les audaces d'écritures.
III/ Un poème conçu comme un art poétique
Définition d'un art poétique : Texte dans lequel un écrivain définit la manière dont il veut écrire, sa conception de l'écriture.
le lexique
rythme
images surprenants
a) Des audaces d'écritures
Dans le lexique : choc des registres de langue
- Mots familiers : « morves d'azurs » mélange d'un mot familier et d'un mot raffiné et poétique
- Mots courants, renvoyant au quotidien : « confiture »
- Mots rares et précieux : « lichen » ( voc : plantes )
Dans le rythme. Rimbaud alterne les alexandrins réguliers : « O que ma quille éclate ! O que j'aille à la mer ! »
et irréguliers : « Je ne puis plus, baigné de vos langueurs, ô lames »
Dans les images : « Le rut des Béhémots ( monstre biblique, élément fictif ) et les Maelstrom ( tourbillon, tempête, élément naturel, et la majuscule transforme le tourbillon en monstre ) épais »
« taché de lunules électriques/Planche folle, escorté des hippocampes noirs »
--› Modernité
b) Une mise en œuvre de la théorie du « Voyant »
Étude d'un corpus de lettres : les lettres dites du « Voyant »
Lettres du « Voyant »
Introduction : Ces 2 lettres, écrit à 2 jours d'intervalles révèle l'obsession en ce mois de mai 1871, définit ce que doit être la vie d'un poète car Rimbaud à décider d'adopter ce mode de vie. La poésie est + qu'un art, c'est un mode d'existence.
1) Ton employé – Relations avec les interlocuteurs
- Le ton est polémique et didactique dans la lettre d'Izambard
--› du grec « polemos » --› la guerre
Polémique : Faire la guerre par les mots. Attaquer l'adversaire par écrit.
Didactique : Texte qui explique et fait comprendre quelque chose
Aspect Polémique de la lettre à Izambard
1er reproche : Izambard est selon Rimbaud conformiste.
Des images : « bonne ornière » antiphrase ironique
« râtelier universitaire » comparaison avec une bête de ferme
--› Il pense qu'un poète doit briser les règles sociales. Comme les poètes maudits qui vivent une vie de Bohème.
2ème reproche : Izambard est un poète « subjective », « horriblement » « fadasse »
« subjectivité » --› trop tourné vers le sujet / lié au sujet
Tandis que objectivité --› tourné vers l'objet, vers ce qui est hors de soi
Aspect Didactique : quand Rimbaud explique sa théorie du poète « Voyant ». Temps verbal utilisé : le présent « il s'agit »
2) But du poète ? Quels moyens ?
But : « arriver à l'inconnu »
Comment : par le « dérèglement de tous les sens »
« sens » --› les cinq sens, « poison » --› déformer la vision, ouie, le goût..--› « torture », « souffrance »
--› Signification : la poésie doit donner une vision moins conventionnelle du monde.
--› Direction : ne pas prendre la même que les autres
3) Naît-on poète ou le devient-on ?
« Il faut être né poète, et je me suis reconnu poète. Ce n'est pas du tout ma faute »
Élection de la personne.
Nielzsiche --› « Deviens ce que tu es »
--› Cultiver son art : « se fait voyant » --› image du travail
--› « Voyant » = don extralucide = Sens premier
Le poète qui a vu l'inconnu et qui retranscrit ses visions en forme de poème.
Mise en œuvre de la théorie du « Voyant »
- « Il arrive à l'inconnu » --› bateau qui arrive au bout de son voyage
- «Il finirait par perdre l'intelligence de ses vision» --› «Moi, bateau perdu», «Les Aubes sont navrantes»
- « Ivresse » du bateau, sa folie --› dérèglement des sens, aux « poisons »
- « Voyant » --› voir = anaphore « J'ai vu »
- Dérèglement du langage
ex: le mot «juillet» ( un mot unique ) --› «les juillets» --› distorsion/ différent du langage ordinaire
- « Toute Lune » // « tout soleil » --› Dire le monde en poète
- Les sens sont mêlés, la vue « Moi qui trouvais le ciel rougeoyant comme un mur » --› le toucher
c) Une allégorie de la Commune
Le « Bateau Ivre » serait un poème truffé de références à la Commune :
« Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles » --› nom donné au Communards par leurs adversaires
« mur rougeoyant » --› mur du Père Lachais contre lequel les communards ont été fusillés.
«sous les yeux horribles des pontons»--› les prisonniers de la Commune dans leurs prisons flottantes
Le mouvement même du texte correspond au déroulement.
Conclusion:
Permet d'accéder à Rimbaud via le mouvement d'une âme
Conception de la poésie qui est considérée comme un voyage vers un autre monde ( vers l'inconnu )
Un poème qui est un art poétique ( avec le dérèglement de tous les sens) qui débouchera à la poésie surréaliste ( qui compare la poésie comme un rêve )