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Attention, il ne s'agit en rien d'un exercice complet ou à recopier bêtement.

 

I/ Oui, nous connaissons mieux le présent que le passé

A) Le présent est présent

Il semble évident que ce que nous vivons actuellement, ce dont nous sommes les témoins directs nous est plus accessible. Le présent se présente. Il n'est que d'ouvrir les yeux pour y assister. Le présent est en outre le seul temps effectivement vécu. Autrement dit, il s'agit de la seule dimension du temps donc nous ayons l'expérience directe.

 

B) Le passé nous échappe, irrémédiablement

A l'inverse, le passé n'est, par définition, déjà plus. Il est en outre indéfini, c'est à dire que, contrairement au présent, qui peut selon l'échelle désigner un instant, quelque temps ou une époque, le passé n'est pas délimité dans le temps. Le passé est avant tout irréalité. Aussi en pouvons-nous pas constater le passé mais seulement tenter de le retrouver. Et où le retrouve t-on ? Nécessairement dans une réflexion présente. C'est-à-dire que, pour convoquer le passé, il faut faire appel à la mémoire, qui est une convocation du passé dans le présent. Elle est littéralement une représentation du passé. Cette mémoire peut être celle des hommes comme celle des traces laissés par le passé.

 

C) La mémoire est faillible et non exhaustive

Qu'il s'agisse de mémoire individuelle ou de mémoire collective, la mémoire en peut jamais tout rappeler. Par le simple fait que nous n'enregistrons pas tout ( ou tout du moins nous n'enregistrons pas tout de manière consciente ), la mémoire en peut représenter qu'un passé pleins de lacunes, d'oublis et de trous. Certains détails en sont pas jugés bons pour la sauvegarde, aussi sont-ils effacés à jamais de la mémoire: il s'agit d'un passé perdu.

 

II/ Non, l'immédiateté du présent empêche que nous en ayons une connaissance aussi élaborée que du passé

A) La connaissance demande du temps

Cependant, ce n'est pas la simple prise de conscience ou la simple observation qui est en question ici mais la connaissance. Or la connaissance est plus qu'une simple constatation et elle exige un certain temps pour s'élaborer. Aussi n'est-il pas étonnant qu'il n'y ait pas de science du présent alors qu'il existe une science du passé: l'histoire.

 

B) Le présent n'autorise aucune réflexivité

D'un point vue de l'histoire, individuelle ou collective, un événement prend très souvent tout son sens en fonction de ses conséquences. Autrement dit, le passé ne se comprend que par le présent ou par un passé moins éloigné. Quand au présent, sa compréhension dépend du futur, et sa connaissance est donc remise à plus tard. La force de l'histoire est de disposer de ce recul vis-à-vos de l'événement.

 

C) Le présent est introuvable

Le propre du présent est de nous échapper. Dès que l'on se demande ce qu'est le temps, on ne sait plus ce qu'il est, alors qu'on estime savoir parfaitement ce qu'il est tant qu'on ne se le demande pas, explique saint Augustin dans ses Confessions. C'est que le temps s'écoule, et qu'il ne peut être arrêté pour l'observation. On peut ici partir de l'impossibilité de déterminer l'instant présent, telle que l'expose Aristote dans La Physique.

 

III/ Il n'y a de connaissance ni du passé, ni du présent

A) La connaissance du passé est toujours une connaissance présente

Le passé n'est toujours qu'un passé du présent puisqu'il n'est que représentation. La connaissance que nous pouvons avoir du passé est une connaissance du présent. Nous pouvons donc dire que dans le présent nous connaissons mieux le passé que le présent.

B) L'histoire est constamment à réviser

Il s'ensuit aussi que la connaissance du passé est dépendante du présent. Elle est non seulement dépendante des moyens dont nous disposons dans le présent pour procéder à des investigations du passé ( et certaines innovations techniques font que nous connaissons mieux une époque que ceux qui l'ont vécue ), mais elle est aussi dépendante des intérêts du présent.

L'histoire est souvent conditionné par les préoccupations d'une époque, quelques notions d'historiographie suffisent à le prouver. En définitive, c'est par la connaissance du passé que s'élabore aussi la compréhension du présent.

 

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