Eklablog Tous les blogs Top blogs Emploi, Enseignement & Etudes Tous les blogs Emploi, Enseignement & Etudes
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Publicité

Qu'est-ce qu'une carte ?: C'est une représentation graphique, en réduction de la surface de la Terre et d'une partie de cette surface. La carte représente sur une surface plane ce que la réalité propose en volume. A l'échelle de la Terre, un planisphère est donc une impossibilité géométrique: on ne peut pas représenter une sphère dans un plan. Une carte répond donc à un choix en termes de projection. Le choix de cette projection introduit d'emblée un biais par rapport à la réalité.

Tout carte comporte une échelle, qui est le rapport entre une distance mesurée entre 2 points de la carte et la distance réelle mesurée sur le terrain. Elle détermine l'espace représentée.

Il y a plusieurs échelles --› mondiale, régionale et locale.

 

Il y a différents types de cartes:

- Cartes descriptives --› Localiser ( un lieu ) et de le situer ( place d'un lieu par rapport à un autre ) des phénomènes spatiaux.

      • Cartes en relief ( topographiques ), de la végétation, des ressources naturelles, de villes, des voies de communication

      • Légende pas soumise à des règles d'organisation précise

Exemples: Cartes des domaines bioclimatiques / Cartes IGN ( d’État Major )

 

- Carte analytiques --› Phénomène abstrait, élaboré à partir de données statistiques

      • Le territoire cartographié ne correspond donc plus à une réalité topographique, mais devient le simple support de cette information statistique

      • L'analyse consiste donc en une appréciation des points communs et différences

      • Légende rigoureusement hiérarchisée pour permettre des regroupements des différents territoires

- Cartes de synthèse --› Résultat d'une réflexion, d'un raisonnement qui mêle plusieurs faits géographiques et/ou statistiques sr un même support.

      • Élaboration typologies ( classements entre les territoires en fonction d'informations )

      • Légende --› Thèmes et Typologies

 

- Anamorphoses --› Cartes analytiques ou phénomène abstrait représenté donne lieu à des déformations des territoires représentés.

        • Réalisées par ordi, déformations apportées de façon proportionnelles

        • Géographe --› Multitude de données ( cartographiables / Spatialisés )

          Lecteur --› Grilles de lecture

 

I/ Lecture géoéconomique du monde

Exemple 1: Carte par anamorphose selon le PIB ( richesses produites à l'intérieur de leurs frontières, entreprises nationales/étrangères )

PNB --› richesses produites par un État

Il y a un déséquilibre de richesse au bénéficie de la Triade qui dominent l'éco-monde. ( Amérique du Nord, UE et Japon ). Utilisée dans les années 1990 puis remis en cause par la montée en puissance de la Chine (PIB plus grand que celui du Japon ).

Pôle asiatique ( Asie orientale, Chine, Japon, NPIA )

--› Corée du Sud, Hong Kong, Taïwan, Singapour

Pays émergents --› développement rapide grâce à une bonne intégration dans les échanges commerciaux mondiaux. Mais les institutions politiques et financières internationaux ne s'accordent pas sur la liste des pays qui entrent dans cette catégorie ( Amérique latine, certains pays d'Asie et pays pétrolier --› Vietnam, Thaïlande, Indonésie etc. )

BRICS --› Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud ( semble passer inaperçue )

 

Exemple 2: Planisphère analytique établi à partir de données de PNUD ( Programme des Nations Unies pour le développement )

IDH --› Mis au point par le PNUD en 1990 pour mesurer le développement, c'est à dire l'ensemble des processus sociaux et économiques apportant aux hommes une plus grande sécurité, une plus grande satisfaction de leurs besoins. L'IDH s'exprime par un chiffre compris entre 0 et 1. Il résulte d'un calcul qui combine l’espérance de vie à la naissance, la durée moyenne de scolarisation et le revenu national brut par habitant.

IPH ( Indicateur de la pauvreté humaine ) pour les pays en développement.

La limite Nord-Sud, qui distingue un Nord développé d’un Sud en développement, est apparue pour la 1ère fois dans un rapport publié en 1980. Depuis, elle n’a que peu évolué alors que des pays du Sud atteignent aujourd’hui un IDH plus élevé que des pays du Nord comme la Russie ou la Roumanie. Mais elle continue à structurer notre lecture du monde car elle reflète avant tout un rapport historique entre nations dominantes et nations dominées, entre anciennes métropoles et anciennes colonies ou pays assimilés. En tout cas, du point de vue de l’IDH, il est plus pertinent de parler de « Nords » et de « Suds » au pluriel. Le cas de la Russie, classée au « Nord » mais considérée également comme un membre des BRICS avec les grandes puissances du Sud, illustre le caractère relatif des typologies en fonction de leur auteur ou de la carte utilisée. De plus les planisphères ne rendent pas compte des contrastes de développement à l’intérieur d’un même État .

Exemple 3: planisphère à projection polaire représentant les flux de marchandises à l’échelle du monde, établi à partir de données provenant de l’OMC, organisation internationale visant à établir des règles pour les échanges commerciaux. L’importance des échanges mondiaux, caractéristique de la mondialisation, peut laisser penser à un effacement des frontières, qui demeurent pourtant des enjeux géopolitiques majeurs et des sources de tensions importantes.

II/ Lecture géopolitique du monde

Les puissances militaires mondiales témoignent de la montée en puissance des pays émergents : outre les grandes puissances militaires issues de la 2GM et de la guerre froide (États-Unis, France, Royaume-Uni, Russie, Chine). Les dépenses militaires se concentrent sur les puissances régionales d’Amérique latine (Brésil), d’Asie orientale (Inde, Corée du Sud) et du Moyen-Orient (Arabie Saoudite) et sur des zones de tension interétatique (Inde-Pakistan/ Corée du Nord- Corée du Sud).

Les conflits sont très nombreux dans deux régions stratégiques du monde: le Proche-Orient et l’Afrique où les enjeux sur les ressources énergétiques et minières sont importants.

Les conflits s’inscrivent dans la mondialisation par les réseaux de vente d’armes , les réseaux que tisse le mouvement terroriste Al-Qaïda ou la diffusion d’évènements comme celle du « printemps arabe » en 2011.

 

Un monde de conflit

Les rapports de force ou des rivalités de pouvoir entre les États peuvent être à l’origine de conflits, c’est-à-dire des contestations ou chacun cherche à faire prévaloir ses intérêts en fonction de ses objectifs. Ces conflits peuvent faire l’objet de négociations, soit de façon bilatérale, soit par recours à des arbitrages, notamment dans les grandes instances internationales.

Les guerres sont les formes d’aboutissement les plus violentes d’un conflit.

Carl von Clausewitz : « La guerre n'est qu'un prolongement de la politique par d'autres moyens ».

L’une des entrées habituelles dans la géopolitique à l’échelle mondiale est donc de comparer la puissance militaire des différents États, qui reflète le plus souvent leur puissance politique.

Les grandes puissances militaires sont les principaux acteurs politiques à l’échelle internationale :

  • Le « Club des Cinq », les cinq premières puissances à avoir acquis l’armement nucléaire et qui ont adopté le Traité de Non-Prolifération en 1968, sont en même temps les cinq membres permanent du Conseil de Sécurité de l’ONU.

  • Les puissances émergentes ou qui cherchent à exister à l’échelle internationale le font en grande partie en s’appuyant sur leur capacités militaires. Un sentiment d’insécurité (réel ou supposé) conjugué à un nationalisme soigneusement entretenu sont aussi un moyen de justifier des dépenses militaires importantes.

  • Inversement, certaines puissances émergentes ont choisi de ne pas se doter de l’arme nucléaire alors qu’elles en ont la capacité technique. Elles utilisent alors autrement leurs ressources. Cela ne les empêche cependant pas de chercher à accroître leur potentiel militaire conventionnel, voire à de se constituer une solide industrie d’armement, précisément pour montrer leur capacité à « tenir leur rang ».

Les régions du monde le plus concernées par les différents type de conflits sont: le Nord-Ouest de l’Amérique du Sud, L’Afrique sahélienne et équatoriale, le sud de l’Asie centrale, le cœur de l’Asie du Sud-est, le pourtour des îles d’Indonésie.

Analyse des différents types de conflits :

  • Les conflits inter-étatiques: ils sont le plus souvent hérités de la Guerre froide (Corée du Nord/Corée du Sud, Chine/Taïwan) ou de la décolonisation (Israël/Palestine, Kurdistan, Cachemire, Ethiopie/Erythrée, etc.)

  • Les espaces où un État n’exerce plus son « monopole de la violence légitime » (Max Weber) et où des groupes armés contestent son autorité.

Cette absence d’autorité se manifeste par des revendications sécessionnistes de groupes ethniques

ou religieux (essentiellement en Afrique et en Asie du Sud-Est), mais aussi par le développement de

trafics aux mains de groupes organisés tels que des mafias ou des narcotrafiquants (Mexique,

Colombie, Asie centrale), ou d’actes de piraterie (Indonésie).

- Les conflits sont localisés essentiellement dans les régions du monde où se concentrent des ressources rares et vitales pour le fonctionnement de l’économie (minerais, pétrole => Proche et Moyen Orient, Asie centrale, « l’Arc des crises ») là où les potentialités de profit sont très importants (tous les trafics illégaux). Les conflits nourrissent d’ailleurs eux-mêmes les trafics (drogues, armes, otages)

Il y a une étroite corrélation entre le faible niveau de richesse d’une région et la répartition des conflits. Les conflits trouvent donc bien essentiellement leur source dans la recherche d’un profit (gain territorial pour des ressources, volonté de contrôle des approvisionnements, gain immédiat par des trafics,…)

 

Un monde pacifié ?

Même si le monde paraît de plus en plus instable et incertain, que les médias relayent de multiples images de conflits, on peut également le présenter comme nettement plus pacifié :

- Le nombre de guerres et le nombre de victimes de conflits armés est en recul depuis la deuxième moitié du XXe siècle.

Ce double recul s’explique par :

--› La construction européenne, qui rend quasiment inconcevable désormais une guerre entre anciens « ennemis de toujours » (France-Angleterre, France-Allemagne) ou une guerre civile à l’intérieur d’un État de l’Union.

--› La fin des grands conflits hérités de la colonisation

--› Le rôle des organismes de paix internationaux, et en premier lieu l’ONU, qui œuvrent pour éviter les conflits ou envoient des troupes s’interposer

--› Le rôle des alliances militaires (OTAN) ou des coalitions d’États volontaires qui participent à des opérations internationales avec des mandats de l’ONU pour protéger les populations ou mettre fin à des régimes dictatoriaux.

La complexité géopolitique du monde actuel tient donc au fait que si les anciennes classifications de « guerres inter-étatiques » ou « guerres civiles » sont toujours pertinentes, de nouvelles classifications sont apparues (guerres asymétriques, actes terroristes, zones d’insécurité…).

Elles permettent de rendre compte de conflits d’un type nouveau, mais où ce sont les populations civiles qui sont désormais placées dans des positions beaucoup plus incertaines.

À l’exception du PNUD dont le siège est au Kenya, les organisations internationales de la gouvernance sont toutes situées aux États-Unis ou en Europe occidentale. Cette concentration est un héritage de l’histoire de la gouvernance mondiale inspirée par les grandes puissances dès la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Les facteurs expliquant l’absence de conflits entre les grandes puissances militaires sont divers. Ils tiennent d’abord à des arguments purement géopolitiques :

--› possession de l’arme nucléaire qui constitue une «arme de dissuasion», réseaux d’alliances hérités de la Guerre froide et étendus ensuite (OTAN), fin de la Guerre froide, rôle important dans les organisations internationales de la gouvernance (Conseil de sécurité de l’ONU).

Il y a une corrélation entre le faible développement des régions de l’arc de crise et la concentration des conflits dans cette zone du monde.

L’instabilité politique et/ou le déficit démocratique de nombreux pays de la zone est un facteur aggravant. Il faut évidemment aussi ajouter les tensions religieuses. La majeure partie des conflits sont actuellement internes.

Les cartes géopolitiques ont une durée de vie limitée du fait de l’évolution rapide sur le terrain de conflits qui sont majoritairement internes. De nouveaux conflits peuvent apparaître ou se terminer après la réalisation des cartes.

 

III/ Lecture géoculturelle du monde

Quatre grandes aires linguistiques se distinguent sur la carte. Certaines témoignent de l’expansion coloniale à partir d’un foyer de diffusion (aire francophone, anglophone, lusophone). D’autres témoignent de la prospérité de berceaux civilisationnels anciens: Chinois, Hindi. Le fait qu’aucun pays n’est absent des jeux olympiques en est une autre manifestation.

L’expansion mondiale de certains sports hors de leur berceau d’origine (football, rugby) et la médiatisation très large d’évènements sportifs planétaires (Jeux olympiques, coupes du monde) témoignent de l’uniformisation culturelle du monde.

La localisation de grands évènements sportifs depuis 2000 est révélatrice de la forte croissance des pays du Sud, pétroliers comme le Qatar (accueil de la coupe du monde de foot en 2022) et des puissances émergentes que sont la Chine (accueil des JO en 2008) par exemple.

Outre la diversité linguistique, les religions (musulmane, hindouiste), les caractères physiques (insularité) ou historiques de certains États (Chine et Inde) constituent d’autres critères de délimitation des aires de civilisation.

Alors que S. Huntington appuie largement son découpage sur le critère religieux et présente 9 aires de civilisation, Y. Lacoste présente un découpage tantôt géopolitique où la colonisation est un facteur de diffusion de l’Occident sur une large partie du monde, tantôt basé sur des critères physiques. L’Indonésie est un bon exemple de la difficulté de cartographier les faits culturels.

Alors que S. Huntington la place dans l’aire musulmane utilisant comme critère la religion ,

Y. Lacoste la situe dans une aire Pacifique occidentale, utilisant comme critère la simple localisation continental.

Quant à l’aire linguistique, elle apparaît comme spécifique, gommant la grande diversité interne de l’Indonésie (environ 700 langues).

La majeure partie des conflits de «l’arc de crise se situe à l’intérieur de l’aire musulmane invalidant la thèse du « choc des civilisations » de S. Huntington.

D’autre part, les conflits inter-étatiques ne sont pas de nature culturelle mais géopolitique (rivalités sur des territoires : Inde-Pakistan). La division du monde musulman entre sunnites et chiites est un élément de tension à l’intérieur même de certains États (Iran, Irak).

Il est donc impossible, ou tout au moins très difficile, de cartographier la diversité culturelle du monde. La difficulté de tracer des limites et du choix des critères gênent la construction des cartes et produisent des représentations forcément réductrices, voire simplistes.

Selon les choix opérés, les cartes traduisent tantôt le discours d’une uniformisation du monde par la mondialisation, tantôt celui d’une diversité culturelle qui l’emporte. De même, dans ce domaine, les cartes peuvent être utilisées pour appuyer des discours idéologiques.

 

IV/ Lecture Géo-Environnemental du monde

2 indicateurs --› empreinte écologique / Indice de performance énergétiques

Etats les plus “vertueux” --› plus pauvre. PMA

L'empreinte écologique cumule les différents formes de déprédation environnementale, l'IPE prend en compte les politiques et leurs efficacités.

L'angle d'approche est donc différent car le premier indicateur mesure la catastrophe alors que le deuxième tente de mesurer l'efficacité de la remédiation. Cependant, ces deux critères demeurent largement environnementaux et intègrent peu ( IPD ) ou pas du tout ( empreinte écologique ) les dimensions économiques et sociales du développement durable.

La comparaison des deux cartes attestent que la première est pratiquement le négatif de l'autre: les États classés “vertueux par l'empreinte éco sont les moins “vertueux” de l'IPE, et inversement.

Il y a de plus une forte corrélation entre États.

 

Conclusion

L'organisation des territoires mondiaux et leurs dynamiques sont donc le produit de phénomènes de natures diverses dont les effets se combinent et s'entremêlent. Une carte est le résultat de choix techniques qui en conditionnent la lecture (ex: fixation de seuils de discrétisation d'une série statistique, sélection de figurés ).

De plus, elle est toujours influencée par les représentations mondiales de son concepteur ( ex --› choix d'un fond de carte centré sur une partie du monde plutôt qu'une autre, voir par ses positionnements idéologiques ou politique.

Carte --› Point de vue du monde.

( Cf --› Croquis sur la complexité de l'organisation de l'espace mondial actuel ).

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article