Eklablog Tous les blogs Top blogs Emploi, Enseignement & Etudes Tous les blogs Emploi, Enseignement & Etudes
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Publicité

Introduction : La mer est un thème qui a souvent été chanter par les poètes notamment par Homère dans l’Odyssée. Après lui d'autres poètes sont venues renouveler ce sujet universel, comme Pierre de Marbeuf dans son célèbre sonnet : « Et la mer et l'amour ».

Ce poème est un sonnet, donc l'écriture est baroque. C'est à dire que les jeux d'écriture poétique y sont particulièrement travaillés. Les sonorités, les images, les thèmes s'y croisent avec virtuosité. Le poète y développe une analogie entre la met et l'amour qui vise surtout à exprimer un tourment amoureux.

Problématique : Nous allons donc nous demander comment le poète parvient grâce à cette analogie à exprimer son dépit amoureux.

Plan : Pour ce faire, nous étudierons d'abord ce poème à l'écriture baroque qui repose sur une analogie entre l'amour et la mer, ensuite nous verrons qu'il représente finalement une élégie entre l'amour et la douleur.



I/ Un poème à l'écriture baroque qui repose sur une analogie entre l'amour et la mer

Le mouvement baroque est un mouvement esthétique qui s'oppose au classicisme en mettant en mouvement l'instabilité et la fugacité des choses. L'écriture baroque est une écriture bien travaillée et très complexe. Ici, ce caractère baroque de l'écriture se retrouve dans l'usage d'effet sonores et de construction, ainsi que dans le réseau des images.

a) L'analogie entre l'amour et a mer

- Deux images reviennent dans l'ensemble du poème : celle de l'amour et celle de la mère :

Le mot « amour » revient 8 fois et le mot « met » revient 5 fois.

- Dés le premier vers --- Parallélisme de construction, anaphore, paronomase )

- Le mot «  partage » appuie sur leur similarité. De même, la locution « aussi bien » les met sur le même plan.

- Le rapprochement entre les deux éléments se fait selon plusieurs points communs :

  • La souffrance : ils tourmentent «  amer » v.1, « les maux » v.6, « larmes » v.14, « si fort douloureusement » ( hyperbole ) v.13

  • Le danger : « orage » v.4, « naufrage » v.8, « abîme » v.3

L'analogie est aussi de nature allégorique, ou l'image de la mer offre une représentation concrète des méfaits de l'amour, danger et souffrance.



b) Jeu sur les sonorités

- Tous les effets sonores sont exploités par Marbeuf :

  • Rimes : externes et travaillés ( ex : partage/orage ) --› rime riche, internes v2 ( mer )

  • Assonances ( répétition d'un son vocalique ) : « La mère de l'amour eut la mer pour berceau » --› assonance en [ è ]

  • Allitération : v2 : en [ r ] et [ m ] --› Doux, bruit de l'eau

v11 : en [ f ] --› Crépitement du feu

  • Paronymes ( paronomase ) : amour/amer

  • Homonymes : la mer/ la mère / l'amer

  • Anagramme : ma mer / mes larmes

  • Rythmes : essentiellement binaire ( équilibré, par paires ) avec :

    - v 1 : Tétramètre  [ 3/3/3/3 ]

    - Parallélisme de construction v1 et v2 / v5 et V6

  • Anaphore : « Et » et « Celui qui... »

Les jeux sur les sonorités et ce rythme équilibré donnent l'impression au lecteur d'imiter le mouvement de va et vient de la mer, son flux et son reflux.



c) Le jeu des images

Le poète même les réseaux lexicaux et les images :

  • L'image de la déesse Aphrodite/Vénus naissant des flots désignée par une périphrase : « La mère de l'amour », comme son fils Éros + une allégorie de l'amour.

  • Jeu de confrontation entre ces images : l'amour est tour à tour associé à deux éléments qui forment une métaphore filée : le feu et l'eau. C'est deux élément antagonistes s'affrontent : « Mais l'eau contre ce feu ne peut fournir des armes ».

Ce poème démontre la virtuosité de Marbeuf qui écrit un sonnet dans lequel images, sonorités, rythmes sont travaillés comme pour en faire un bijou poétique. Mais au delà de son aspect esthétique, ce texte livre au lecteur une certaine vision de l'amour qui dans ce sonnet est associé à la souffrance.



II/ Un poème élégiatique, associant l'amour et la douleur

a) Tonalité élégiatique de ce sonnet

- Lexique de la souffrance --› « douloureux », « craint », « enflammer », « souffrir ».

Analyse du dernier tercet: Marque de l'énonciation ( Qui parle ? A qui ? )

- « Je » lyrique --› « j'eusse » --› s'adresse à un « tu »

( « Je » non autobiographique )

Dialogue intime entre 2 entités, dont l'un souffre, et l'autre est absent.

--› La forme musicale du poème et comme un chant de douleur.



b) Un poème en forme d'énigme

Le poète mélange des étapes, pour aboutir à la révélation finale :

amour --› mer

amour --› feu

amour --› je souffre

( Racine : Phèdre --› « Je sentis tout mon corps et transir et brûler » )



Les images antagonistes de l'amour traduisent l'impossibilité d'échapper à cette souffrance.



c) Une vision pessimiste de l'amour

Une vison de l'amour comme un danger qu'on ne peut échapper qui rend impuissant.

  • v11 --« Ne peut fournir des armes » négation

  • Voir aussi le conditionnel du dernier tercet : « Si l'eau pouvait.. » j'eusse éteint » Mode qui traduit l'irréalité d'une situation

  • Métaphore hyperbolique --› « la mer de mes larmes »

« Je » lyrique qui semble se noyer dans la souffrance



Conclusion : Le thème de la mer dans ce sonnet du XVIIème siècle prêt son image à une conception de l'amour comme étant un sentiment dangereux et destructeur.

Mise en perspective : Soit Phèdre de Racine soit « Vanité » de Philippe Champaigne, 1646

C'est un tableau baroque en forme d'énigme.



Composition d'ensemble : 3 objets posés en ligne sur un socle, se détachant sur un fond noir.

Les objets, considérés de gauche à droite : un vase en verre avec une fleur coupée qui s'étiole, un crâne humain déjà abîmé et un sablier



« momento mori » --› souviens toi que tu es mortel.

Plusieurs interprétations :

  • Cycle de la vie, du vivant au minéral

  • Réflexion sur la mort, avec le sablier qui représente le temps qui passe.

 

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article