Introduction: L’avenir, c’est ce qui n’est pas encore; et « se représenter » vient du latin « representatio » qui signifie : action de mettre sous les yeux. Autrement dit, se représenter est l’acte par lequel l’esprit se rend présents ses objets de pensée. Aussi la question peut-on se représenter ce que sera l’avenir, revient à se demander s’il est possible de rendre actuel, présent à l’esprit ce qui n’est pas encore là ?
Pour qu’il soit possible de se représenter l’avenir à partir du présent, il faudrait que celui-ci soit entièrement déterminable à partir du présent et du passé, mais justement l’avenir est-il entièrement déductible du passé et du présent ? N’y a t-il pas dans l’avenir, une part irréductible d’indétermination ?
Première Partie: Il est possible dans une certaine mesure de se représenter ce que sera l'avenir
Remarque préliminaire : Ce qui est sûr, c’est qu’après ce présent, il y aura un futur.
Et ce futur, une fois qu’il se sera produit, relèvera du passé. Il est certain qu’il y aura un futur, mais de quoi sera t-il fait ? Il est certain qu’il sera, mais quel sera son contenu ? Comme le dit Montaigne dans ses Essais II,29 : « Ce que nous voyons advenir advient, mais il pouvait autrement advenir« . Aussi savoir à l’avance ce que sera le futur relève souvent de la devinette, et de ce fait deviner ce que sera le futur apparaît toujours un peu mystérieux et occulte !
Premier argument : Les lois de la nature , par leur régularité permettent une appréhension, une représentation de certains phénomènes dans le futur. Par exemple, comme je vois que le soleil se lève tous les matins, je prévois que demain aussi le soleil se lèvera. Mais évidemment on peut toujours objecter en imaginant, qu’un jour justement il ne se lèvera pas (comme le pensaient les aztèques autrefois avec leur serpent à plumes dévoreur d’astres !).
Mais si on connaît l’astronomie de notre système solaire, on sait qu’il sera fonctionnel pendant encore quelques milliards d’années !
De même, grâce à la régularité des lois de notre univers, on peut savoir à l’avance, de manière certaine quand auront lieu les éclipses de soleil et de lune, et où elles seront visibles sur Terre. Cela n’a rien de magique, ce sont des déductions scientifiques à partir de données physiques et mathématiques.La régularité de la nature permet donc une certaine prévision ( et pas une certaine prédiction) du futur. La science, de toute façon repose sur le principe de causalité, et ce principe est basé sur une prévision du futur, puisque du phénomène A découle le phénomène B. Le principe de causalité est fondamentalement temporel, et permet une certaine prévision des phénomènes naturels.
La science, pour prévoir, s’appuie donc sur un principe essentiel, l’affirmation du déterminisme. Aussi certaines conditions étant réalisées, il devra se produire tel phénomène déterminé par ces conditions. Il est donc impossible que ces conditions absentes, le phénomène se produise quand même. Et il est impossible que le phénomène ne se produise pas, si ces conditions sont présentes. Par exemple, il est impossible qu’il pleuve s’il n’y a pas de nuages, et s’il y a trop de nuages, il pleut forcément ! Se représenter l’avenir est donc essentiel pour l’être humain et lui permet d’avoir un certain pouvoir sur la nature, mais ces prévisions sont-elles applicables pour le genre humain ?
Deuxième argument : En effet, il n’y a pas que les phénomènes naturels qui sont prévisibles, les phénomènes sociaux sont aussi prévisibles dans une certaine mesure ,puisque toute société humaine est fondée sur des lois (règles juridiques). La régularité des lois sociales permet aussi de nous faire une représentation de l’avenir. Par exemple, si je commets un délit et que je suis arrêtée, je peux prévoir ma traduction en justice, et craindre une sanction (plus ou moins grave suivant le délit).
Troisième argument : À partir de signes, de causes qui sont dans le présent et le passé, je peux prévoir les conséquences et effets dans le futur. D’ailleurs, c’est tout l’art de la politique. La politique est toujours faite normalement en vue du futur, ainsi quand sénateurs et députés discutent ou votent les lois , c’est toujours en fonction du futur d’un certain royaume ou d’une certaine République. [Souvent les gouvernants ne prennent pas les décisions les plus idéales, mais en général, ils essayent les moins pires (du moins dans nos républiques occidentales)].
Quatrième argument : De l’observation du passé et du présent, on peut donc déduire dans une certaine mesure, le futur. Le philosophe Leibniz dans ses Essais de Théodicée l’a largement démontré puisqu’il y déclare notamment : « La connaissance du futur n’a rien qui ne soit aussi dans la connaissance du passé et du présent ». Autrement dit, si l’on n’arrive pas à prévoir le futur, c’est qu’on ne fait pas assez attention à la réalité présente. Que l’avenir soit dépendant du présent et du passé, Leibniz l’explique par « le principe de la raison déterminante ». Le principe de la raison déterminante est : « Jamais rien n’arrive, sans qu’il y ait une cause ou du moins une raison déterminante« . Pour Leibniz, le présent et le passé sont donc causes du futur, et Dieu qui est omniscient a une connaissance parfaite du futur. Mais pour l’homme déduire le futur à partir du passé et du présent est en partie impossible car l’homme a un entendement fini, donc il ne peut voir et comprendre toutes les subtilités et entrelacements des causes.Par contre Dieu qui a un entendement infini , et qui selon Leibniz entend tout et voit tout peut déduire le futur à partir du passé et du présent. Mais nous ne sommes pas Dieu, et la question que nous nous posons, nous cherchons d’abord à la résoudre pour nous, simples humains !
Deuxième Partie: Il n'est pas possible de se représenter l'avenir dans le détail, mais uniquement dans sa globalité
Premier argument : L’homme n’est pas soumis au déterminisme, au même titre que les phénomènes, aussi on ne peut prévoir les actions humaines aussi précisément que les actions mécaniques des objets de la nature et des choses. Chez l’être humain, les mêmes causes ne produisent pas toujours les mêmes effets, aussi l’avenir est difficilement représentable pour lui. Il est vrai que nous sommes déterminés d’une certaine manière (conditionnement de notre milieu, hérédité biologique). Mais on peut penser malgré tout que l’homme dispose toujours de son libre arbitre (sauf s’il est en état psychotique).
Deuxième argument : Par ailleurs au niveau de la conscience, on ne retraverse jamais deux fois exactement le même état mental. Il n’y a pas de répétition intégrale au niveau de la conscience, aussi est-il difficile d’y appliquer le déterminisme et de prévoir le futur de manière certaine.. Héraclite par exemple, philosophe présocratique avait la devise suivante : « On ne peut descendre deux fois le même fleuve ». En effet, allons nous baigner deux fois à une heure d’intervalle , quand on reviendra pour se baigner à nouveau, ce ne sera plus la même eau qui coulera. Comme on ne peut deux fois revivre intégralement la même chose, le futur est en partie indéterminé en ce qui concerne l’être humain. L’homme voudrait pouvoir se représenter de manière précise son avenir (comme on le voit avec le succès immémorial de la voyance). Mais si en science, je peux prévoir les phénomènes à l’avance, comme par exemple, les éclipses du soleil, c’est que se reproduisent des situations identiques dont on peut dégager des lois générales, alors que dans la conscience, comme il n’y a pas deux états de conscience identique, je ne peux pas vraiment prévoir à l’avance mes réactions face à tel ou tel événement.
Troisième argument : Le désir de connaître son avenir est tellement fort en l’être humain que comme le remarque Jankélévitch dans l’Irréversible et la Nostalgie, l’homme voudrait avoir dans le temps les commodités qu’il a dans l’espace. En effet, dans l’espace, je peux aller d’un point A à un point B, puis m’en retourner du point B au point A. Mais cela n’est pas possible dans le temps, je ne peux aller du moment A au moment B, puis m’en retourner du moment B au moment A. Le temps est intrinsèquement irréversible. Jankélévitch remarque que l’irréversibilité n’est pas exclusivement temporelle, ainsi un tableau n’est pas réversible, il a un sens et il y a que l’endroit n’est pas l’envers. Cependant, comme le précise le philosophe Jankélévitch, l’objet nous pose un obstacle, mais pas une impossibilité. Ainsi bien que le tableau (qui a un sens) doit être mis à l’endroit, je peux toujours avoir l’idée absurde de le mettre à l’envers si je le désire. Ainsi Jankélévitch déclare dans l’Irréversible et la Nostalgie : « Les objets qui ont un sens, préfèrent être employés à l’endroit parce que tel est leur usage normal, ou leur position normale; mais on peut physiquement les mettre à l’envers ». Seul le temps est donc rigoureusement irréversible. le temps ne peut être mis à l’envers, le temps ne peut être forcé. On peut toujours s’exclamer comme le poète Lamartine dans le Lac : « O temps, suspends ton vol!« . Ceci n’est qu’un vœu, pas un désir qui peut se réaliser. Comme le précise Jankélévitch : « Le temps nous impose la direction à suivre », mais ce que nous croiserons dans cette direction, nous ne pouvons le savoir précisément.
Quatrième argument : Ce qui montre aussi que l’avenir n’est pas entièrement perceptible, c’est que chaque dimension du temps est visé par une de nos facultés. j’ai accès au passé par la mémoire, le futur est envisagé grâce à l’imagination et le présent est vécu vivement grâce aux perceptions. Or, j’ai beau imaginé mon avenir, ce que j’imaginerais ne sera jamais aussi intense que le moment réel quand je le vivrais. Ma représentation du futur sera toujours en-deçà de la réalité de ce futur quand il sera présent. Car le présent est ressenti à la fois par le corps et l’esprit, et pas seulement par l’esprit comme le futur. Par exemple, une douleur imaginée ne peut pas être de la même acuité qu’une douleur ressentie concrètement dans le présent par le biais de mes perceptions.
Cinquième argument : Par ailleurs, du fait que le temps s’écoule et ne peut être accéléré ou ralenti, il y a dans le fait de vivre, une attente irréductible qui produit en elle-même de l’imprévisible. On ne peut donc se représenter de ce que l’on fera demain que ce qui est général, « la configuration extérieure de l’acte » (Bergson). Dans ma prévision m’échappera toujours la future teneur intime de mon être. Comme le précise Bergson dans son article « le possible et le réel » dans son ouvrage la Pensée et le Mouvant : « La réalisation apporte avec elle un imprévisible rien qui change tout« . Par exemple, si je dois me rendre à une réunion de travail, je sais quelles personnes je vais rencontrer, dans quelle salle et à quel moment, la réunion se déroulera et de quel problème il sera sujet. Mais rajoute Bergson : « Qu’elles viennent, s’assoient et causent comme je m’y attendais: l’ensemble me donne une impression unique et neuve ». Toutes nos prévisions ne peuvent nous fournir à l’avance l’originalité du moment qui va s’accomplir. La vie contient en elle-même une dose d’imprévisibilité inaliénable. Pourquoi ? Parce que la vie se déroule selon une durée, durée qui fait que tout n’est pas donné d’un coup (au contraire, en science je peux en esprit concevoir une éclipse qui aura lieu dans quelques centaines d’années). Et comme tout n’est pas donné d’un coup, au moment où les choses se font, il y a toujours un décalage entre ce que j’ai pensé et ce qui est là maintenant sous mes yeux. Par contre, pour les corps inanimés et inorganisés, « le présent ne contient rien de plus que le passé, et ce qu’on trouve dans l’effet était déjà dans sa cause ». La durée modifie la conscience bien plus que les choses; c’est pour cette raison aussi que le futur est en partie imprévisible. La science économise l’attente, escamote la durée en anticipant ainsi sur l’événement. Dans la vie, par contre, les êtres conscients ne peuvent faire l’économie de l’attente. Aussi Bergson dans Essai sur les Données Immédiates de la Conscience remarque que s’il veut boire un verre d’eau sucrée, il faut qu’il attende que le sucre soit dissous dans l’eau. La durée est incompressible, et l’attente est une des obligations de la vie. Parce que la durée est incompressible, Bergson constate que « ce que je penserais et éprouverais en exécutant l’action prévue, je n’en puis rien savoir aujourd’hui, parce que mon état d’âme comprendra demain tout ce que j’aurai vécu jusque là, donc, en outre, ce que j’aurai vécu jusque là, et en outre, ce qu’y ajoutera ce moment particulier ». De ce fait, le futur est en partie imprévisible.
Troisième Partie: Qu'est-ce donc qui est certain dans l'avenir ? Que puis-je me représenter certainement ?
Premier argument : L’avenir nous est en grande partie inconnu, mais il arrivera sûrement; il est à la fois nécessaire et contingent (ce qui est paradoxal). Que l’avenir soit contingent et nécessaire en même temps, c’est ce qu’a montré Aristote, dans De l’Interprétation, chapitre 9, dans un passage célèbre appelé « des futurs contingents ». Le futur est nécessaire, nous dit Aristote, il sera un jour. Mais ce que contiendra ce futur, voilà qui est contingent. Aristote donne l’exemple d’une bataille navale qui doit avoir lieu demain entre les grecs et les macédoniens contre un autre peuple. Aristote ne sait pas si la bataille aura lieu le lendemain mais « qu’il y ait une bataille ou qu’il n’y en ait pas demain, voilà qui est nécessaire ». Autrement dit, ce qui est nécessaire, c’est la contingence; ce qui est nécessaire c’est justement ce qui n’est pas nécessaire.
Deuxième argument : Par ailleurs, ce qui est certain dans notre avenir, c’est la mort. Du fait de cette certitude de la mort, du fait de la conscience de notre finitude, nous ressentons avec le temps qui passe le sentiment de nostalgie. La nostalgie, c’est souvent le regret des premières fois, le regret de l’enfance, c’est une sorte de jouissance douloureuse. C’est pourquoi l’ouvrage d’Amélie Nothomb intitulé la Nostalgie Heureuse est un titre paradoxal car en général, les souvenirs entraînent plus d’amertume que de plaisir, puisque le temps qui est passé ne se rattrape pas. Par exemple, si je repense à un amour impossible dans ma jeunesse, il ne peut en naître qu’une douleur du cœur, un ensemble de souvenirs joyeux et navrants. Il y a quelque chose en nous qui ne se console pas avec le temps qui passe, c’est ce qu’on appelle le chagrin. À la limite, les seuls individus qui pourraient se targuer d’avoir rempli le temps, ce sont les gens qui ont vécu le vrai amour, mais il est rare ! Et c’est pourquoi pour la plupart d’entre nous, le temps qui passe est comme un ciel qui s’assombrit de plus en plus, avec la venue de la nuit, de l’approche de la mort.
Troisième argument : Or, que l’avenir soit indéterminé suscite à la fois angoisse et espérance. Angoisse face à l’inconnu, et espérance en même temps, car pour espérer, il faut justement un horizon indéterminé. Que l’homme ne puisse tout connaître de son avenir est à la fois effrayant et encourageant. L’avenir, en partie indéterminé, cela est lié à notre libre arbitre. Si « tout était tracé d’avance » dans la vie, quel ennui, ce serait. Ce qui fait que la vie est passionnante, c’est justement le pouvoir qu’a l’être humain d’inventer sa vie. Pour nous montrer ceci, Diderot dans Éléments de Physiologie a recours à un raisonnement par l’absurde : il imagine que l’Humanité découvre que dans mille ans, une planète coupera l’orbe terrestre et qu’il en résultera une collision cosmique. Que se passera t-il donc pour une Humanité alors dépourvue d’avenir ?! Pour Diderot, voilà la conséquence : « La langueur s’emparera de tous les travaux, plus d’ambition, plus de monuments, plus de poètes, plus d’historiens, et peut-être même plus de guerriers, ni de guerres. Chacun cultivera son jardin, et plantera ses choux. Sans nous en douter, nous marchons tous à l’éternité« . Par exemple, quand une femme porte un enfant, elle prend normalement conscience qu’elle porte l’avenir de son espèce, et qu’en quelque sorte elle accomplit son devoir du point de vue de l’espèce. La mère imagine l’avenir de son enfant, elle projette ses rêves dans le futur en germe qui se tisse en elle.
L’être humain normal de toute façon est plus attiré vers l’avenir que vers le passé. Un attachement irrémédiable au passé est de l’ordre du pathogène, car on ne peut plus modifier le passé; alors que le futur est toujours à construire. La possibilité de changement est dans la direction de l’avenir, l’avenir est le lieu temporel de la liberté. la liberté est en avant, pas derrière nous.
Quatrième argument : Mais il semblerait aussi que l’on puisse connaître l’avenir à partir des choix existentiels que l’on fait, c’est ce qu’on appelle la destinée. La destinée n’est pas à confondre avec le Destin. Le Destin est un sort sur l’avenir que l’on ne saurait éviter quand bien même on ferait tous les efforts pour ne pas qu’il se réalise. Le Destin a ceci de terrible qu’on ne peut y échapper, ce qui fait que les gens qui y croient sont des fatalistes, comme on le voit dans l’islam, où quand une personne est décédée, on dit que « Dieu l’a rappelé à lui, paix à son âme ». La croyance au Destin est donc problématique puisqu’elle entraîne un abandon au sort. Mais il est évident que quand on fait des choix importants dans la vie, cela entraîne immanquablement des conséquences sur notre avenir. Quand on parle de choix importants ici, nous parlons bien sur de choix décisifs, existentiels (pas de petits choix sans grande importance comme choisir entre un pain au chocolat et un croissant au petit déjeuner !) Par exemple, faire des études dans tel ou tel domaine, se marier avec telle personne ou être homosexuel. Voilà des choix existentiels qui impliquent forcément des conséquences majeures pour notre avenir et notre chemin de vie, et qu’à partir de ces choix arrivent immanquablement d’autres conséquences logiques et même astra-logiques ! Reprenons un exemple antérieur, je me marie avec telle personne, il en découle normalement une progéniture où se mélangent deux souches génétiques. Si j’ai les cheveux et les yeux clairs, et mon partenaire aussi, il en résultera sûrement des enfants de type occidental marqué. Cela est aussi certain que 2 + 2 = 4. Autre exemple, si je vais travailler dans tel ou tel endroit; il est aussi logique et même astralogique que je rencontre telle ou telle personne et que je sympathise ou non avec elle. Il est fatal même de faire certaines rencontres, une fois qu’on s’est engagé dans telle ou telle direction, et il ne peut en être autrement (à partir de certaines données qui sont dans mon présent). Certains choix entraînent certaines conséquences de manière immanquable. À partir d’un certain tournant que nous prenons dans notre vie, nous bifurquons sur telle ou telle contrée et abandonnons telle ou telle autre direction. Ces embranchements de direction avant chaque grande décision capitale de notre vie, c’est ce qu’on appelle la Destinée. Nous avons en grande partie le choix de notre vie, nous avons une Destinée et pas un Destin.
Cinquième argument : Mais on peut également connaître l’avenir par des présages ou ce qu’on appelle des signes. Et c’est à la résonance dans notre cœur à certains signes que nous sentons que nous rencontrons notre Destinée. Dans l’histoire de l’Humanité, on nous dit aussi que dans l’Antiquité, les Anciens croyaient aux Augures. Ainsi paraît-il que pour César, la veille de son assassinat, les oiseaux de diverses races avaient déchiqueté un roitelet; ses chevaux , consacrés au fleuve Rubicon, ne mangeaient plus et pleuraient abondamment. Se moquant de ces divers signes et abandonnant toute crainte superstitieuse et velléité de sentiment religieux,César alla quand même au sénat où il se fit assassiné. Alors, Oui parfois la superstition est comme une Horreur sacrée et une sorte de sixième sens. Oui, on sent par intuition sa destinée quand le monde nous paraît tellement beau et magnifique que l’on éprouve un sentiment quasi mystique de son existence, cela a quelque chose à voir avec le religieux tellement cela nous dépasse et nous submerge. C’est comme si notre Moi le plus profond rentrait directement en contact, en résonance avec les lois occultes de l’univers. Mais cela est exceptionnel, cela ne m’est arrivé qu’une fois et j’y repense comme à un moment merveilleux, et comme détaché du déroulement du temps, ce souvenir me ramène à un instant d’éternité, de plénitude et en même temps d’étonnement et de sidération, comme un grand Oui à la vie et à ce qui m’attendais et auquel je ne me doutais pas encore. C’est un peu comme dans cette chanson de Nadiya intitulée Signes : « Que te dit ton cœur, lui qui ne demande qu’à voir, au-delà des leurres et des fruits du hasard »… »Il suffit de croire…Observe les présages qui jalonnent ton chemin… » Il ne s’agit pas d’être superstitieux, ou de tomber dans un délire d’interprétation du monde, mais d’être attentif aux signes de notre Destinée : « Certaines vérités empruntent de singulières voix ». Il suffit d’écouter son Moi, sa voix intérieure pour rentrer en résonance avec la grande voix de l’Univers.
Sixième argument : Enfin on peut connaître aussi l’avenir par des rêves prémonitoires. Cela est connu d’antique mémoire, comme on le voit dans l’Ancien Testament avec Joseph qui interpréta les rêves du Pharaon et le prévint de sept années de disette à l’avance, de sorte qu’il fit faire des réserves de nourriture en prévision, et évita un désastre à l’Égypte. Évidemment l’interprétation des rêves n’est pas toujours aisée, mais c’est une manière d’accéder à son inconscient et à ses préoccupations les plus personnelles. Les rêves prémonitoires sont assez rares, mais ils existent et il ne faut pas l’ignorer.
Conclusion : On peut donc se représenter l’avenir par des raisonnements, des rêves…mais on ne peut le prévoir de manière détaillée et précise. Toujours est-il que face à la roue de la fortune, il ne faut jamais se vanter devant autrui de faire telle ou telle chose dans son avenir, car c’est d’une prétention illégitime. Ainsi bon nombre de jeunes filles disent plus tard quand je serais mariée avec des enfants … Qu’en savent-elles ?! Qui sont-elles pour se dire sûrement, je serais aimée, je donnerai la vie … Quelle présomption ! Qui peut dire : Le Bonheur m’attend , na na nananère ! Cela est choquant pour quelqu’un de profondément conscient. On ne peut que préparer l’avenir, et prier Dieu qu’il veuille bien nous exaucer . Très jeune, il faut avoir conscience de l’ironie du sort et qu’il ne faut jamais vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué ! En général, plus les gens se vantent de leur futur à l’avance, plus ils déplaisent à la divine Providence. Face à l’avenir, soyons donc courageux, confiants, mais pas présomptueux.