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Introduction: Vincent Duclert (La République imaginée, 1879-1914): “L'Affaire Dreyfus a permis d'instaurer un progrès de la démocratie et donne à la République de la dignité”. “Elle appartient aux grands événements qui ont fait la France et a fait du pays sa réputation de pays universalisme”. Octobre 1894: histoire d'espionnage dans un climat tendu de fort antisémitisme. Capitaine juive Alfred Dreyfus (1836-1935): Accusé par le Conseil militaire de Paris. En juillet 1906, Dreyfus est innocenté, reconnaissance erreur judiciaire. Le 13 janvier 1896: publication de J'accuse de Zola, l'affaire Dreyfus devient l'Affaire. Événement qui va monopolisé/popularisé l'opinion public. Exacerber les passions. France qui sera au bord de la Guerre civile. Affaire au cœur de la IIIème République. Charles Péguy dit que s'est une Affaire immortelle, il dit également “Nous devons pas rester indifférent”. Entrée de la France au XXième siècle. Dreyfus n'aurais jamais pu être innocenté sans deux choses: L'Engagement des Intellectuels et la “médiatisation” de l'Affaire: presse aux premiers plans, affiches, ligues, étudiants. Construction de la modernité/culture de masse

Charles Péguy dit: “Dreyfus été un des héros de l'Affaire Dreyfus”. Il a été durant cette affaire très courageux et a cru en cette République.

Comment l'affaire Dreyfus est devenu l'Affaire ? Qui sont les dreyfusards et les antidreyfusards ? Comment et pourquoi l'Affaire Dreyfus est-elle devenu démocratique ?

Michelle Perrot a consacré un livre sur cette affaire: L'Affaire Dreyfus, événement fondateur et elle se demande: “Pourquoi l'Affaire Dreyfus est-elle une épreuve du feu de la République ?”

 

I/ Une affaire d'opinion portée par les Intellectuels

A) De l'affaire Dreyfus à l'Affaire: 12 années de combats

3 périodes: 9 octobre 1894-1897: début de l'affaire, procès et déportation

1898-1899: relance de l'affaire après J'accuse de Zola (13 janvier 1898): procès revisité avec le 9 septembre 1899, le Procès de Rennes où il est condamné mais avec des “circonstances atténuantes”, plutôt insolite

1900-1906: Le combat continue pour la réhabilitation de Dreyfus. Innocenté le 12 juillet 1906

 

- 1896-automne 1897: Découverte de la trahison

Contexte: montée antisémitisme, nationalisme vif (droite) depuis l'affaire Boulangiste et le Scandale de Panama de 1892. Force d'opposition à la République. Volonté de revanche contre l'Allemagne.

La France a réorganisé son service d'espionnage appelé Section de Statistique à l'Etat Major dirigé par le Colonel Sandher (1894). Le service d'espionnage a beaucoup d'agents souvent des alsaciens dont Sandher lui-même. Très utile contre l'Allemagne. Surveillance de Schartzkoppen (ambassade de l'Allemagne à Paris) / Major Panizzardi (ambassade d'Italie à Paris). Mme Bastian (femme de ménage mais surtout agent central de la Section de Statistique) espionne Shartzkoppen. Fouille corbeille à papier puis restitue les documents trouvés au Commandant Henry par “Voie Ordinaire”. Fin Septembre 1894: parmi ces documents, elle trouve le bordereau (texte manuscrit où l'auteur donne des éléments militaires avec plusieurs notes (sur l'artillerie par exemple). Il y a un traite au Ministère de Guerre qui espionne pour l'étranger. Peut être un officier d'artillerie. Il y a une enquête par le chef d’État-major Boisdeffre et le sous-chef d’État-major Gonse dirigé par le Général Mercier (très critiqué car négligent envers les juifs) qui prend à cœur l'affaire comme une affaire personnelle. C'est l'Officier Paty de Clam qui enquête sur le terrain. Il a une grande imagination et est passionné de roman policier. Il fait l'inventaire du personnel, compare les écritures. L'accusation se porte sur l'Alfred Dreyfus (35ans), juif et alsacien, jeune capitaine d'Artillerie en stage dans le ministère de la guerre.

Convoqué le 15 octobre 1894 avec ce qu'on appelle l’Épisode de la Dictée. On lui demande se mettre en civil pour un rendez-vous avec le Paty de Clam qui va lui dicter le texte du bordereau. Dreyfus tremble, il a froid mais Paty de Clam l'interprète autrement, ravi. Dreyfus se fait arrêter pour crime de Haute trahison, laissant ce dernier abasourdi. Emmené en prison du Cherche Midi dirigé par Forzinetti: ému du sort de Dreyfus et va l'aidé. Dreyfus se serait peut être suicidé sans lui.

Fin octobre 1894: la presse (antisémite et nationaliste) entend parler de l'affaire. Annonce l'existence d'un traite comme la Libre Parole, la Croix ou encore le Petit Journal. Le 1er novembre dans la Libre Parole de Drumont qu'apparaît pour la première fois le nom de Dreyfus avec pour titre: “Haute-trahison. Arrestation de l'officier juif Alfred Dreyfus”

Procès le 19 décembre 1894 au Conseil de guerre de Paris. Débat à huit-clos. Soutiens de son frère Mathieu Dreyfus, de sa femme Lucie ou encore de son avocat Me Demange. Le 22 décembre 1894: Déclaré coupable à l'unanimité (déjà considéré comme un crime juridique par les historiens). Dossier secret pas communiqué à Dreyfus. Bertillon (“expert en écriture” et antisémite) dit que l'écriture de Bordereau est celle de Dreyfus alors que les autres experts hésitaient.

Le 5 janvier 1895: cérémonie solennel de dégradation militaire dans la Cour de l’École militaire où il verra ses gallons arrachés et son sabre brisé. Dégradation qui sera illustré dans le Petit Journal avec pour titre: “Le Traite” du 15 janvier 1895. 20 000 parisiens assistent à cette cérémonie et hurlent leur haine contre les juifs. Il y a également des journalistes antisémites comme Maurice Barrès, Léon Daudet qui assistent à cette cérémonie. Le 21 février 1895, Dreyfus est déporté sur l'île du Diable en Guyane. Clemenceau et Jaurès trouvent à ce moment là de l'affaire que la sanction est trop clémente. Pour Jaurès, l'affaire en concerne que la Bourgeoisie juif pas lui. Les conditions de Dreyfus sont très dure et cruel. C'était la 1ère étape de cette affaire.

1896-1897: Démarche de Mathieu Dreyfus pour ne pas oublier Dreyfus et l'affaire. Prend contact avec des parlementaires qui doutent. Parmi ces députés: Joseph Rennach, député républicain et Sheurer-Kestmer, vice-président du Sénat. Ce sont les premiers dreyfusards. Il prend également contact avec Bernard Lazare (dreyfusard), qui écrit de nombreux articles pour ne pas oublier cette affaire ou encore Lucien Herr, bibliothécaire de l'ENS. Le Commandant Picquart: nouveau chef de la Section Statistiques de 1895 à 1896 n'était pas forcément pour Dreyfus mais c'est un homme droit, attaché à la justice. Il ne vaut pas qu'un innocent soit accusé. Il est pour la République. Pendant ce temps, Mme Bastian continue son travail et un jour trouve un télégramme en morceau “Le petit-bleu” signé C (code de Schartzkoppen). C'est une lettre de Esterhazy, commandant d'origine hongroise. Aime les jeux, les femmes et il a des problèmes d’argents. Picqard s'interroge. Il compare le bordereau et l'écriture d'Esterhazy et il n'y a pas de doute: c'est la même écriture. Il informe ses supérieurs mais ils ne veulent rien entendre: l'affaire est close. Le Chef et le sous-chef de l'Etat-major refuse d'ouvrier le dossier: demande à Henry de faire de faux-preuve. En 1897, Picquart est déplacé en Tunisie car gênant. Avant ça il n'hésite pas à raconter ses trouvailles à l'avocat Leblois. Esterhazy apprend les faits et demande au Conseil de guerre de le jugé le 10-11 janvier 1898, il est acquitté. Il décide après cela de se réfugier en Angleterre jusqu'à la fin de sa vie. Pour le président du Conseil Jules Méline, il n'y pas d'affaire Dreyfus. A ce moment là, il y a quelqu'un que Mathieu a contacté: Emile Zola (1840-1902), écrivain déjà très célèbre, vient de finir les Rougons-Macquart. Il a déjà écrit plusieurs articles dénonçant l'antisémitisme. Habitué à se battre contre les causes qui lui paraît juste. Il été déjà sûr que Esterhazy allait être acquitté.

- 1898-1899

C'est le 13 janvier 1898 que Zola écrit J'accuse, un pamphlet qu'il adresse au président Felix Faure.

Titre qui propose d'abord au Figaro mais craignant de perdre trop de lecteurs, refuse cette lettre.

Clemenceau qui cherche à revenir dans la politique, convaincu de l'innocence de Dreyfus comme Jaurès, propose à Zola l'un de ces journaux l'Aurore. Clemenceau augmente son tirage, passant de 30 000 à 300 000 exemplaires qui seront écoulés très rapidement. Charles Péguy s'exprima à propos de cette événement: “Toute la journée, dans Paris, les camelots à la voix éraillée crièrent l'Aurore, coururent avec l'Aurore, en gros paquets sous les bras, distribuèrent l'Aurore aux acheteurs empressés. Le choc fut si extraordinaire que Paris faillit se retourner”. Zola proclame innocence de Dreyfus. Veut un nouveau procès, l'affaire doit être jugé au grand jour. Cette engagement intellectuel peut faire rappeler l'engagement de Voltaire et l'affaire Calas au XVIIIème siècle. On peut retenir une phrase de ce pamphlet: “La vérité est en marche, et rien en l'arrêtera”. Zola va être condamné le février 1898. Il y aura de la violence entre les dreyfusards et les antidreyfusards. Zola aura 1an de prison et 300 000 francs d'amende. Il s'exile en Angleterre. Meurt en 1901 et sera au centre du Panthéon en 1908. La France se déchire, c'est une guerre franco-française. Opposition entre 2 France. Comment va réagir le gouvernement de la République ?

 

Problème de la révision du procès. Dreyfus isolé, ne sait pas trop ce qui se passe en France.

Août 1898: Ministre de guerre Cavainiac examine le fameux dossier par Cuignet attaché à son cabinet. Regarde le Faux-Henry: a inventé un document écrit par Panizzardi à Schartzkoppen. Écrit par un italien Panizzardi qui ne maîtrise par le français. Henry reprend ses fautes. Il imite à la perfection. Contient le nom de Dreyfus. Examen à la loupe. Cuignet a bien vu que c'était un faux et le révèle à Cavaignac. Il convoque Henry qui avoue avoir fabriqué cette pièce sous les ordres de l’État-major et sous-chef de l’État-major. Henry devient un martyr. Il se suicide le 31 août 1898. Dans la Libre-Parole, il y a une souscription de la veuve et de l'orphelin d'Henry. Drumond explique que le document c'est un “faux-patriotique”, Dreyfus reste coupable. Lucie Dreyfus, le 3 septembre 1898: demande révision procès de son mari. Fin octobre 1898: La Cour de Cassation: demande révision recevable. Passion qui se déchaîne (fin1898-début1899). Felix Faure contre la révision décède brutalement d’hémorragie cérébrale dans les bras de sa maîtresse. Nouveau président: Emile Loubet élu en février 1899: favorable à la révision du procès. Républicain modéré et personnalité effacé.

3 juin 1899: La Cour de Cassation annule le jugement du procès du décembre 1894. Nouveau procès de Dreyfus a Rennes (pour s'éloigner de l'agitation parisienne mais ce sera un échec, des journalistes iront à Rennes). Zola content de cette révision et revient en France le 4juin. Il s'exprime le 5 juin 1899 dans l'Aurore: “Aujourd'hui, la vérité ayant vaincu, la justice régnant enfin, je renait, je rentre et reprend la place sur la terre française”. Waldeck-Rousseau: président conseil lors du 2ème procès, dreyfusard de raison. Républicain radical proche de Gambetta. Bonne renommée. Gouvernement important de la mobilisation des républicains (modéré, radicaux et socialistes): Gouvernement de combat: “Gouvernement de la Défense République”. Républicain modéré de centre gauche (Raymond Poincaré, Dreyfusard) / centre droit (Antidreyfusards, J.Meline). Gouvernement très positif pour Dreyfus.

7 août 1899: dans ce contexte commence le procès. Atmosphère de forte agitation. 9 septembre 1899: verdict

Dreyfus coupable mais avec des “circonstances atténuantes”, condamné à 10ans de prison. Jean Denis Bredin (historien) parle de verdict absurde. V.Duclert (République imaginée): ce n'est pas si absurde, logique d’apaisement, affirme implicitement l'innocence de Dreyfus. On peut pas trahir avec des circonstances atténuantes. Rousseau sûr de son innocence / sait pas quoi faire. Veut la fin de l'affaire Dreyfus pour faire des réformes. Veut rétablir l'ordre républicain. Va voir le président de la République pour gracier Dreyfus.

Loubet hésite: veut l'avis d'un médecin: Dreyfus peut pas supporter 10 de prison. 19 septembre 1899: Décret de grâce de Dreyfus (part vivre avec sa femme, très marqué). Dreyfusards (Jaurès):veulent pas en rester là

 

- 1900-1906

22 mai 1900: oublie de l'affaire. Rousseau: “Il n'y a plus d'affaire Dreyfus”. Décembre 1900: Loi d'amnistie (Zola désapprouve) et la même année: Exposition universel qui contribue à faire oublier l'affaire.

22 septembre 1900: anniversaire Ième République. Discours Loubet qui parle de la réconciliation, concorde, liberté. 30 septembre 1902: Mort de Zola assez mystérieusement (assassinat par asphyxie). Hommage national.Va insister les Dreyfusards à reprendre la lutte. Au début, Jaurès, Clemenceau étaient contre. Jaurès fait désormais une campagne de réhabilitation. Recueil Les preuves fin septembre 1898 qui réunit tout les articles de août à septembre 1898 de Jaurès pour ne pas oublier Dreyfus dans son journal la Petit République. Décide de faire triompher l'innocence de Dreyfus. Force le général André a reprendre l'affaire. Nouvelle enquête qui révèle encore des manipulations. Canaille de D (Alexandre): rien avoir avec Dreyfus mais Dubois. Demande de révision du procès. 12 juillet 1906: annulation du jugement de Rennes. Dreyfus innocenté. Promu Commandant (Picard général). Réintégré dans l'armée. Il dit: “Vive la République, vive la Vérité”. Croix Légion d'Honneur. Mobilisé 1GM (Verdun). Sort conflit avec grade Colonel. Sa santé lui permettait pas. 4 juin 1908: cérémonie cendre de Zola transféré Panthéon. Dreyfus participe, blessé journaliste extrême droite. Encore manifestation hostile.

 

B) Les intellectuels s'engagent pour Dreyfus

L'apparition intellectuels (apparaît comme substantif pour la 1ère fois par Clemenceau le 23 janvier 1898 au moment d'une pétition pour révision du procès). Se définit par son engagement politique. Doit être un guide pour la nation, doit l'éclairer. Carrefour culturel / politique. La France a eu un rôle fondateur, naissance Intellectuels (tradition lumière, Révolution française, DDHC). Mobilisation intellectuelle en faveur de Dreyfus avec des personnalités comme Lucien Herr (bibliothécaire ENS), Jean Jaurès, Léon Blum. Publication d'articles de presse: Zola, Clemenceau, Jaurès ou encore B.Lazare, jeune écrivain juif, hostile à l'armée et anarchiste qui écrira en 1896, Une erreur judiciaire. La vérité sur l'Affaire Dreyfus. C'est Forzinetti qui conseille à Mathieu de voir cette écrivain. Les souvenirs sur l'affaire, 1935, Léon Blum. Monsieur Bergeret (Dreyfusard) à Paris, 1901 d'Anatole France (engagement important). Vérité, 1902 d'Emile Zola qui parle d'un jeune enseignant qui lutte pour réhabilité un juif . Engagement politique: principalement force gauche (radicaux, nombreux pour Dreyfus): principalement force gauche qui se sont engagé du côté des Dreyfusards. 1901: Parti radical (1er de la France).

Edouard Herriot (entre politique de l'entre-deux-guerre): milieu très modeste agrégé de lettre en 1894. Réussi L’École de la 3ème République. Milite révolutionnaire du procès Dreyfus. 1905-1957: Maire de Lyon.

Socialistes: J.Guesde (révolutionnaire): impressionné par “J'accuse” mais reste à l'écart.

J.Jaurès (réformistes): dès 1897, “se battre pour Dreyfus s'est se battre pour la République”. Entraîne Léon Blum, C.Péguy: 5 janvier 1900-1914 fonde Cahier de la Quinzaine: bimensuel. Publie articles dreyfusards.

 

C) Mobilisation adverse: les antidreyfusards

- Nationalistes: de gauche à droite lors de l'affaire Boulanger. Hostile Républicain. M.Barres / Maurras: Antidreyfusards / Antisémites

M.Barres (1862-1923): chef de file des intellectuels antidreyfusards. Député boulangisme / écrivain.

Journaliste: Assiste dégradation 5 janvier 1895. “La parade de Juda”: “Dreyfus est capable de trahir, je le conclu de sa race”

C.Maurras (1868-1952): monarchiste / nationaliste . Action Française: très antidreyfusard. Pour lui la France est composée de 4 France qui s'unissent pour détruire la France: juif, franc-maçon, métèque, protestant.

 

II/ Mobilisation sans précédent: l'entrée culture de masse

A) L'âge d'or de la presse: rôle décisif dans l'affaire Dreyfus

- Contexte favorable: 29 juillet 1881: loi liberté de la presse: entre dans les faits. Rotative inventé par Marinoni, Le Petit Journal . La presse français est massivement hostile à Dreyfus. Février 1898: 96% antidreyfusards / hostile à Dreyfus et 85% en Août 1899: Cf Libre-Parole, La Croix. Journaux favorables: L'Aurore / Justice (Clemenceau) Les Cahiers de la Quinzaine, La Revue Blanche (Léon Blum, secrétaire de rédaction). La presse rythme l'affaire Dreyfus . C'est la presse qui révèle l'affaire à l'opinion publique. 29 octobre 1894: Libre Parole annonce arrestation espion. 1 novembre: nom de Dreyfus révélé. La presse relate la dégradation: Leon Daudet raconte le 6 janvier 1895 dans le Figaro, “Le Châtiment”: “Il n'a plus d'âge, il n'a plus de nom, il n'a plus de teint. Il est couleur traite”.

Mathieu Dreyfus a compris l'importance de la presse. Va payé les journalistes pour qu'on reparle de l'affaire. Le Matin, novembre 1896 publie un fac-similé du bordereau. Mathieu Dreyfus le communique au journal. Publication essentielle. Un banquier (Castro) reconnaît l'écriture d'un de ces clients: Esterhazy. 1897: Lettre ouverte où tout le monde connaît Esterhazy.

Zola relance l'affaire. Publiant déjà des articles contre l'antisémitisme dans la Figaro , il accepte d'aider Mathieu qui prend en contact avec lui et écrit “J'accuse” que le Figaro n'acceptera pas. C'est Clemenceau qui l'acceptera. Zola a simplifié l'affaire pour mieux frappé l'opinion publique. Minimisé rôle de Gonse / exagéré l'importance de Paty de Clam. N'a pas mentionné Henry. La presse a permis la diffusion de ce pamphlet. Procès contre lui, il s'exile. Après” J'accuse”, la France se déchire entre dreyfusards et antidreyfusards. Cf Caran d'Age, février 1898, Figaro. Atmosphère de Guerre civile.

31 octobre 1898: Souscription d'Henry du veuf et de l'orphelin dans la Libre Parole de Drumont avec 25 000 antidreyfusards qui y adhèrent. Antisémitisme dans les mots de la souscription/ Climat de haine.

 

- Un exemple: Le Petit Journal et l'affaire Dreyfus (1897-1898): Quotidien le plus important de France. En 1890, dépasse le million d'exemplaire (c'est à dire 2 millions de lecteurs). Suivi du Petit Parisien avec 700 000, Le Journal 450 000 ou encore Le Matin 70 000. Acheteurs: provinciaux / couches populaires. Supplément hebdomadaire illustré en couleur: grand succès. A la tête: Marinoni et Ernest Judet (rédacteur en chef. 1863: quotidien pas cher, connaît tout de suite le succès. Va se saisir de l'affaire Dreyfus. Éditoriale sur l'affaire Dreyfus signé par Judet: antidreyfusard mais pas antisémite. Pour lui Dreyfus est le traite. Glorification de l'armée et xénophobe (Dreyfus est un étranger, prussien et allemand). Méprise la République Parlementaire. Lourde Responsabilité.

 

B) La République des Liges au coeur de l'affaire Dreyfus

Ligue: association qui rassemblent des partisans d'une même idée/cause. S'engageant dans le débat civique.

- Ligue de Patriote créer en 1880 dirigé par Déroulède. Il sera dissout en 1889 à la fin de l'affaire Boulangiste puis revient en 1898 avec 100 000 adhérents.

- Ligue antisémite de 1889 avec une influence de Drumont et dirigé par Jules Guérinet qui possède environ 20 000 adhérents. Organisation des expéditions antisémites.

- La Ligue des droits de l'homme en 1898: Dreyfusard dirigé par Ludovic Trarieux, républicain modéré et ancien ministre de la justice. Dans la Communauté centrale, nous retrouvons Julien Herr. En 1903, elle est dirigé par Francis de Pressensé. Il y a en 1899 environ 8000 adhérents et en 1904: 60 000 adhérents.

- La Ligue de la patrie française en automne 1898: Antidreyfusard dirigé par l'acamédicien Jules Lemaître qui dirige également la Revue des 2 Mondes. Il y a dans cette ligue des personnalités comme Maurras, Maurice Barres, Jules Vernes, Caran d'Age ou encore Renoir. Modèle des ligues d'extrême droite des années 30. Il y a en 1899 environ 20 000 adhérents et en et ça dépassera rapidement les 300-500 000.

Dissoute en 1904.

 

Conclusion: L'affaire Dreyfus se termine en 1906. Les Dreyfusards auront leur revanche, Clemenceau (président du Conseil octobre 1906, déjà ministre de l'intérieur) choisit Picquart comme ministre de la guerre. Cendres de Zola en 1908 au Panthéon, lors de l'événement, Dreyfus est présent et Louis Grégori va essayer de l'abattre, c'est un choc. Dreyfus est réintégré dans l'armée, participe à la 1GM: Verdun 1916 et Chemin des Dames 1917. Très patriote. En 1918, Colonel de réserve, 1919, Officier de la Légion d'Honneur. Épreuves qui l'ont beaucoup affaiblie. Mort en juillet 1935. Enterré cimetière de Mont Parnasse. Prêt de la statue Bartholdi 1914. “Je n'étais qu'un officier d'Artillerie qu'une tragique erreur a empêché de suivre son chemin”. L'Affaire Dreyfus: mythe culture politique. Elle a provoqué des classements politiques, clarifie affrontement gauche (Dreyfusard) et droite (Antidreyfusard). Fin du grand rassemblement au centre. Force de gauche: représenté par Waldeck Rousseau 1899-1902 (république centre-gauche: Pointcarré. Socialistes: voulaient rester en dehors de la mêlé: Jaurès. Le socialisme devient une force de soutiens à la République, combat socialisme: combat Dreyfus). Force de droite: nationalistes et antisémites: Libre Parole et La Croix. L'affaire Dreyfus marque la naissance du XXIème siècle. Nouvelle règle au jeu politique. Les hommes politiques doivent maintenant tenir compte de l'opinion publique. Il y un nouveau rôle de la presse depuis 1881: premier des médias modernes. Média qui s'empare de l'affaire. Engagement collectif des Intellectuels dans la vie politique. Conséquence direct de l'affaire Dreyfus. Sorte de point de départ (Dreyfusard contre antidreyfusard toute le long du Xxième siècle). M.Winock: “Le Dreyfusisme devait rester le paradigme de la nation républicaine”

C.Mauras entretient cet antisémitisme avec l'Action Française (journal quotidien).

Durant la période de Vichy, les antidreyfusards collaborent tandis que les dreyfusards sont des résistants.

Le 27 janvier 1945, C.Maurras a une réclusion à perpétué et une indemnité national, lors du procès, il dit: “C'est la Revanche de Dreyfus”. En 1952, il sera gracier pour raison médicale et meurt en fin de cette même année. Il y a également durant la guerre d'Algérie avec les néodreyfusards: dénonce torture et les néoantidreyfusards qui ont une haine envers les métèques et membre de l'OAS. La polémique continue. M.Winock, professeur de lycée à Montpellier raconte l'histoire de l'affaire Dreyfus a ses élèves et un élève contester l'innocence de Dreyfus avec grande assurance. “Avait-il des arguments ? Non, mais il savait. Il savait de son père, qui le tenait de son grand-père, que Dreyfus était un espion à la solde de l'Allemagne”.

En 1990, durant la fête du Front National. Un militant André Figueras publie Le Canaille de D....refus. Il soutient la trahison de Dreyfus, il n'est pas innocent car il n'y a pas eu de 3ème procès. François Mitterrand rend hommage à Dreyfus avec une sculpture en sa mémoire par Tim en 1986 en pied. Il est refuser à l'école militaire mais en 1988: inaugurer au Jardin des Tuileries. En juin 1988: Tombe profané de Dreyfus. L'antisémitisme n'est pas mort.

 

Les historiens réfléchissent encore sur l'affaire Dreyfus. Jean Doise, 1994, Un secret bien gardé. L'histoire militaire de l'affaire Dreyfus.  Dreyfus est innocent mais des problèmes se posent: Pourquoi Esterhazy a t-il bénéficier si longtemps d'un soutien incompréhensible des généraux ? Pourquoi tout cette histoire à cause du bordereau alors qu'il ne révélait pas tant de secrets que ça ? L'affaire Dreyfus est une affaire d'intox. Monté par les services secrets français.

La chronologie de l'affaire Dreyfus correspond à celle de la mise au point du Canon en 75. L'affaire Dreyfus est une affaire d'engagement pour une cause. Elle a montré que les Intellectuels étaient parti prenant pour la nation.

Enfin Sartre, dans sa Revu des temps modernes de 1945 dit: “Nous ne voulons pas avoir honte d'écrire et nous n'avons pas envie de parler pour ne rien dire. Le souhaiterions-nous, d'ailleurs, que nous n'y parviendrions pas: personne en peut y parvenir. Tout écrit possède un sens, même si ce sens est fort loin de celui que l'auteur avait rêvé d'y mettre.” “L'écrivain est en situation dans son époque: chaque parole a des retentissements. Chaque silence aussi. […] le procès de Calas, était-ce l'affaire de Voltaire ? La condamnation de Dreyfus, était-ce l'affaire de Zola ? L'administration du Congo, était-ce l'affaire de Gide ? Chacun de ces auteurs, en une circonstance particulière de sa vie, a mesuré sa responsabilité d'écrivain”. “On ne peut pas tirer son épingle du jeu” ; “C'est ici même et de notre vivant que les procès se gagnent ou se perdent”.

 

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