A quoi sert l'Histoire ? (synthèse)
Introduction: L'histoire --› grande importante --› véritable devoir de mémoire qui s'est installé sans pour autant oublier le passé. Cependant le passé peut être dangereux pour le présent.
I/ Histoire et Mémoire
A/ Histoire comme édification d'une mémoire
Il y a 2 sens à l'histoire, comme déroulement des faits passé mais aussi comme connaissance de ces faits passés. Pour ce sens là, l'histoire se comprend comme mémoire comme dirais André Piganiol: “L'histoire est pour l'humanité ce que la mémoire est pour l'individu”. Cependant la mémoire n'est pas que connaissance mais aussi action, peut se distinguer en deux types selon Bergson:
une mémoire habitude ( a mesure qu'on répète une action )
mémoire comme souvenir
Dans ces deux cas, la mémoire trouve son utilité dans l'action. On peut tirer des leçons de l'histoire.
B/ Mémoire et connaissance
Histoire --› connaissance du passé, objectif tandis que mémoire --› subjectif.
Connaissance différent de la mémoire. De ce fait Histoire différent de la mémoire. L'histoire comme discours subjectif ne peut se construire que contre une mémoire nécessairement subjective et orientée en vue d'un présent. Elle semble contester la mémoire.
II/ Le sens de l'histoire
Histoire comme besoin, accomplissement de la liberté.
A/ L'idée d'un sens de l'histoire
Libre = autonome seulement si conforme a la loi de la raison = volonté
Cependant, elle peut être également déterminé en fonction d'un plaisir ou d'une peine = découragement. De ce fait, la raison éprouve un intérêt pratique. Si l'individu ne peut pas réaliser cette pleine liberté, cette dernière peut se réaliser au niveau de l'espèce. C'est donc dans l'histoire que s'accomplit la liberté. L'histoire n'est donc pas connaissance mais postulat de la raison pratique. On saisit alors son utilité, soutenir en nous la propension à l'autonomie, c'est à dire à la rationalité et à la liberté --› aider à son accomplissement.
B/ L'idéalisme hégélien
Cette accomplissement de la liberté est développée selon 2 grands axes contradictoires: idéalisme avec Hegel et matérialisme avec Marx. Selon Kant: l'histoire --› comme processus par lequel se réalise la Raison qui devient une réalité consciente d'elle-même. L'Histoire naît des actions des hommes --› naissent elle des désirs des hommes, de leurs passions. Idée d'un progrès mais hommes --› conflit entre passion et raison. Pour Hegel, il y a une «ruse de la raison dans l'Histoire». C'est à travers la passion que la raison réalise ses buts malgré des difficultés. Histoire comme manifestation de l'esprit et raison qui gouverne le monde.
C/ Le matérialisme historique de Marx
Histoire --› produit d'un changement économique réels des conditions humaine. C'est un changement qui ne connaît pas d'arrêt, poussés sous l'action de la base matérielle de notre existence humaine. Violence sociale --› économique. L'histoire se fait à travers des conflits humains, son processus de l'histoire est la lutte des classes = modifie radicalement le système économique actuel. Ce qui importe, ce n'est pas d'interpréter le monde et l'Histoire, c'est de changer le monde et l'Histoire.
D) Le danger de s'appuyer sur le sens de l'histoire
Danger d'un sens de l'Histoire montrer par Walter Benjamin et Simone Weil. Tout ce qui arrive est a priori justifié comme une étape nécessaire du processus historique, condamnant ainsi à la passivité ou à l'inaction. Selon Benjamin et Weil: l'histoire ainsi comprise ne relève plus de la science ou même de la connaissance, mais fonctionne bien plutôt comme une religion.
De ce fait, en tant que connaissance, l'histoire ne s'assimile plus à une mémoire qu'elle ne peut se laisser traiter de manière religieuse. Critique de la philosophie de l'histoire, en effet, la conscience d'un sens de l'histoire pouvait se révéler dangereux, voire néfaste
III/ L'usage de l'histoire
A) Faut-il être de son temps ?
L'histoire nous arrache au temps qui est le nôtre --› inutile en tant qu'elle fait de nous des gens qui ne sont plus de leur temps. La surabondance de passé rend l'action impossible car agir implique une capacité à oublier. Sans cette capacité, l'action devient tout bonnement impossible.
Agir --› créer --› rompre avec une situation présente pour en induire une nouvelle l'époque qui constitue un appui ou un guide pour une action qui cherche justement à créer, à instaurer un nouveau présent. L'histoire apparaît alors non pas comme un frein à l'action, mais au contraire comme un appui à l'action dans la mesure où cette action n'est pas ajustement au présent, mais rupture avec lui, pour induire une époque nouvelle.
B) L'histoire: science ou art ?
Si l'histoire est un appui à l'action créatrice, ce n'est pas en tant qu'elle redeviendrait une mémoire. Tout au contraire, la mémoire est toujours liée au présent et au service de ces exigences. C'est précisément en tant qu'elle se fait contre la mémoire que l'histoire peut appuyer l'action créatrice: discipline objective:décentrement du regard
Cette objectivité historique se confond avec le mouvement de l'action créatrice alors l'histoire peut être à la fois une discipline scientifique, et artistique ou poétique.
C) Du bon usage de l'histoire
Histoire --› ambiguë. Histoire frein ou appui à l'action? --› question de degrés
Selon Nietzsche --› seul l'homme fort --› l'homme créateur peut supporter une grande dose de connaissance historique car il ne se laisse pas envahir ou écraser par elle, mais la possède et la maîtrise, s'appuie sur elle en vue de créer. Natures faibles --› écrasés par l'histoire car ils ne tendent pas à créer, mais seulement à réagir aux sollicitations de l'époque présente. Pour elles, la connaissance historique est de trop, et se trouve écrasante. Nietzsche différencie 3 histoires:
L'histoire monumentale, dans le passé des modèles pour le présent mais hors action, ces connaissances et ces modèles deviennent écrasants et, justement accroissent le doute.
L'histoire traditionnelle qui rattache les hommes à leurs racines --› respect alors les hommes échappent à la solitude et au doute qui lui est inhérent. Mais sans respect, ces racines rend difficile l'action.
L'histoire critique juge les connaissances du passé, sépare le vrai du faux. Son terrain est le présent, qu'elle permet de libérer de l'encombrement du passé en la tenant à distance.
Conclusion: Nous avons vu d'abord histoire comme mémoire soumise aux exigences de l'époque présente mais peut paraître inutile du point de vue de l'action au présent. Ensuite, l'histoire comme le moteur de la raison ou la lutte des classes qui peut cependant s'avérer dangereuse. Enfin pour voir que l'utilité de l'homme dépend du type d'homme qui s'y livre et du terrain sur lequel elle s'exerce. Lorsqu'il en fait bon usage, l'histoire touche à l'art et se révèle un appui sur l'action créatrice.