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Cours 2

Spontanément, objet d'art (beauté, contemplation, création d'un artiste) différent d'objet d'usage/ choses naturelles (utilité fabrication, création d'un artisan). Toutefois, au XXème siècle, tout peut être beau même le plus quotidien des objets. Exemple du ready made: Tête de taureau de Picasso, Oiseau en vol de Brancusi, Fountaine de Duchamp et Brillo de Wharol. Chaque objet utile sont perçu comme beau --› Art décoratif --› M. Brandt

Qu'est-ce que l'art? Ces critères? Est-ce que c'est la matière? La forme? Le but? L'auteur? L'institution? Le sens qu'elle véhicule? Qu'est-ce qui fait donc la différence des boîtes de Brillo dans les supermarchés et celle qui sont dans un musée?

 

I/ Les œuvres d'arts sont des réalités à part ( création/réception )

Fonction / utilité: Spécificité d'une Oeuvre d'art --› Immortelle / inutile

Condition de l'homme moderne, Hannah Arendt:«Le monde n'est pas identique à la terre ou la nature en tant que cadre du mouvement des hommes et condition générale de la vie» Lié au production humaine ainsi qu'au relation qui existe entre les habitants de ce monde fait par l'homme.--› Relation humaine --› de notre corps (Animal laborans)

A l'intérieur des production, il faut distingué celle que relève du travail et de l’œuvre.

Le monde ( --› la partie non mortel ) est le produit de l'Homo faber --› de nos mains

Caractérisé par la stabilité ( --› garanti par la durée des œuvres ) , la permanence. Permet de faire la différence entre monde et vie. Le travail --› conservation de la vie --› besoin --› éphémère des produits de travail. Lieu travail --› vie/nature. La vie dure tant que le travail dure ( cycle de travail --› cycle de la vie ). Finalité de la vie --› la vie elle-même ( résister à la mort )

Finalité du travail: sa propre possibilité, se fait dans l'obscurité de la vie privé, privé d'un réel rapport à autrui.

Stabilité biologique, psychique, temporelle. Œuvre --› point de repérage

Monde différent de la vie/terre/nature

--› objet fabriqué --› homme --› Animal Laborans ( instabilité/changement )

--› homme --› Homo faber ( stabilité/permanence )

Cette instabilité est biologique et psychologique . Les œuvres servent de point de repère par rapport à cette instabilité de notre intériorité. Stabilité biologique --› stabilité du monde. Le monde des objets fabriqués soumis à l'usure --› érosion du monde

Objet d'usage pris dans un cycle --› condamné à disparaître. Œuvre échappe à l'érosion. Le monde a besoin des œuvres d'arts qui échappent au processus de consommation --› immortelles. Assure à l'homme une existence stable, linéaire. L’œuvre d'Art transcende. Dépositaire d'un sens. Conserver une trace de l'existence humaine. L’œuvre d'art fait apparaître le soucis des hommes --› œuvre de la pensée, manifestation de celle-ci. Le modèle de l'Oeuvre d'art --› fixer action/parole

Pérennise ce qui est partagé. Œuvre d'art --› lien entre les générations. Au sein du monde que l'histoire se déroule mais c'est au sein des œuvres qu'elle demeure.

 

B/ Argument / création différent de production/technique

L’œuvre d'art est le résultat d'une création artistique, manque au technicien ou artisan ce qui caractérise l'artiste --› le génie. Cf Kant, Critique de la Faculté de Juger

Le génie est une forme de talent, c'est à dire un don naturel par lequel ceux qui en sont doué parviennent à créer des œuvres qui sont à la fois original (qui ne sont pas des imitations) et exemplaire c'est à dire manifestant d'une perfection qui l'a rend digne d'être imiter, être un modèle. Le génie suppose l'originalité, innovation, quelque chose de jamais fait, œuvre inédite, unique. Problème de reconnaissance --› posthume --› en rupture avec son époque.

L'originalité pouvant être sans valeur. Il faut distinguer une originalité absurde et une originalité exemplaire --› digne d'être imité. Génie --› référence génération futur, fait école.

Le talent --› non seulement il est inexplicable, intransmissible . Il y a une obscurité du génie, une certaine abscondité. Il ne sait comment il fait, ce qu'il fait. Son œuvre lui échappe en partie. Cf Picasso «Je ne cherche pas, je trouve». La nature s'exprime lui-même. «C'est la nature qui donne ses règles à l'art». Différence artisan / technicien --› celui qui applique les règles

La notion de génie n'est pertinente que pour les Beaux-Arts. Ex: Flaubert: «Ce qui me semble, ce que je voudrais faire, c'est un livre sur rien qui ne tiendrait de lui-même, par la force interne de son style». Il innove par rapport aux auteurs antérieurs, le style prend le dessus sur le tout le reste et l'écriture n'est plus seulement un moyen d'exprimer quelque chose.

 

C) Argument de jugement / de réception

L’œuvre d'art dépend du jugement/goût du public. Cf Hannah Arendt. Critique de la conception bourgeoise de l'art: ascension social, idée de perfection personnelle, l'éducation est un problème. Désintégration de la culture ( mépris de l'objet culturel ). Objet comme marchandise. Différence entre diffusion de masse et culture de masse ( c'est à dire une modification de la nature )

Cf Kant, Critique de la faculté de Juger

Œuvre d'art: expérience particulière --› sensible et intellectuelle

Sensible --› matérialité dans l’œuvre qui affecte notre sensibilité --› sentiment de plaisir

Intellectuelle --› le plaisir que procure l’œuvre différent du désir / du besoin

Beau différent de l'agréable / de l'utile. L'appréciation d'une œuvre d'art ne se réduit pas à un simple plaisir subjectif, sensible qui serait individuelle. Beauté qui ne se réduit pas au goût de chacun. Esthétique --› recul par rapport à elle. Paradoxe du jugement de goût --› subjectif, fait intervenir la sensibilité. Universalité du beau. Ce jugement prétend à une validité universelle. Confusion beau et agréable --› explique l'opinion --› subjectif. Agréable --› expérience sensible, personnelle et particulière. Plaisir --› déclenché par l'effet matérielle de l'objet sur moi, dépend de la présence de l'objet. L'Agréable ne caractérise par un objet mais une sensation subjectif, particulière et relative. Pour qu'une discussion soit possible, il faudrait qu'on parle de la même chose mais chacun à une expérience différente. Une discussion suppose argument logique mais la sensation n'a pas de logique. En matière d'agréable, on peut jamais universalisé son jugement --› on ne peut pas prétendre que ce qui vaut pour moi est aussi valable pour les autres. Celui qui prétend avoir du goût, ça serait ridicule de dire qu'il est beau pour moi. Avoir du goût --› jugement ayant une portée plus large que notre propre expérience. Le jugement sur le beau --› subjectif mais dépasse la subjectivité. Prétend valoir pour tous les autres sujets. Ne dit pas qu'il y a des jugements esthétiques universelle ni que le beau existe en soi. Si on utilise le terme de beau, c'est qu'on croit à sa portée universelle. Le jugement de goût ( = jugement réfléchissant ) différent du jugement de connaissance (= jugement déterminant ). Ce n'est pas un concept du beau, qui permettrait de reconnaître les belles choses. Cette universalité du beau --› exigence, non un fait. Si je peut pas le montrer--›je réclame son assentiment --› jugement de goût subjectif --› impersonnelle (ex: calcul) et personnel (-› sensation). Le jugement esthétique par rapport au jugement de goût n'est pas une question de sensation et pourtant elle est subjectif. Le beau --› représentation --› image dénué d'affection. Choses physiques --› sensations. Image --› représentation . Le fait de prendre l'objet comme une image, abstraction sensation --› « c'est beau ». Rend possible le jugement. « L'art n'est pas le représentation d'une belle chose mais c'est la belle représentation d'une chose ». Une chose peut ne pas être belle, c'est son image qui est belle pour moi. Prendre du recul/distance. Aucune chose n'est belle --› toute image est belle

Conclusion --› Le jugement de goût (faculté de juger le beau) ressemble à ce que relègue le désir («c'est beau») mais pourtant c'est différent, il s'en distingue. Quand j'éprouve le sentiment de la beauté, je ne désire pas, je ne délecte pas de sa pure apparence. Le beau permet de nous oublier. Elle marque une trêve dans nos désirs/besoins.

 

II/ L’œuvre d'art est une simple variété des productions techniques

Art comme artisanat -›production -›poesis. Homme qui travaille la matière -›savoir faire/ technique. Artiste/Artisan ( --› soumis à la matière, à une temporalité) différent du rêveur. Il y a œuvre d'art --› résistance à la matière --› matériaux qu'on doit savoir travailler. Cf Aristote : «l'art imite la nature» différent de copier les formes. Les êtres naturels se transforment si la matière s'y prête. De même, l'artiste peut modifier la matière s'il respecte certaines conditions. Il faut se défaire du mythe du génie --› inspiration --› créer des œuvres sans peine.

 

A/ Le culte du génie par vanité --› rassure les hommes

Amour-propre --› forme de ressentiment et d'estime de soi --› auto-satisfaction ( se satisfaire soi )

Vanité: origine du culte du génie --› don naturel (miracle) --› Mystification ( tromperie )

Génie: Loin de nous pour ne pas être blessé par lui, Faiblesse: évidente // Génie --› œuvre du travail.

 

1ère partie --› 1ère phrase --› refuse la définition des Beaux-arts comme art du génie. Ça concerne pas seulement l'art mais aussi la technique, science et stratégie: extension du génie

2ème phrase --› critères dans une direction unique: 1er critère: Tant qu'il n'a pas trouvé ce qu'il cherche, il doit continué. Engagement total de la pensée. 2ème critère: Toute mobilité pour atteindre son but. Le génie va composer, combiner différents matériaux. 3ème critère: Observateur ayant un sens aiguë de l'observation: travail/ technique/ persévérance. On commence par quelque chose de petit avant de s'attaquer à quelque chose de grand.

2ème partie: Nietzsche, Généalogie ( de notre croyance au génie ). Questionne l’idolâtrie du génie --› notre volonté de croire. On parle du génie devant des œuvres avec notre admiration/ émerveillement/ plaisir --› ne veut pas être gâcher par un sentiment négatif --› envie/jalousie

Pour ne pas gâcher le plaisir, on invoque une attitude surnaturelle /divine.

3ème partie: Admiration de l'art lorsque celui-ci est achevé. Travail/Genèse occulté --› combinaison (ratés, erreurs, essais) --› fond la grandeur. Boileau, Art poétique: «20 fois sur le métier, remettez votre ouvrage. Polissez le sans cesse et le repolissez. Ajoutez quelque fois et souvent effacé». L’œuvre d'art est le résultat d'un devenir, d'intrigue, d'une sélection. Impossible de faire l'économie des étapes. (moins de génie chez les savants)

Conclusion--›L'artiste n'est pas le génie mais l'énergie/passion à laquelle il produit--› détermination, intransigeance de sa volonté. L'artiste doit être sévère avec lui-même qui lui permet d'exercer son jugement (goût). Les critères kantiens (originalité /exemplarité) ne sont pas remisent en cause mais ces critères ne s'expliquent pas par une nature (un don) mais par un devenir (lequel suppose travail, passion...). La différence entre artiste/artisan peu évidente car l'art suppose acquisition technique --› travail. «1% d'inspiration, 99% de travail».

 

B) L'insuffisance du jugement de goût --› faculté de juger le beau

Il n'existe pas de définition du beau artistique. La beauté des œuvres d'arts n'est pas différente du beau en général --› choses naturels, objets d'usage. Le beau est indifféremment naturel ou artistique.

Le jugement du goût ne parvient pas à spécifier l’œuvre d'art. De plus, le beau est mêlé à l'agréable/l’excellence. Le plaisir d'une œuvre/ l'effet d'une œuvre sur nous ne provient pas de sa beauté mais de son importance à une classe social. Bourdieu, La distinction: «Sens commun esthétique», Appréciation selon l'éducation, culture. Le goût acquis et sociale:fonction importante. Prétexte de distinction sociale. Instrument d'une classe sociale dominante pour asseoir sa domination. Une œuvre d'art /objet d'usage peuvent être jugé beau. L’œuvre d'art peut avoir une fonction mais la différence est que l'objet d'usage s'épuise dans cette fonction et ne représente rien et n'exprime rien. Toute la différence avec une œuvre d'art qui nous dit quelque chose --› énigme/mystère. Elles ne sont pas seulement des belles choses.

 

III/ Les œuvres d'arts sont des représentations et des expressions

L’œuvre d'art se distingue des autres réalités. Joue comme des signes --› or la structure du signe renvoie au réel qui renvoie au sens.

Représentation --› rendre présent sous une forme sensible quelque chose d'objectif extérieur à nous que cette chose existe ou non, qu'elle soit sensible ou non. Expression --› faire connaître par des signes sensible quelque chose qui n'est pas sensible, qui reste subjectif. Quelque chose de vécu, qui se voit pas. Œuvre d'art --› représenterait le monde extérieur et exprime quelque chose d'intérieur. Expression --› interprétation. Es-ce que les Œuvres d'Arts peuvent représenter sans rien exprimer ? Es-ce que les Œuvres d'Arts peuvent exprimer sans rien représenter ?

 

Représenter le réel --› copier/imiter (Cf texte d'Hegel, Esthétique: Critique de l'art comme imitation)

Si il y a un sens dans l’œuvre, elle repose sur quelque chose d'autre que l'imitation. On ne va pas au delà de l'apparence/réel. C'est en déformant la réalité qu'on va rendre la réalité. On peut pas représenter la nature de manière réel. L'imitation ne permet pas de représenter la nature de manière vivante. On n'a pas affaire à une réalité vivante --› simulacre. Il faut aller au-delà des apparences voir contre-elle. Paradoxale. C'est en donnant à la chose des apparences, qu'elle n'a pas dans la réalité qu'on la rend vivante.

Giocometti, le marcheur, Ce n'est pas une copie fidèle de la réalité.

Caricature --› déformation des traits --› on se rend compte de la chose --› mieux rendre le réel

Zeuxis, les raisons “Art que pour les pigeons”.

Hegel --› art qui se contenterait d'imiter --› vouer à l'échec

 

Conclusion --› C'est pas en imitant les apparences qu'on représente mieux le réel mais en exprimant la manière de le voir. L’œuvre d'art objective notre perception des choses. Ce qui est subjectif dans l'art --› vision. La vérité d'une œuvre d'art, se donner une représentation des choses et non pas une réplique de la chose. Expression non purement subjective --› fantaisiste/arbitraire. Nous arrache du réel pour la rendre plus vraie. ( Cf Le coq de Picasso ). Fait voir l'invisible. Le sens auquel renvoie l’œuvre d'art n'est pas seulement a retrouver dans l’œuvre mais à constituer dans le présent de la perception. Elle se constitue de celui qui regarder l’œuvre. L’œuvre d'art est une médiation entre l'artiste et le spectateur. --› rend contemporain ( --› être présent à ) ce qu'elle représente. Cf texte d'Arthur Danto, “Le monde de l'art”, Différent de la matière/ forme. Ce qui caractérise l’œuvre d'art c'est la construction interprétative --› c'est l'importance qui transfigure le banal, l'ordinaire en œuvre d'art. Cette transformation dépend d'un contexte culturel favorable.

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