Attention, il ne s'agit en rien d'un exercice complet ou à recopier bêtement.
La peur est une émotion utile face au danger . Cependant la peur n’a pas pour origine la raison mais la passion et c’est pourquoi, la peur de l’autre est détestable car elle nous empêche d’établir une relation de confiance et d’amitié nécessaires pour vivre avec autrui . C’est la peur de l’autre qui finalement constitue le plus grand danger : celui d’engendrer la violence. Aussi se demander si l’on peut vaincre la peur de l’autre réclame une réponse urgente.
A priori, la peur de l’autre n’est peut-être pas originelle : « la détresse infantile » exige que l’autre ou même les autres nous aient d’abord protégé des autres dangers ! Toutefois, la finitude de l’homme n’entache-t-elle pas de négativités ses relations les plus intenses ? La trahison, l’égoïsme, l’habitude même, ne nous font-elle pas comprendre que toute relation intersubjective est menacée de mort ? La peur de l’autre, ma peur autant que la sienne ne sont –elles pas justifiées et la méfiance généralisée .
Le problème est donc de savoir pourquoi bien qu’étant par nature des êtres sociaux, des « animaux politiques », nous pouvons penser que l’autre constitue un danger pour nous et nous pour lui . L’enjeu est politique aussi bien que moral, il concerne aussi bien les relations publiques que les relations privées, car si nous échouons à surmonter nos peurs réciproques nous ne pouvons former que des communautés fondées sur la peur voire sur la terreur .
1 l’homme est « un animal politique » .
1.1 Sur le plan privé ou ontogénétiquement : dépendance totale de l’enfant protégé par les adultes.
a) Importance de la mère et de la fusion maternelle avant et après la naissance .
b) Il en découle que l’enfant fait spontanément confiance aux adultes, confiance indispensable pour son éducation - mais immense responsabilité pour les éducateurs et, en effet, danger des éducateurs mal éduqués .
1.2 Sur le plan social et anthropologique : il n’y a pas d’homme qui n’appartienne à une communauté : nous entretenons des relations de dépendances réciproques avec les autres par la nécessité des échanges de toute nature : familiaux, sociaux, économiques .
Aussi bien sur le plan privé que sur le plan politique, la peur de l’autre est pourtant un fait inévitable.
2 L’inévitable peur de l’autre :
2.1 sur le plan privé, (ontogenèse) : La déception : la mère n’est pas si bonne et la relation au père va être « ambivalente », en débouchant sur le « complexe paternel » . Dans l’ Avenir d’une illusion ( oeuvre étudiée cette année en TES) ch 4 : Freud montre que l’enfant le désire, l’admire mais le craint parce qu’il est le rival et qu'il impose sa loi .
2.2 Philosophiquement, la relation à autrui est caractérisé par le conflit :
a) analyse du désir de reconnaissance : la lutte pour la reconnaissance est une lutte à mort .
b) analyse du regard .
c) échec inévitable de l’amour : l’amant veut posséder une liberté comme liberté . : la trahison, l’infidélité.
2.3 Sur le plan social : le cortège des passions sociales issues de "l'amour propre" : envie, jalousie, rivalités . ( « l’insociable sociabilité », dont parle Kant dans Idée d’une histoire universelle du point de vue cosmopolitique constitue le moteur de l’histoire mais est moralement condamnables ) et dans l’Avenir d’une illusion : Freud rappelle que les hommes n’ont pas perdu leur nature asociale, que la culture s’est imposée sur la répression des pulsions ( inceste, cannibalisme et soif de destruction ).
La religion a une triple tâche : « conjurer les frayeurs que suscite la nature, nous réconcilier avec la cruauté du destin, particulièrement tel qu’il nous apparaît dans la mort, et nous dédommager des souffrances et des privations que la vie culturelle partagée impose aux hommes. » ch 3 p 25 (éd hatier poche.)
2.4 Sur le plan politique : la peur de l'autre engendre le règne de la violence
a) entre gouvernés et gouvernants: risque du règne de la Terreur pour les premiers , d’émeutes, de guerres civiles, pour les seconds .
b) entre citoyens et non citoyens ( esclaves, étrangers…)
ethnocentrisme, racisme, d’un côté, multiculturalisme de l’autre .
3 La nécessité de reconnaître et d’instituer l’égalité :
3.1 Dans les relations privées : l’amitié réclame l’égalité, l’amour oblatif étant don de soi va au delà de cette exigence .
3.2 Dans les relations publiques :
a) la politesse comme forme extérieure du respect de l’autre permet des relations formelles mais pacifiées et pacifiantes : la peur de l’autre entraîne souvent, a contrario, de la violence .
b) Le respect des obligations : relations de travail, contrats de toutes sortes . Nous devons faire crédit aux autres au propre comme au figuré !
ex : "In God we trusr" sur les dollars, formule qui ne relève pas du cynisme mais qui rappelle le sens de cette monnaie fiduciaire .
3.3 Sur le plan politique : Nécessité d’un Contrat qui supprime la peur des uns et des autres ( gouvernants / gouvernés ) terreur, arbitraire, sédition, coup d’Etat par la réunion des 2 et l’affirmation de l’égale dignité des hommes.
Conclusion : A la question de savoir si nous pouvons vaincre la peur de l’autre nous avons dû reconnaître que la nature humaine n’est pas entièrement rationnelle : les pulsions, la jalousie, la rivalité sont toujours présentes et menacent toujours les relations que nous entretenons avec autrui, cela constitue même une des plus grandes souffrances comme le rappelle Freud . Mais nous pouvons espérer, qu’au moins collectivement, nous soyons capables d’instituer des conditions politiques et sociales qui rendent possible la sublimation de nos pulsions puisque nous sommes aussi raison .