Leçon n°2 --› «Médias et opinion publique dans les grandes crises politiques en France depuis l'Affaire Dreyfus (1895 à nos jours) »
L'opinion publique correspond à l'ensemble des sentiments et des jugements partagés et exprimés par une société. Elle s'est développé en France depuis le XIXe siècle, avec les progrès de l'alphabétisation (lois scolaires Ferry: 1881/1882), avec la diffusion des journaux, permise par la liberté de la presse (1881), et grâce au développement de la démocratie (suffrage universel masculin (1848) et suffrage universel intégral (1944) ) .
Les médias désignent tout moyen de diffusion ou naturel (comme le langage, l'écriture, l'affiche) ou technique (comme la radio, la télé, le cinéma, Internet), permettant la communication d'information.
Au XXe siècle, on assiste à l'essor des médias de masse qui sont venus s'ajouter à la presse écrite puis illustrée. Il s'agit de la radio et du cinéma, puis de la télé et d'internet.
Crise politique: phase grave dans l'évolution de la situation politique d'un État: elle entraîne des grèves, des manifestations, des mouvements sociaux, des émeutes, ou «situation plus critique», une révolte ou une guerre civile.
La montée en puissance et la diversification des médias depuis le début du XXe siècle ont permis de mieux refléter l'opinion publique, voire de l'influencer, notamment lors des crises politiques.
Les médias ont joué un rôle dans les crises politiques en France, de l'Affaire Dreyfus à nos jours, en influençant ou en contrôlant l'opinion publique.
Problèmes: Quels rôles ont joués les médias dans les grandes crises politiques en France de 1894 à nos jours ? Comment les médias ont permis/influencer l'expression de l'opinion publique ?
I/ De 1894 à 1945: entre développement des grands médias modernes et montée en puissance de l'opinion publique
A) L'Affaire Dreyfus (1896/1906): la guerre de la presse écrite conduit à la naissance et à la division de l'opinion publique
IIIème République fondé dans l'urgence le 4 septembre 1870 pendant Guerre Franco-Prussienne car Napoléon III a abdiqué et est tenu prisonnier. En 1871, il y a la commune de Paris et 1879-1880: enracinement de la République.
Essor Presse écrite: 1881: loi liberté de la presse (journaux plus libre, + de titre), 1881-1882: lois sur l'enseignement primaire, Ferry --› gratuit, laïc, obligatoire. L'école permet l'apprentissage de la République, tout en renforçant l'alphabétisation. On y enseigne une morale civique fondée sur le respect des libertés fondamentales, l'idéal démocratique et l'opinion de la patrie. L'école répond aussi aux demandes de promotion sociale des Français. L'essor de la presse illustrée grâce au progrès techniques comme le développement chemin de fer permet une diffusion important des journaux dans toutes les régions de France. Journaux d'informations --› Le Petit Parisien, Le Petit Journal... Presse d'opinion --› Essor IIIème République
Quelques presses: Presse d'extrême droite antisémite: La Libre Parole d'Edouard Drumont, Presse de droite conservatrice: Le Figaro, Presse de gauche: L'Aurore de George Clémenceau, Presse d'extrême-gauche anticléricale: L'Intransigeant d'Henri Rochefort, Presse socialiste (dès 1904): L'Humanité de Jean Jaurès
Journaux souvent dirigé par des grands journalistes, homme politique, écrivains qui s'opposent dans des campagnes politiques souvent acharnées. En France du XIXème siècle, il y a un fort climat antisémitisme qui se révèle parfois pendant les crises. C'est le cas de différentes affaires: Panama, Boulanger ou encore l'Affaire Dreyfus (1894/1906).
AFFAIRE DREYFUS (1894-1906) (Cf Karambolage Affaire Dreyfus)
Dreyfus (alsacien, juive aisée) a fait l'École Polytechnique puis École de guerre 1892. Officier d'artillerie et stagiaire de l’État Major. Accusé par l'armée d'avoir livré d'important secret militaire à l'Allemagne, dans un fort climat d'espionnage entre la France et l'Allemagne. Il est innocent mais sa religion (juive), son origine national (alsacien) et le document que l'on retrouve à l'Ambassade d'Allemagne «le bordereau» font de lui le coupable idéal pour l'armée. Arrêté le Octobre 1894 et condamner par le Conseil de Guerre à la déportation le 22 décembre 1894 en Guyane sur l'Ile du Diable, pour crime de haute trahison. Dégradé le 5 janv 1895 au centre de la cour d’École militaire.
Il y a une fuite des médias. A l'époque, tout les journaux considèrent Dreyfus comme coupable.
La presse d'extrême droite informe les Français sur l'affaire. Le premier: Libre Parole de Drumont.
1896: Picquard pense que Dreyfus est accusé à tord. Il rouvre le dossier Dreyfus. Découverte d'un autre document «le petit bleu» dont l'écriture est la même que le “bordereau”. Traître possible: Esterhazy (endetté au jeu, besoin d'argent). L'armée veut pas libérée Dreyfus. Picquard muté en Tunisie puis emprisonné. La presse écrite entretient toujours l'affaire Dreyfus même après sa déportation. Initiative des Dreyfusards: le 10 mai 1896: Le Matin relance l'affaire en publiant un article qui associe le bordereau à d'autres documents retrouvés à l'Ambassade d'Allemagne, et qui désigne le vrai coupable, le commandant d'origine hongroise Esterhazy.Va se poser en victime et son procès fin 1897 sera largement protégé par l’État Major
1896-1897 --› Combat de presse: C'est donc la presse écrite qui alimente l'affaire Dreyfus, la presse d'extrême droite se déchaîne contre le «traître Dreyfus » tandis que les défenseurs de Dreyfus, convaincus de son innocence, lancent grâce à la presse, une vaste campagne de réhabilitation.
Dreyfusards vs Antidreyfusards. Décembre 1897: Esterhazy innocent s'enfuit en Angleterre
1898: L'affaire devient une Affaire d'opinion, qui divise les français.
Zola, républicain utilise sa notoriété pour défendre Dreyfus contre l'injustice. J’accuse fait la Une du journal de Clémenceau, l'Aurore le 13 janvier 1898. S'adresse au président Felix Faure. Accuse individuellement tout les officiers qui ont contribué à condamnation de Dreyfus. Zola s'exile puis en 1902 meurt d'intoxication. Panthéonisation en 1908 où Dreyfus lui-même sera présent.
1ère pétition de savants, d'universitaire et d'écrivains en faveur de la révision du procès Dreyfus. Intellectuels dreyfusards (Zola, Monet, Proust) et Intellectuels antidreyfusards (Drumont, Maurras..) Les camps des dreyfusards/antidreyfusards se développent et s'affrontent dans un combat acharné dans la presse droite (antidreyfusard) et gauche (dreyfusards). Affaire d'Etat. Conséquences: France, dans un climat de quasi guerre civile (1898-1899). Diffusion société française jusqu'à dans les familles. Naissance de l'opinion publique. Presse dreyfusards se développe de plus en plus à partir de 1899 et devient peu à peu dominant. Jean Jaurès (août 1898) publie dans la Petit République, une série d'article, «les preuves», afin de réhabiliter Dreyfus.
Juin 1899: ré-organisation procès à Rennes en Bretagne. Dreyfus reste coupable mais avec des «circonstances atténuantes». Condamné à 10 ans de travaux forcés. Septembre1899: gracié second procès. 1904 --› procès révisé. 12 juillet 1906 --› Réhabilitation et réintégré dans l'armée
Nommé Chef de Bataillon et décoré de la Légion d'honneur dans la cour même où il fut dégradé en 1895. Participe à la 1GM et meurt en 1935.
B) La crise du 6 février 1934: des médias plus politisés et plus surveillés.
Pendant la 1GM, l’État prend le contrôle de la presse pour des raisons de censure et de propagande, afin d'assurer les bases de l'Union Sacrée. 4 août 1919, loi sur la «censure préventive». Canard enchaîné (journal satirique français) qui apparaît pour la 1ère fois en 1915 dénonce cette censure. Liberté de presse en 1918. Essor de la presse d'opinion entre 1915 et 1939. Cf Le Populaire journal socialiste SFIO, L'Hamanité, communiste après 1920 fondé par Jean Jaurés en 1904.
Journaux d'opinion connaissent un tirage de plus en plus important dans les années 1920-1930.
Se livrent à des batailles d'opinion dans un contexte international tendu (montée des totalitarisme en Europe) et dans un contexte national difficile (crise économique et fort antiparlementaire nourri par les ligue d'extrême droite). Ils dénoncent de plus en plus les scandales politico-financiers. République menacée par la droite nationaliste qui cherche à tirer partie des difficultés de la République. Exemple de Ligue: Action française de Charles Mauras créer en 1898 en pleine Affaire Dreyfus. Conteste l'idée même que la France reste une République, elle veut le rétablissement de la monarchie. Année 30 --› nouveau média moderne la radio: On transmet les évènements sportifs et de dimension internatinale (accords de Munich en 1938). Média populaire. Propriété de l'Etat publique. Crise début année 30 avec la montée des ligues d'extrême droite.
CRISE DU 6 FEVRIER 1934
Alexandre Stavisky, un riche homme d'affaire juif parisien, a mené une vaste escroquerie bancaire, qui provoque la ruine de nombreux épargnants, au début des années 30. Il est lié à de nombreuses personnalités politiques. Le scandale est révélé par la presse en décembre 1933. Fait la Une du Canard Enchaîné le 10 janvier 1934. Alexandre Stavisky est assassiné le 8 janvier 1934 (déguisé en suicide). Indignation extrême droite contre un gouvernement corrompu. Conséquence: une journée de manifestations à Paris (le 6 février 1934) organisée par les ligues d'extrêmes droites, qui se termine en émeute devant le Palais Bourbon pour protester contre la nomination du nouveau président, Edouard Daladier. La presse juive joue un rôle essentiel dans la crise et va l'entretenir/l'envenimé. Analyse de Gauche (SFIO --› Le Populaire) titre sur une menace de Coup d'Etat fasciste. Pour la presse d'extrême droite comme l'Action Française le gouvernement a tirer sur les manifestants: responsable. En réalité, journée de protestation contre la République corrompu qui a mal tourné. La radio dirigé par le gouvernement français perçoit les évènements comme le font les partis de gauche. L'Humanité appelle à l'insurrection. Alliance SFIO, PCF et parti radical en vue des prochaines élection législatives de 1936: Front Populaire. L'espoir et attente face à la crise: grève. Mais/Juin 1936 --› Victoire Front Populaire qui arrive au pouvoir et forme un gouvernement dirigé par Léon Blum (et qui dura 2 ans). La mainmise de l'Etat sur la radio, média moderne est en pleine essor. Une grande administration est crées et placées sous l'autorité directe de la présidence du Conseil (TSF)
C) Des médias instrumentalisés ( mis au service de l'Etat ) pendant la crise de mai-juin 1940
Le Mai-Juin 1940: attaque allemande en France et le 10 mai: percé allemande à Sedan qui dure 6 semaines et qui finit par une défaite française. Le14 juin 1940: Paris occupé, France vaincu.
Exode important . Le 17juin 1940: armistice par Pétain via un discours radio diffusé qui sera très entendu et le 22 juin 1940: signature de l'armistice. Le 18 juin 1940: appel à la résistance du Général De Gaulle (BBC). Vichy, le 10 juillet 1940, vote des pleins pouvoirs à Pétain. Dictature.
CRISE MAI-JUIN 1940
Presse censurée dès mi-juin 1940, beaucoup de titres disparaissent, d'autres se réfugient en zone libre. Les journaux qui subsistent sont instrumentalisés mis au service du pouvoir. Ils servent la propagande allemande ou soutiennent la collaboration, et sont totalement discrédités au yeux de nombreux Français. En “zone libre”, la presse est aussi muselée, dès le 10 juillet 1940, ou elle devient le relais de la propagande vichyste (Exemple, Je suis partout ). Radio: importante source d'information mi-juin 40 mais les Allemands prennent le contrôle de “Radio Paris”. Dans la zone libre, la radio est aussi totalement instrumentalisée par l'Etat français (“Radio Vichy”). Essor de la presse clandestine après 1940 qui sera très diversifées et qui participe au retour du débat démocratique: + 1000 titres entre 1940-1944. Les français sont en attente d'information. A partir de 1940, il existe une presse clandestine en France: journaux créer par les mouvements de résistances. Ex: Franc-Tireur communiste, Combat --› Idéologie communiste, Libération
Un moyen de lutte utilisé contre la presse clandestine par l'occupant, la diffusion de faux journaux clandestins. En août 1949, le journal lance un appel à ses lecteurs pour faire démanteler des réseaux.
On assiste à une véritable guerre des ondes à partir de 1942-1943 qui commence par les discours du 17 et 18 juin 40 par Pétain et De Gaulle qui s'opposent. Au fil de la guerre, les Français essayent d'éviter l'écoute des radios censurés par Vichy/Allemands. Même interdit, ils écoutent la BBC pour savoir le déroulement de la guerre non censuré. Message caché. 1944: année populaire Radio Londres (onde BBC): émission caricatural français (ex: «Les Français parlent aux Français»). Dans la propagande Vichy, nazi: on dénonce De Gaulle comme le «Général Micro» qui serait au service des Juifs. Campagne antisémite.
II/ De 1945 aux années 2000 de la montée en puissance de grands médias contrôlés par l’État, à la diversification médiatique
A/ La crise du 13 mai 58 a Alger: des médias puissants mais contrôlés
Fin 44: fin Vichy et retour de la démocratie (GPRF). Fin de la censure de la presse. Naissance de l'AFP (1944), sous la tutelle de l’État, recherche et centralise l'information, ou la redistribue. Les journaux qui ont paru sous l'Occupation sont discrédités et cessent d'exister. De nouveau journaux voient le jour avec le rétablissement de la liberté de la presse (1944: le quotidien Le Monde: apolitique, centre-gauche ou encore en 1964: Le Nouvel Observateur, de gauche). Des journaux traditionnels sont restés dans le paysage médiatique français. L'Humanité (affilié PCF) ou encore Le Figaro. Radio (média de masse) se popularise/s'améliore. La mise au point du transistor (1956) popularise encore davantage la radio. Europe 1 en 1955. Après avoir été à nouveau rationalisés en 1945, les médias de masse deviennent la RTF en 1949. 10 millions de postes en 1969, 86% des Français sont équipés en 1973. La télé devient un média populaire dans les années 1960 (30 Glorieuses )
CRISE DU 13 MAI 1958
La crise du 13 mai 1958 à Alger entraîne la France dans une crise de régime: fin IV République: beaucoup de difficultés depuis sa fondation en 1946. Elle doit gérer 2 guerres de décolonisation:
guerre d'Indochine (1946-1954) et d'Algérie(1954-1962): crise qui a lieu en pleine guerre d'Algérie: En 1958, la IV République connaît une grave crise puisqu'elle ne réussie pas à arrêter la guerre d'Algérie. Gouvernement qui change sans cesse. 13 mai 1958: crise est à son apogée face à la volonté en France de nommer un nouveau 1er ministre favorable à l'indépendance de l'Algérie (Pierre Pflimlin), à Alger, les «pieds noirs» manifestent et les généraux français (Massu) font un coup d'Etat, favorable à l'Algérie Française. Le 15 mai 1958 le nom de De Gaulle, scandé par la foule. Le 1er juin 1958, De Gaulle devient le dernier président du conseil de la IVe République. Il revient au pouvoir, avec l'assurance de pouvoir changer la constitution et inaugurer une nouvelle République. 4 juin 1958, De Gaulle rencontre les généraux et les soutiens de l'Algérie français à Alger.Dès le début de la crise le 13 mai 1958, les médias officiels se mettent au service du gouvernement de la Ivème République (RTF, actu ciné).
Le 13 mai 1958, les actus ciné donnent l'impression que le gouvernement gère la crise. Une fois De Gaulle revenu au pouvoir (après le 1er juin), les médias de masse se mettent au service de la politique gaullienne. Cette crise montre la mainmise de L’État sur les médias de masse. En
1964, RTF devient ORTF. Création 2ème chaîne. Radio et télé sont donc contrôlés par le ministère de l'information sous la République gaullienne: l'information est régulièrement censurée et l'opposition politique ne peut s'y exprimer.
B/ La crise de mai 1968: La critique des médias traditionnels et de la société gaullienne
1965: réélection De Gaulle au suffrage universel face à François Mitterrand. Modification depuis la réforme de 1962. Le débat fait l'objet d'une campagne télé pour la 1ère fois.
CRISE DE MAI 1968
Les raisons de la crise: - Jeunesse du Baby Boom qui ne se reconnaissait pas en lui: qui rêve de nouvelles perspectives sociales, universitaires, morales....
- L'usure du pouvoir gaullien et désir d'un changement politique avec de nouvelles réformes politiques, économiques et sociales à la clé...
- Revendications économiques et sociales de la part des ouvriers français, qui réclament un plus juste partage des richesses alors que la croissance économique est forte (30 Glorieuses). Taux de chômage commence à progresser en France.
3 étapes de la crise: crise étudiante, crise économique et social et crise politique
Résumé Crise de Mai 68: - Une révolte étudiante: dès le 3 mai, occupation des locaux universitaires à Nanterre puis à la Sorbonne. 1ère émeute quartier latin le 6 mai. «Nuit des Barricades» le 10/11 mai 1968 dans le quartier latin. Beaucoup d'étudiants politisés, proches de l'extrême gauche
- Une révolte sociale: les grèves dans les entreprises publiques et privées se généralisent dès le 13 mai 1968 (plus d'1 millions de manifestants) et se poursuivent malgré les accords de Grenelle signés le 27 mai 1968. Fin mai 1968, la France paralysée.
- Une crise politique: pas ou peu de réponse de De Gaulle face aux revendications économiques et sociales. Intervention dans les médias du 24 mai a des conséquences catastrophiques sur l'opinion publique ainsi que la 2ème nuit des Barricades. Absence de De Gaulle le 29 mai. Il est en réalité en direction de Baden-Baden pour un soutien armée. Reprise en main de la situation le 30 mai avec l'annonce de la dissolution de l'Assemblée Nationale. Manifestation pro-gaulliste qui «retourne» l'opinion publique, lassée par les grèves et la crise: victoire gaulliste aux élections législatives de juin 1968.
Rôle des médias lors de la crise: ORTF (radio + télé) contrôlé par l’État, informations censurés. Défavorable aux étudiants qui s'expriment donc autrement: radios privées se généralisent sur les piquets de grève grâce aux transistors. Critique du pouvoir gaullien et de la censure de l'ORTF. Nouveaux moyens d'expression pour les étudiants et les grévistes: parole libérée dans les cafés, les amphithéâtre, la rue.... Utilisation de la presse écrite («culture de l'écrit») et de l'image (Affiches des Beaux Arts). Exemple de slogan de Mai 68: «De Gaulle aux archives».
Les titres qui paraissent après mai 1968: 1970 --› Hara Kiri «Bal Tragique a Colonbery – 1 mort», journal censuré et qui va revenir sous le nom de Charlie Hebdo. 1973 --› Libération
C) L'émergence d'une «démocratie d'opinion» des années 70 à nos jours
A partir des années 70, l'offre de la télé se diversifie: 3ème chaîne en 1974.
Année 1980: multiplication des chaînes. Libéralisation et diversification des ondes: «Radios libres» autorisées à émettre en 1981 qui entrent dans une logique concurrentielle, si bien que les radios indépendantes disparaissent, tandis que de grands groupes se constituent (ex: NRJ). Début année 80: Fin ORTF. PAF ouvert au secteur dans les années 80 (fin du monopole d'Etat). Canal + (1984), La Cinq (1985) mais qui disparaît rapidement et M6 (1987). TF1 privatisée en 1987 (par Bouygues). Désormais la rentabilité et les objectifs commerciaux deviennent des priorités dans la mise au point des programmes. Enfin création d'un large éventail de chaînes avec lancement de la TNT en 2005. C'est le début de l'ère numérique. Problèmes nombreux de la presse écrite (environ 55% d'utilisation): baisse du lectorat et donc des tirages: difficulté à attirer les jeunes, certains journaux disparaissent: France soir liquidé en 2012, concurrence de la télévision et d'Internet (environ 88% d'utilisation) et l'essor des journaux gratuits depuis 2002 (métro, 20 minutes, par exemple). Subventions de l'Etat indispensables et investissement de riches hommes d'affaires pose la question de la liberté et de l'indépendance (rachat du Figaro par S.Dassault en 2004, entrée dans le capital de Libération d'Edouard de Rothschild en 2005...).
Irruption accès rapide d'Internet: oblige médias traditionnels à s'adapter: la plupart des radios, journaux et chaînes télé proposent une version en ligne de leurs contenus éditoriaux.
De nombreux journaux apparaissent même uniquement sur le Web (Rue89 ou Mediapart; souci de
l'interactivité dans les émissions politiques.
- Révolution 1990-2000. Internet est un outil à accaparer pour les hommes politiques (voeux de certains sur internet, élection présidentielles de 2002 marquées par l'entrée d'internet dans les débats, nouveau média pleinement intégré dans la stratégie de campagne par les candidats lors des élections 2007). Les hommes politiques sont sous surveillance quasi-permanente dans l'espace publique. D'où la nécessité d'une vigilance redoublée des citoyens face à ce nouveau média...
Problèmes: absence systématique de vérification des données, des sources, peut contribuer à propagation de fausses nouvelles et de rumeurs. Les citoyens oscillent entre participation directe au débat civique: via forums, blog, Fb, Twitter....et méfiance vers les médias “traditionnels”.
Conclusion --› C'est à partir de la fin du XIXème siècle que les médias en France ont commencé à jouer un rôle décisif, ça été le cas pour la presse écrite pendant l'Affaire Dreyfus mais aussi de la radio pendant le crise du 6 février 1934.... Les grands médias de masse se développent dans les années 30 (radio) et années 60 (télé) et sont fortement contrôlé par l'Etat --› outil de censure, propagande... Pendant la 2GM, tout les médias français sont censurés pendant le régime de Vichy.
Il faut attendre 1945 pour que la liberté de la presse soit rétabli. Quant au média de masse, il faut attendre les années 80 pour qu'ils soient libre et privatisés. Ces médias ont considérablement influencé l'opinion publique et de s'exprimer notamment au moment des grandes crises politiques. Souvent, ce sont les médias qui ont contribué à accentué les crises.