Michel de Montaigne ( 1533-1592 ) est un humaniste qui reçoit une bonne éducation et également des enseignements de latin. Il devient ami avec le poète Etienne de la Boétie en 1557. Après la mort de son père, il se consacre à l'écriture et la méditation. Montaigne est l'homme d'un seul livre, Les Essais. Son livre se confond avec l'auteur. De 1571, jusqu'à sa mort en 1592, il ne cessera de le retravailler, de le corriger, de l'enrichir. Pour lui, mieux vaut ne rien changer que de remplace une vérité suspecte par un autre.
Essai --› Montaigne avait un ami : Étienne de la Boétie
Après la mort précoce de la Boétie.
Montaigne va écrire, au jour le jour, une œuvre où continue cette conversation interrompue.
Les Essais.
Dans le chapitre « Du repentir », Montaigne va justifier son livre en montrant qu'écrire à la première personne est essentiel. En même temps, il livre sa vision du monde.
Passages incompris :
v.1 : « les autres » --› les autres écrivains
« forment » --› modèlent, sculptent, ils lui donnent une forme --› vison figé de l'homme
Tandis que « je le récite » --› me décrit tel qu'il le voit, avec ses changements
--› il ne le juge pas, il l'observe
--› Démarche originale
Se décrit lui même = « en représenté un particulier, bien mal formé »
--› il se trouve imparfait. Humilié de la démarche
--› Suite de la phrase : introduction du thème du changement « autre qu'il n'est »
« les traits de ma peinture » --› métaphore --› se décrit lui même
« quoi qu' » quoi que --› concession, nuance sur l'énoncé
Introduction d'un paradoxe --› en se décrivant, il ne se trompe pas, et pourtant, il se décrit entrain de changer.
Perpétuelle transformation / changement --› Vision du monde de Montaigne, « toutes choses y branlent sans cesse »
« Si mon âme pouvais prendre pied » --› rester fixe / ne pas changer.
Thèse : Dans un monde en perpétuel changement, tout est passage et rien n'est certitude, y compris l'homme et la connaissance qu'il peut avoir sur lui même.
I/ Montaigne se présente comme un exemple de la condition humaine
- Montaigne oppose sa démarche d'écrivain et son individualité à celle des autres : on relève les oppositions :
1 Paragraphe : « Les autres
« Je le récite »
Dernier Paragraphe : « Les auteurs se communiquent »
« Moi le premier »
--› Démarche inédite
Se représenter, honnêtement est une démarche neuve.
En effet, le discours religieux condamnait le discours du soi.
Pour autant le penseur ne se représente pas comme quelqu'un d'exceptionnel : « un particulier », « bien mal formé ». Il a des défauts, il n'est pas parfait. Montaigne humble = reconnaît ses limites.
Il s'oppose ainsi aux livres de l'époque comme Vies illustres de Démosthène.
--› Vies de personnages exceptionnelles
Montaigne, lui, à la vie d'un homme ordinaire.
« Je propose une vie basse, sans lustre » + « une vie populaire et privée »
Les « autres « , eux, mettent en avant leur caractère en avant leur caractère exceptionnel = « se communiquent aux autres par quelque marque spéciale et étrangère ».
On comprend alors l'antithèse finale: Parler de soi, ce n'est pas être un nombriliste égocentrique, c'est au contraire décrire un « être universel ».
D'où l'idée que lire Montaigne, c'est en fait se lire soi : « je me plains de quoi il ne pense seulement pas à soi ».
Si Montaigne refuse d'être un modèle, ce n'est pas par pudeur ou modestie = c'est qu'il ne pense pas qu'un modèle d'homme existe ( modèle = quelque chose de fixe, d'immuable ).
Rien ne peut servir de modèle car tout change.
Images du changement dans le texte : métaphore de la balançoire « branloire pérenne » --› qui dure
--› Montaigne offre à ses lecteurs l'image d'un homme qui parce qu'il n'est pas parfait qu'il va partager sa conviction avec tous ses lecteurs. Il offre aussi une manière de voir le monde que l'on peut appeler sceptique car elle incite à être critique.
II/ Vision sceptique du monde changeant
Vision baroque de Montaigne = il considère que le monde est pris dans un perpétuel changement.
- La famille lexical « branle » x3 --› répétition des mots imprime la conception d'un monde changeant qui se transforme sans arrêt.
Montaigne pour le paradoxe : « La constance même... »
Montaigne donne des exemples qui semblent fixes : « la terre, les rochers » --› exemples géologiques
« les pyramides d’Égypte » --› exemple historique
--› l'homme, au milieu de ces rochets et de ces vestiges, paraît encore plus petit.
--› Le monde est instable d'une part, Montaigne est instable dans ce monde instable --› il ne peut se décrire avec certitude : « je ne pris assurer mon objet »
--› lui-même
Ce qui change la vie d'un homme peut être classer en 2 catégories :
- ce qui vient de l'extérieur = « changer de fortune » ( = chance, destin )
- ce qui vient de l'intérieur = « intention »
extérieur --› « divers et muables accidents », « circonstances »
intérieur --› « imaginations irrésolues », « considération » , « je sois autre que moi-même »
D'où l'idée paradoxale : « je ne contredis bien [ …] mais la vérité […] je ne la contredis pas »
Finalement, l'attitude à adopter face à ce monde qui change : être sceptique, douter de tout = toujours en apprentissage et en épreuve ».
Les essaies sont eux-même un bel exemple de cette pensées toujours en mouvement. Montaigne les a écris pendant 30 ans de sa vie et n'a cesser d'ajouter des choses ( marges – interlignes ). C'est donc une œuvre ouverte, impossible à finir.
Conclusion : L'homme tel que le voit Montaigne est né soumis à un perpétuel changement et il est lui-même inclus dans un monde qui change constamment. Il est donc difficile pour un écrivain de décrire l'homme si comme Montaigne le fait, il adopte le genre de l'essai, qui est un genre littéraire ouvert puisqu'il recueil toute les pensées d'un même homme même contradictoire et même changement.
Texte supplémentaire : « Fanatisme » , Dictionnaire philosophique portatif, Voltaire, 1764
Voltaire, philosophe des Lumières --› mouvement d'idées --› lutte contre l'obscurantisme ( quelque chose de sombre ) --› religieux
--› politique
Voltaire : combat contre « l'Infâme » --› le fanatisme religieux
Pour décrire le fanatisme, Voltaire passe par des analogies, qui toutes montrent son caractère excessif.
Puis il donne un exemple : un homme qui a « des songes », « des visions », « des extases », « des imaginations » --› irréel, l'irrationnel
Puis il procédé de l'antiphrase : « donne des grandes espérances » + antithèse --› « tuer pour l'amour de Dieu » Paradoxe
Voltaire --› Jean Callas --› « affaire Callas » --› va s'engager pour défendre la mémoire de Jean Callas, parce qu'il estimait qu'il était victime du fanatisme.