Pour nous, lorsqu'on parle d'art, cela correspond aux beaux arts dont on a fait une classification.
Il y a d'un côté les arts plastiques ou art de l'espace ( ex: sculpture, architecture, peinture ) et puis les arts du temps ( ex: musique, danse, la littérature, le cinéma // photo ). Cette classification est à nuancer, ainsi il y a le théâtre ou encore l'opéra qui sont à la fois dans les arts de l'espace et dans les arts du temps. Enfin, on peut remarquer que l'art contemporain en quelque sorte brise les cadres qui sont en quelque sorte figée. On peut dire que certaines œuvres/installations peuvent être animés. Il y aussi interactivité du public.
Définition de l'art --› L'art est une activité humaine qui produit des œuvres ayant une signification ( une portée ) esthétique.
L'évolution de l'art
- Dans l'Antiquité, l’œuvre d'art et l'objet technique étaient rapprochés. Ils relevaient tout deux de ce que les grecs appelaient la poeisis. ( production/fabrication ). Il y aussi pour le grecs 2 autres types d'activités en plus de la poeisis: la theoria ( activité de contemplation/ spéculation ) et la praxis ( conduite politique, moral ). La poeisis relève de ce que les grecs appellent la techne. ( technique ). La techne c'est ce qui est traduit par ars en latin. Ces deux mots signifient l'art ( le savoir faire ). De ce point de vue, l'objet et œuvre qui sont tout deux des productions artificielles ( par opposition aux réalités naturelles ). Objet et œuvre font la même chose. Il s'agit d'imposer une force à un matériau. Ainsi, le sculpteur donne la forme d'un cheval à de la pierre/marbre ou encore le peinture va donner la forme d'un paysage/portrait d'un matériau de couleur.
Ou encore le musicien va harmoniser un matériau sonore.
- Au Moyen-Age, comme dans l'Antiquité d'ailleurs, ce que nous appelons œuvre d'art avait une fonction/une utilité ainsi on se prosternait devant des statues de saints/déesses.
L’œuvre d'art était le fruit d'une pluralité de personne, il y avait pas encore de noms célèbres. Tout cela va changer progressivement avec la Renaissance d'abord ( Léonard de Vinci, Michel-Ange ).
- Au VIIIème siècle, l'art va vraiment devenir autonome. L'art devient une activité spécifique de l'homme et c'est alors que va naître une discipline qui va s'interroger sur l'art, sa raison d'être, sa démarche --› c'est l'esthétique. C'est à ce moment que va émerger la notion de beaux arts qu'on va rapprocher de la question du beau et de l'art.
Problème: Est- ce que l'art a toujours pour but de produire du beau ?
Si on considère les productions modernes, on voit que ce n'est pas le cas et cela est délibérée de la part de l'artiste. De plus, le mot esthétique introduit une autre dimension. A partir de son étymologie, c'est ce qui renvoie à la sensation. C'est ce qui se donne à percevoir. Autrement dit l'art implique donc à partir de là celui qui reçoit l’œuvre, éprouve des émotions, celui qui émet des jugements sur l’œuvre. A ce point de vue là, nous sommes en droit avec cette autonomie de l'art de faire une distinction entre l'objet technique et l’œuvre d'art. On peut dire que c'est une distinction traditionnel a conserver. Cependant, l'art moderne/contemporaine l'a remet en question.
--› Marcel Duchamp, Fountain ( Mort en 1968 ).
Il est caractéristique d'une sorte de rupture, réorientation de l'art qui brise les règles, on a l'impression qu'il n'y plus de règles. C'est soit la marque d'une liberté soit la fin de l'art.
Face à certaines œuvres de Duchamp et d'autres artistes ultérieurs, on peut être surpris, indifférent et même choquer. Il est vrai que Fountain ne demande pas de travail, il y a eu un changement et ça change tout ( de la fabrique au musée ). Un objet technique est érigée en œuvre d'art. En effet, Duchamp inaugure le mouvement du ready made ( le déjà fait ). Il s'agit là d'un objet quelconque et usuel, détourné de sa fonction. Il s'agit là d'un acte fondateur iconoclaste qui brise les valeurs de certaines images, brise les conventions. Lui-même s'appelle un “anartiste”. Duchamp fait une précision sur le critère du beau: “il faut que l'objet n'est aucune chance de devenir beau, agréable à regard ou laid”.
Cela peut faire écho à un partisan de l'art pour l'art du XIXe --› Théophile Gauthier ( Parnasse ).
Tout ce qui est utile est laid. La beauté de/dans l'art s'affirme par son inutilité.
Par ailleurs, l’œuvre est signée R.Mutt ( nom du fabricant ) --› Mut --› le courage en allemand
Or, en en signant pas de son nom, Duchamp manque de courage.
A partir de ce type d’œuvre, on peut être déconcerté et penser à l'homme qui marche de Rodin, il n'a pas de tête, ne sait pas où il marche. Pour clore cette approche de l'art, on peut citer la formule de Picasso: “ l'art inquiète, la science rassure.”. Si la science rassure, c'est qu'au fond elle apporte des explications et elle permet bien souvent des progrès techniques bienfaiteurs.
L'art contemporain brouille tellement les pistes que parfois lors d'une exposition on se demande si l'objet/l’œuvre fait partie ou non de l'exposition. L'art classique/traditionnel repose souvent sur la représentation d'une réalité est c'est ce qu'on appelle l'art figuratif.
Cela nous renvoie à la thèse classique de l'art comme imitation de la nature.
Il faut entendre l'ensemble de la réalité concrète que l'artiste prend comme modèle.
En ce sens c'est l'art figuratif ( Cf tableau Monet ).
Aristote ( théâtre ) insiste sur la ressemblance comme critère de l'art et il nous parle des dessins d'enfants. L'enfant spontanément va représenter ce qu'il voit, ce qu'il entend, il va même imiter, reproduire. La ressemblance va devenir un critère --› critère de la mimésis --› imitation de la nature.
Que pense Platon de l'art comme mimesis. Dans La République, Platon traite la politique mais il a une vision global de celle-ci. Il va examiné les différents activités humaines. ( celle de l'artiste ).
Platon va prendre l'exemple du lit peint par l'artiste comme une mimesis du lit réel de l'artiste. Le lit réel réalisé par l'artisan, c'est ce que Platon appelle la réalité sensible (ce qui se donne au sens ).
Pour faire sa production/fabrication, l'artisan a du avoir en tête l'idée du lit, son essence, tourné vers sa fonction, vers l'utile. Son esprit vers la nature pour bien faire.
L'artisan se sert de son intellect pour atteindre ici l'être des choses de ce que Platon appelle la réalité intelligible --› intellect. ( l'ensemble des idées qui renvoient à la nature des choses --› essences )
Il y a ici 3 degrés de l'être, que Platon classe hiérarchiquement, on voit d'abord la réalité, ensuite ce qui préside à tout le reste c'est l'intelligible ( l'idée ).
Cela permet d'orienter l'artisan, cela lui permet de construire quelque chose d'utile dans le monde humain. Que fait l'artiste en 3ème lieu. Il se contente d'imiter quelque chose ( le lit ), d'en créer l'apparence, il nous fournit une illusion du lit et en + il n'a pas le savoir de l'artisan.
Platon critique un certain type d'art , celui qui nous fait prendre l'apparence pour la réalité.
Platon critique aussi certains écris comme ceux d'Homère car il développe trop l'imagination, il séduit moins qu'il fait réfléchir.
On trouve ici une dévalorisation de l'image et par la même de l'imagination que l'on trouve aussi ultérieurement chez d'autres penseurs ( ex: Pascal )
--› “ L'imagination est une maîtresse d'erreur et de fausseté”
Il faut alors privilégié la raison. Le monde contemporain/moderne valorise l'image en raison du progrès technologique tout en affirmant/revendiquant la réalité et son image.
Cf tableau de Magritte, “ La trahison des images”
Une pipe est représentée. Sur le tableau est écrit ce n'est pas une pipe ( c'est l'image d'une pipe ).
Si l'art représente quelque chose, es ce que la représentation est reproduction.
Ici, on peut évoqué le peintre Paul Klee. --› “ L'art en reproduit pas le visible, il rend visible”.
Que rend-t-il alors visible ?
C'est ce que suggère le titre d'un ouvrage de Kandinsky, Du spirituel dans l'art.
Il voit dans l'histoire de l'art une évolution vers l'abstraction qui est logique --› le meilleur moyen de nous détacher du réel sensible, de la figuration afin de mieux exprimer l'esprit. L'art peut ainsi révéler sa vrai dimension, l'esprit. L'art est bien le déploiement de l'esprit dans la matière.
Cf texte de Heidegger, L'origine de l’œuvre d'art
Paragraphe 1 et 2: Heidegger évoque des souliers de paysans qui prennent par rapport à leur utilité, leur raison d'être, c'est leur fonctionnalité laquelle varie en fonction des contextes et s'y adapte.
Seulement Heidegger aborde des souliers à travers une œuvre d'art, celle de Van Gogh, qui permet de confronter la réalité et l'art, la dimension de l'utile et de ce que révèle l'art par rapport au réel.
Paragraphe 3: Descriptif et effectue comme un détournement de regard, il nous invite à la contemplation de l’œuvre, à son interprétation à partir d'une représentation simple/sobre se dévoile un monde, celui de la paysanne. On rentre dans un monde à travers un objet simple qu'on regarde pas dans la réalité car dans la réalité on s'occupe surtout de savoir si cette objet est utilisable ou non. La paysanne est aussi tourné vers l'utile. Le monde que dévoile le tableau, elle le vit.
Paragraphe 4: Signification d'une œuvre d'art.
Heidegger nous parle ici de la vérité. Il y aurait donc ici une question de vérité de l'art. Il n'y a pas quand science que la vérité a un sens. L'art nous donne une vérité au sens où l'art dévoile ce qu'on ne voit pas, ce qui est en sommeil. L'art est vérité au sens grec --› aletheia ( vérité )
( letheia --› sommeil, engourdissement )
Même dans l'art figuratif, l'art n'est pas simple mimesis mais dévoilement. Il fait voir au fond la vérité ( aletheia ) des choses. L'art fait donc apparaître ce que l'on voit pas dans le monde ordinaire ou plutôt dans un rapport ordinaire au monde. C'est en cela qu'il créer un autre monde, nous permet de le voir autrement comme une sorte de transformation/transfiguration du banal.
L'artiste fait voir, fait percevoir. Quand n'est-il alors de cette perception ?
D'abord, c'est le récepteur qui actualise l’œuvre. La réception achève la dynamique de la création.
Duchamp --› “ ce sont les regardeurs qui font le tableau”
La vrai perception d'une œuvre n'est pas une perception passive. Elle doit être une expérience vécut --› Être réceptif
Une modification de soi-même pour un temps, on peut se trouver changer et c'est là le mérite d'institution comme le musée, la salle de concert ou encore le théâtre.
Ceci préparent l'attention, cela incite à prendre le temps par opposition à un temps habituel qui nous accapare.
C'est ce que les grecs appellent la skholé qu'on traduit par loisir, scolaire, école.
A travers cette perception, communication, je sais qu'il y a une signification, une intentionnalité de l'artiste. Il y a déjà là comme 1ère communication par la médiation de l’œuvre.
Même si je en connais pas l'artiste, même si il est mort.
Il y a donc signification, on parle parfois de message de l'artiste, de langage.
Ma compréhension de l’œuvre peut être en décalage avec l'intention de l'artiste car d'une part il n'y jamais total transparence de l’œuvre. En plus, cela permet la multiplicité des regards, des perceptions, cela permet la diversité des points de vue.
Cf --› Dalbanie, Colors
“ Chaque personnes trouvent sa propre signification dans la musique. Je ne veux pas que le public comprenne ce que je voulais faire pour moi. S'il trouvent un sens différent, je suis heureux”.
En effet, une seconde réception: une communication entre les récepteurs, ainsi la multiplicité des expériences esthétiques permet débat, échange, argumentation et par la même, élargissement de l'esprit. Grâce à l'art peut se créer un public.