Définition concrète du travail: Le travail serait une activité proprement humaine transformatrice de la nature, de la réalité, qui relie les hommes et qui est productrice de valeurs.
Analyse de la définition
Activité proprement humaine --› il n'y a pas de travail animal
Relie les hommes --› Dimension sociale du travail
Productrice de valeurs --› Il est question de valeur --› les valeurs sont-elles humaines ou marchandes.
Es-ce que l'homme n'est-t-il pas considéré comme une marchandise ?
Comme une chose, un objet ( esclavagisme ). Apprendre à se vendre.
Le verbe devoir est polysémique ( plusieurs sens ): exprime parfois la nécessité --› ce qui ne peut pas être autrement. Le devoir s'est aussi l'obligation. L'obligation peut être contrainte mais pas forcément.
Formule de Voltaire dans Candide --› “Le travail éloigne de nous trois grands maux: l'ennui, le vice, le besoin “.
Ennui existentielle
Le vice à travers le travail. On trouve une structure, une règle de vie. On est occupé.
Le besoin --› il nous faut travailler pour vivre
Quelqu'un comme Nietzsche considère le travail comme la meilleure des polices. Le travail est une dimension humaine, omniprésent. Il y a intégration au travail qui est devenu une évidence. Il y a pas simplement le monde du travail, nous vivons dans un monde de travail.
Travail --› Référence: Celui qui ne travaille pas est discriminée, montrer du doigt, on parle de plus en plus d'assisté, d'idée nouvelle.
Paresse --› de plus en plus invoqué car le travail est favorisé
On peut se demander comment ce qui était une référence, une valeur peut-il être contraignante. On peut aimer son travail mais celui-ci peut être pénible au niveau biologique ( efforts physiques ) et une contrainte au travail au niveau social.
Pourquoi travaille-t-on ?
Rappel Méthode --› Commencer par le plus simple
Nous travaillons pour vivre. Le travail se comprend par rapport à la condition humaine.
Naturellement démuni et doit construire ses conditions d'existences. L'homme n'est pas auto-suffisant, il a ses besoins. Pour satisfaire ses besoins, il doit transformer la nature qui spontanément ne lui fournit pas le nécessaire pour vivre. ( Cf --› agricole, pétrole )
Travailler la réalité --› hostile
C'est ainsi que le travail apparaît comme une peine ( pénibilité ), une labeur.
C'est ainsi que dans un passage de la Bible, la Genèse --› “à la sueur de ton visage tu mangeras ton pain” vulgarisé par l'expression --› “ tu travailleras à la sueur de ton front”.
A propos du travail de l'accouchement --› “tu enfanteras dans la douleur”.
Le travail lié à l'effort, la souffrance. De même, le mot travail vient du latin “tripalium” qui au départ signifiait un instrument pour ferrer les chevaux puis désigne un instrument de torture.
Le travail est associé à un réel effort physique et son résultat apparaît alors comme une récompense --› on gagne sa vie.
--› Cette expression "gagner sa vi"e nous conduit à une dimension quasi incontournable pour nous de l'argent.
L'argent est une médiation entre mon travail et ce qu'il va permettre d'obtenir.
L'argent dans la plupart des cultures se distingue du troc, va rapidement prendre la place d'objet.
Artistote, Politiques --› évalue l'apport de l'argent.
Parle de la monnaie --› certe une réalité concrète mais elle permet d'avoir une valeur polyvalente.
Avec de l'argent, je peux acheter des choses différentes. Avec le troc, nous sommes enfermé dans des choses précises. Et comment savoir dans le troc que les choses échangées ont la même valeur. Dans le troc, les choses sont périssables.
L'argent est une mesure abstraite qui permet d'égaliser des choses dissemblables ( pas les même, différent ). Il y a donc également des inconvénients: si l'argent est une médiation pour vivre. Es ce que l'argent par mon travail sera suffisant pour vivre ?
Es ce que l'argent n'est elle pas la porte ouverte à la démesure ? On dit que l'argent mène le monde.
Si on fait de l'argent son critère de vie, il y a de forte chances/risques que l'on ne soit jamais satisfait.
Le critère de l'avoir fait qu'on désir avoir toujours plus. Déjà les Grecs nous mettaient en garde contre cette tendance humaine: l'hubris qu'il faut chercher à maîtriser.
On peut dire que l'argent nous permet d'acquérir des biens de posséder. Soit des biens sont immédiatement consommés ( société de consommation ) --› obsolète.
Soit destiné à perdurer --› Question de propriété.
La propriété --› possession rendu légale, droit de posséder
Par mon travail j'ai non seulement la possibilité d'acquérir des biens mais aussi d'avoir le droit de posséder.
John Lock, XVIIIe, philosophe anglais --› explique que c'est le travail qui légitime la propriété.
Seul à quoi un autre philosophe Proudhon XIXe répond que certains hommes qui pourtant travail n'arrive pas à devenir propriétaire ou tout du moins possède manifestement moins que d'autre.
Cette notion de propriété ( c'est à moi donc pas à toi ) me rappelle que je suis pas seul au monde. Nous sommes ainsi remarqué à une dimension essentielle du travail: la dimension sociale.
Le travail n'est pas du tout d'abord quelque chose d'altruisme. C'est ce que souligne le penseur économiste --› Adam Smith, XVIIIe --› père du libéralisme économique --› lois de la concurrence
Je travail d'abord pour moi et mes proches. Le travail est d'abord égoïste, l'égoïsme de chacun qui fait fonctionner la société et fonde les échanges.
En travaillant pour moi je travaille aussi pour les autres et réciproquement ( boulanger, boucher etc ). Ainsi le travailleur se rend utile à la société --› dimension pragmatique qui d'abord fait du travailleur un outil pour le fonctionnement.
Cela devient facteur de discrimination. ( même à l'école, celui qui travail pas est monté du doigt et même le sens commun se plait à dénoncer l'assisté ou encore les chômeurs qui se contentaient de toucher les allocations ). Ainsi on voit que c'est par le travail qu'il y a intégration social et cette intégration permet la reconnaissance sociale.
Le travail permet d'une certaine manière de satisfaire le désir de reconnaissance ( Cf dialogue/langage ).
Axel Honneth --› le désir de reconnaissance est ce qui va permettre aux sujets que nous sommes d'exister pleinement / de réussir sa vie.
Cf Lutte pour la reconnaissance / La société du mépris
3 sphères de la reconnaissance --›
Amour au sens large, du prendre soin, de l'attention --› Confiance en soi
Reconnaissance sociale, où l'individu est reconnu pour ce qu'il fait, son parcours, son mérite etc.. --› L'estime de soi
Reconnaissance juridique, les droits --› le respect de soi.
Si il n'y a pas de reconnaissance dans ces 3 sphères, l'individu ne pourra pleinement s'épanouir.
La question du travail s'inscrit dans la dimension sociale mais au niveau des travailleurs peut se créer de l'amitié ou en tout cas de la solidarité ?
Dans nos sociétés modernes, il y aussi un droit au travail qui ne renvoie pas qu'au devoir.
Si donc, il nous faut une certaine reconnaissance sociale par le travail, celle-ci n'est pas identique pour tous et n'est pas neutre. Autrement dit, l'ouvrier d'une usine ne sera pas reconnu de la même manière que le PDG de cette même usine. Il n'est pas rare qu'on évalue quelqu'un lors d'une rencontre par la question: Qu'est-ce que vous faites dans la vie ?
A travers le travail, va se poser la question du mode d'organisation sociale.
Marx XIX --› il analyse la société à travers la notion de classe sociale et notamment de lutte des classes. L'histoire se déroule et évolue à travers des conflits de classe ainsi entre esclave et homme libre dans l'Antiquité, serfs et seigneurs aux Moyen Age, bourgeoisie et prolétariat au monde moderne. C'est dans ce cadre que le travail peut être compris comme ce qui va être contraignant voir déshumanisant pour l'homme.
En effet, à travers la réalité historique du travail, il y a 2 concepts qui sont à l’œuvre: l'exploitation (le travailleur est exploité, le produit de son travail en lui revient pas, il est payé beaucoup moins que ce que le produit va rapporter), l'aliénation (le fait d'être autre, étranger à soi-même, dépendant de quelque chose dans lequel on se retrouve pas).
Exemple --› l'ouvrier est aliéné par son travail qui lui est étrangère. Ne se retrouve pas dans ce qu'il fait. Ne s'épanouit pas dans son travail. Ne pas se déployer. Ne pas être reconnue à travers son travail.
Ainsi pour Marx, le travailleur aliéné n'est pas toujours considéré comme un être humain mais comme un objet, une chose que l'on utilise au vue d'en tiré profil.
Le résultat est que finalement on finit par être indifférent à son travail on s'en moque, peu importe le travail qu'on fait, l'essentiel est d'être rémunéré pour vivre. Ce n'est pas un métier mais un boulot pour avoir de l'argent.
Cette déshumanisation est conforté par les progrès techniques et l'apparition de la machine. Le simple outil est liée à la force musculaire de l'homme. La machine prend en quelque sorte la place de l'homme par son fonctionnement autonome.
Avec le développement technique va apparaître une nouvelle manière de considérer le travail ainsi Taylor (taylorisme) propose une organisation scientifique du travail: il faut chasser le temps mort et pour augmenter le rendement des ouvriers. Par prolongement, pour Ford ( Fordisme ), il convient d'instaurer le travail à la chaîne ainsi qu'une relation verticale entre les travailleurs, entre dirigeant et exécutant, travail intellectuel et manuel.
Précisons toute fois que pour Marx le travail en soit humanise l'homme. Il lui permet de déployer ses facultés. De ce point de vue, le travail appartient à une conception moderne du travail qui valorise mais dans la réalité historique c'est le contraire qui se produit à travail la domination.
Certains travailleurs sont déshumanisés. Autrement dit, il convient de distinguer la nature même du travail humanisante et la réalité, les conditions de travail qui ne correspondent pas.
L'un des enjeux des propos de Marx c'est de montrer que l'histoire s'achemine vers une société où le travail est vraiment délibérateur.
Si on se tient donc à la réalité historique, cela donne lieu à une conclusion négative: “La vie commence pour lui (ouvrier) lorsque le travail prend fin à table, au bistro, au lit”.
Cette situation suggère d'abord que la vraie vie est ailleurs, qu'on ne vit pas vraiment. La vie dont il parle est une vie rétrécit, morne propre de l'animalité, une routine et on a pas le sentiment de cette vie hors du travail et plus humaine que le fait de travailler comme une bête.
Nous pouvons dépasser cela à travers 2 interrogations corrélative.
L'idée d'un travail contraignant est-elle définitive ? La vie commence-t-elle hors du travail ?
Question de la domination --› divertissement
Marx interprète les rapports humains en terme de domination (latin --› dominus --› maître de maison) (domestique) --› maître d'esclave, ce qui inclue une certaine domination
Hannah Arendt, Condition de l'homme moderne
Philosophe allemande qui a émigré aux USA ( car juive ) en tant que journaliste. Elle s'est rendu en Israël notamment pour procès Eichmann en 1962. Arendt a écris un livre: La banalité du mal. C'est pourquoi Arendt s'est intéressé au totalitarisme surtout au nazisme. C'est d'ailleurs elle qui a forgée le mot “ totalitarisme”, importance de l'histoire comme on peut le voir dans l'esclavage de l'antiquité grec. Elle veut nous mettre en garde contre un certains ethnocentrisme qui condamnerait trop facilement ce type d'esclavage.
Dans l'antiquité grec, l'esclave est celui qui n'a aucun droit et que des devoirs. Il travaille pour un dominus, et celui-ci lui accorde en retour de quoi vivre ce qui n'est pas désintéresser.
La question que suggère Arendt ici: l'esclave est-il être humain ou non ?
Pour nous, homme du XXIème siècle, réponse évidente et c'est pour cela que nous sommes choqué par l'esclavage. Mais il ne faut pas confondre un passé résolu ou un passé non résolu qui a encore une certaine présence. Ainsi l'esclavage née à partir du XVIème siècle ( abolit au XIXème ). L'esclavage moderne à quelque chose avoir avec le profil, l'intérêt financer ce qui n'existe pas dans le 1er mode d'esclavage antique. En effet, si il y a des esclaves car l'homme est aussi un être vivant et qui lui fait satisfaire certains besoins, nécessité vital.
L'esclave n'est pas vraiment homme dans la mesure où il s'occupe de ce qui est animal dans l'homme.
Selon Arendt, rien n'empêche que l'esclave s'humanise, par affranchissement, il peut déployer ses facultés humaines: l'art, politique. A propos de l'esclavage, Aristote nous dit que l'esclavage est légitime car partout dans la nature, il y en a qui sont fait pour être commander ou commander.
Maître --› faculté de réflexion/délibération. Commande à l'esclave et il exécute.
Aristote défini l'esclave en disant que c'est un outil animé.
Il introduit une relation verticale, hiérarchique, unilatéral mais cette verticalité se retrouve dans l'histoire. La question qui se pose à l'homme est de savoir si la relation maître/esclave est-elle si unilatéral que cela. On peut se tourner ici vers la célèbre dialectique maître/esclave de Hegel. Confrontation de terme antithétique. Il imagine, 2 figures, 2 individus qui luttent pour être reconnu.
Chacun désire que l'autre le reconnaisse dans ces valeurs. Il va résulter de cette lutte un vainqueur et un vaincu. Le vainqueur va devenir le maître, le vaincu l'esclave. Ce que veut montrer Hegel est que progressivement le maître ne peut se passer de l'esclave et devient esclave de l'esclave. Et l'esclave devient maître du maître.
Entre Aristote et Hegel, entre l'antiquité et la modernité, il y a une perspective de travail, d'un travail laborieux destiné à satisfaire les besoins à un travail humanisant, comme valeur. Il en découle donc, une différence de regard sur l'esclave. Chez Aristote, il y a une hiérarchie naturelle entre le maître et l'esclave. ( outil animé ). Selon Aristote, Si les “navettes” ( outil à tisser ) marchaient toute seule, il y aurait plus besoin d'esclave. Sans le vouloir, Aristote fait signe vers l'avenir car bien plus tard avec l'industrialisation, le développement des machines, des tâches difficiles ont pu être évité à l'homme.
L'abolition de l'esclavage se comprend par rapport au Droit de l'homme mais aussi parce que l'esclave à moins d'utilité. C'est dans ce contexte que s'inscrit Hegel avec la dialectique maître/esclave. L'esclave, celui qui travaille va apprendre à maîtriser la réalité par l'effort, il apprend que la satisfaction n'est pas immédiate et par la même, il devient plus humain. Il n'est pas dans la consommation immédiate comme le maître. C'est ce que Hegel appelle le “désir réfréné”. Je ne satisfait pas immédiatement mon plaisir.
Bien sûr l'esclave reste esclave mais on apprend par là que ce n'est pas parce qu'on domine qu'on est libre/supérieur mais aussi que le travail est libérateur.
( Cf --› Les philosophes et l'esclavage, S.P Doguer )
Si le travail est positif, il n'en demeure pas moins que nous opposons 2 types d'activités: activité contraignant ( travail ) et divertissement ( loisir, jeu, temps libre que nous occupons comme nous voulons). Ces 2 activités sont-elle si opposé que cela ? Le repos ou encore les vacances semblent s'opposer au travail pourtant Marx nous montre bien que le repos est relatif au travail. Nous nous reposons de manière institué pour récupéré nos forces de travail.
Également, les loisirs sont pensés relativement au travail.
Ils ont été institué en 1924 ( Conférence de Genèse ) comme moment de liberté qui nous détourne du travail. Ils sont donc un divertissement --› se détourner de. On se détourne du travail. Mais les loisirs au fond récupèrent certains critères du travail comme si il fallait s'occupe, en pas perdre son temps: être toujours affairé.
Certains penseurs ont souligné cela, ainsi le sport serait alors comme une compensation physique. La télévision, une compensation perceptive. Sudoku, Mots croisés, les jeux en général, une compensation intellectuel. Tout se passe comme si il fallait occuper son temps pour éviter l'ennui. La peur de l'ennui, du désœuvrement explique peut être aussi le travail.
Nous sommes habitué à travailler dès le plus jeune âge, le travail devient alors comme une seconde nature et ainsi nous pouvons travailler pour éviter l'ennui. Dés lors, le travail peut être vécu comme un divertissement, nous détourne de l'ennui.
Hegel nous dira que par l'occupation on se détourne ici de l'angoisse, “ de notre être-pour-la-mort”, de notre conscience de finitude --› “ Tout le malheur des hommes vient d'une seule chose et c'est qu'ils ne savent pas rester seuls en repos dans une chambre” , Pascal. Dés lors, nous pourrions peut être travaillé un autre rapport au temps qu'il ne soit pas celui de l'affairement, de l'occupation à tout prix. --› Nous avons jamais le temps.
( Cf --› Paul Morand, l'homme pressé )
Nous pouvons alors confronter 2 rapports au travail, au temps: d'un côté la figure privilégié, l'artiste et la figure du travailleur moderne. L'artiste --› travaille artistique que l'on appelle création --› déploiement de sa singularité. L'artiste sait prendre son temps.
Conclusion: Pour penser positivement le travail, peut être nous faut-il distinguer entre emploi et métier, entre peine et effort, entre produit et œuvre, entre un “on” anonyme et “nous” collective, qui renvoie à la solidarité, entre contrainte et obligation et enfin réussir dans sa vie et réussir sa vie.
L’œuvre de l'artiste est le résultat d'un travail.
Nietzsche --› “ “Le génie” en fait rien d'autre d'abord que d'apprendre à poser des pierres, ensuite à bâtir. Il cherche toujours des matériaux et y travaille toujours à y mettre la forme”
Ce que vise Nietzsche, c'est l'idée commune de l'artiste génial qui possède une inspiration extraordinaire et que l'on vénère presque comme un dieu.
L'artiste est d'abord un travailleur, il connait peine et effort.