Il s'agit de la confrontation de 2 notions : existence et temps. Attention au découpage excessif. Dans chaque partie, confronter les 2 notions.
Problématique : Es-ce que dans notre existence nous subissons le temps ou pouvons nous en être maître ?
Introduction: Le temps est pour l'homme une dimension qui suscite de l'intérêt. Il y a des machines à remonter le temps dans la science fiction, films d'anticipation. Ce qui existe pour nous existe dans le temps. On parle de l'usure du temps, les choses se détériorent, le corps vieillit mais en même temps, on répare un objet, on restaure une œuvre d'art, on se fait un lifting/mythe de l'éternel jeunesse.
Idée d'un humain augmenté : post-humanisme. L'humain est réparé par la technique ( cœur artificiel, membres robotiques etc ) qui reculerait la mort et donc le temps. Il y a donc un temps irréversible, dont le cours inéluctable nous domine. Le temps est-il une réalité extérieure à moi qui ne dépend de moi ou une dimension que je dois m'approprier donc je dois devenir maître.
I/ Oui, exister = subir le temps
C'est l'homme qui se préoccupe du temps = attitude de soumission.
Existence = distinction des sens. Il faut se méfier de ma confusion être et exister. ( essence ): ess = être = nature
C'est ce qui s'oppose au changement, au devenir lequel est dans le temps.
→ Platon, l'être au chose a plus de valeur, plus de réalité que les choses particulières qui existent concrètement → point de vue savoir / science. Mais, dans l'ordre de l'existence, ce qui nous intéresse, ce sont les choses particulières, singulières.
Ex → il est intéressant au point de vue du syllogisme que Socrate est mortel.
Ce qui nous intéresse plus particulièrement, c'est de connaître Socrate, ce qu'il a fait de sa vue, pourquoi il est mort. D'où l'idée sartrienne, l'essence de l'homme c'est son existence. L'homme n'est donc pas n'importe quel réalité. Sentiment de ne pas exister vis à vis d'autrui. Dés lors, exister pour l'homme c'est d'abord être maître dans le temps.
L'existence est conditionnée par le temps, contingent ( ce qui peut être autrement ). On aurait pu ne pas naître.
Cela s'oppose ici à l'éternité, qualité qu'on attribue à Dieu.
Spontanément, pour nous, le temps est linéaire, on ne peut revenir en arrière, ce qui est fait est fait, ce qui est passé, s'est passé. Le temps passe et nous n'en sommes pas maître. Ainsi, le temps nous paraît extérieur, nous en subissons les effets contre notre volonté. Le temps est-il si extérieur que cela.
II/ L'émergence d'un temps subjectif ( différent du temps social )
Nous structurons le temps à travers 3 dimensions: passé, présent, futur
Cf Saint Augustin se tourne sur la question du temps → il est très difficile de saisir la nature du temps à travers ces trois dimensions.
Le passé → si rien ne c'était passé, il n'y aurait pas de passé : le passé n'est plus.
Le futur → on peut le projeter mais n'y est pas encore
Le présent → immédiatement n'est plus.
L'instant → il vole si rapidement entre le passé et le futur, qu'il n'y a aucune limite.
Il y a quand même une solution. Facultés humaines → mémoire, imagination, attention
( passé ) ( futur ) ( présent )
L'homme fait être le temps.
Bergson → distinguer un temps objectif ( extérieur à nous mais construit par l'homme ) et un temps vécu, subjectif → durée.
→ C'est une continuité interrompu comme une mélodie. A la fois subjectif et qualitatif.
Ex : 2 personnes vont voir le même film. Un va trouver le temps long, l'autre va trouver le temps court. En fonction de l'ennui, état d'esprit. On peut prendre son temps / perdre son temps Temps subjectif → dépend de moi.
Le temps comme durée n'est pas subit mais vécu mais fait corps avec moi, avec mon existence. L'homme est aussi conduit à organiser, structurer, découper le temps → ex : montre, horloge
Rapport au temps renvoie au monde extérieur social → à la coexistence et l'harmonie
Organisation du temps → efficacité → dimension pragmatique
On pourrait penser que l'on maîtrise le temps mais notre société nous accorde beaucoup trop d'importance à la rentabilité performance → contrairement. Cela devient comme une habitude, seconde nature. Peut être est-on aliéné à ce système. On retrouve là, le cours sur le travail. Il y a danger d'un temps social exclusif. Le critère de la performance, efficacité gagne toute notre vie et pas simplement le temps de travail.
Il faut se méfier de ne pas devenir l'homme pressé de Paul Morand. Pour cette homme, perdre du temps et perdre son temps sont identiques. Bien distinguer ces 2 rythmes temporels → temps social et temps subjectif car il s'agit d'être acteur de son existence et ne pas simplement un jeu/rôle social.
III/ Sénèque → « un homme qui prétend ne jamais perdre son temps, ne cesse de le perdre, il n'existe pas au sens d'une vie accomplie »
Sénèque est un Stoïcien précepteur de Néron
L'homme affairé fuit sans doute quelque chose, lui-même, l'ennui, la peur d'être confronté à lui-même ( Cf Pascal, cours travail ). L'affairement est un divertissement pour fuir la finitude/mort → vie inscrite dans la mort.
Avoir des choses à faire dont le paroxysme est aliénant → répondre à l'absurdité de l'existence. Aussi à la fois pénible d'avoir le sentiment de n'avoir rien fait pendant une journée.
Si l'homme est un être vivant, il a conscience de sa finitude, de la brièveté de la vie car il y a contingence de l'existence.
→ qui peut rendre le temps qui passe pesant
→ donne sens à mon existence
Faut-il vivre comme si nous ne devions jamais mourir. Le sens commun répondra sans doute oui en vivant dans le divertissement.
Un stoïcien répondra sans doute non, il faut accepter des choses, la mort, la réalité. Le sage, l'homme réfléchi ne doit pas penser à la mort ( Spinoza ).
Il faut distinguer une vie biologique qui m'est donné de l'existence.
Latin → existéré → sortir de soi, se projeter.
Sartre → C'est à moi de choisir qui je veux être
Déréliction → abandonner à soi-même.
Conclusion → Exister ce n'est pas subir le temps mais c'est ce vouloir, chercher à être en accord avec soi-même.
Cf Nietzsche, Gai Savoir → « Veux-tu, le reveux-tu , une fois, toujours, à l'infini » → éternel retour qui défie un temps irréversible.