Attention, il ne s'agit en rien d'un exercice complet ou à recopier bêtement.
Descartes explique sa théorie du « je pense donc je suis » par le phénomène suivant « je pense que je me promène donc je suis » et non « je me promène donc je suis ». de même en ce moment présent j'ai la tâche d'écrire ce que ma conscience pense et j'ai conscience que je pense que j'écris. Pour ainsi dire savoir que j'existe c'est en déduire que ma conscience existe et s'établit en tant que telle. Cum scientia en latin désigne la conscience et signifie « accompagné de savoir », cette faculté de pensé d'inscrit dans l'entendement. Ceci s’arrêterait-il ici ? N'y a t-il pas de possibilités qu'il existe un préconscient et un inconscient. Cela réduirait notre conscience qu'à n'être qu’intentionnalité dira Henri Bergson. Cependant nous savons de nous-mêmes et grâce aux théories de certains philosophes qu'il y a la possibilité que l'inconscient est bien une partie de soi. Emmanuel Kant nous met sur la piste en développant le fait que le « je pense » doit pouvoir avoir conscience. Ce « doit pouvoir » nous invite à songer qu'il doit y avoir autre chose que la conscience propre. Nous sommes douteux face aux théories contradictoires ou parfois complémentaires des philosophes de l'inconscient. L'inconscient n'est-il qu'un mythe ? La négation réduit le phénomène d'inconscient. On a donc plusieurs possibilités. Notre vision nous replongera au siècle cartésien qui a su se prolonger dans les siècles suivants. L'inconscient est et reste l'accomplissement incertain du médecin Sigmund Freud qui a su nous charmer avec son originale vision optimiste. En suivant Michel Foucault, on assimile l'inconscient au domaine onirique. Cette touche de rêverie dans cet inconscient nous amène à nous projeter en nous-mêmes, ne sommes-nous pas libres d'avoir une opinion face au sujet ?
La thèse proposée par Descartes tient au domaine philosophique. Il admet la théorie suivante « je doute, je pense, j'existe », elle est basée sur trois faits complémentaires. En effet quand on doute, par exemple, dans un couple, on hésite à rester ensemble si l'on se dispute, alors on pense, on, on trouve la solution en se séparant et c'est grâce à cette pensée que l'on peut exister. L'homme est libre de vivre s'il pense, s'il ne pense pas comme à l'état inconscient il risque alors de ne pas exister. C'est grâce à la conscience que l'homme se surélève en prenant conscience de lui-même. L'inconscient fait peur car il est impossible de le diriger, d'en être supérieur et souvent il est difficile, presque impossible de discerner le vrai du faux inconscient. Sartre théorisera avec la notion de « mauvaise foi ». la mauvaise foi est la capacité de former des concepts en se mentant à soi-même. Sartre utilise l'exemple de la justice, si un crime est commis inconsciemment par le coupable, nous ne pouvons réfuter son dire et le croire. Cependant de plus en plus d'hommes sont capables de mentir consciemment pour réduire leur peine en se faisant passer pour quelqu'un qui aurait commis un acte inconsciemment. Le problème est comment distinguer le pervers, celui qui charme, le coupable innocent et le vrai coupable, celui qui ment et qui n'a pas conscience de ce qu'il a fait ? Trop de catégories de coupable et d'innocent pour une justice aussi superficielle que la nôtre. L'homme n'est pas ce qu'il est vraiment; il se ment à lui-même et se persuade du fait de son mensonge. Ici la notion de mythe associée à celle de l'inconscient est véritable, le mythe est une légende invérifiable et la mauvaise foi une manipulation de soi et d'autrui. Les deux se rapportent au faux ; à l'incertitude de ce qui est et de ce qui n'est point et admettent que l'inconscient n'est que ruine de l'âme. On peut penser que la conscience nous fait penser alors que l'inconscient n'est signe que de spontanéité, ceci conduirait à refuser l'inconscient seulement par peur et rien d'autre. Par exemple, la peur des lapsus souvent sexuels, la peur des mauvais rêves seraient en cause. De fait c'est une peur incontrôlable et sujette à des pulsions dont l'homme a honte. Finalement l'homme pense donc il est mais il ne veut pas penser car il est apeuré de ce qu'il est vraiment.
L'lhypothèse que soumet Freud est du domaine d'abord scientifique, puis médical et finalement du domaine de la parole. Les patients qu'il a eu lors de ses psychanalyses, grâce à leurs histoires, il a pu développer sa thèse en s'appuyant sur des exemples concrets. Ses preuves sur l'existence et l'utilité de l'inconscient s'étendent du déterminisme physique à celui psychique. Freud débute une carrière de médecin neurologue pour s'intéresser à ce qui se passe dans notre cerveau. Il est scientiste, c'est-à-dire qu'il rapporte toutes ses preuves à la science. Cependant lorsqu'il s'attaque pleinement à l'inconscient, il se trouve devant l'incapacité de fournir des preuves. Les seules preuves qu'il obtient viennent de son interprétation subjective. Pour justifier la présence d'un inconscient, il se réfère aux lapsus, aux actes manqués, à l'interprétation des rêves et au mythe d'Oedipe, plus précisément à l’œuvre de Sophocle: Œdipe Roi. Mais Freud ne réduit pas l'inconscient à un mythe, il suggère tous les phénomènes quotidiens que notre corps exerce. Il suggère cependant l'idée de ce mythe, de la légende ; un quelque chose qui est une preuve que pour lui car on ne peut pas penser qu'à partir d'une histoire d'inceste et de parricide qui combineraient notre vie. Nous ne sommes pas Jocaste, ni Oedipe. Même s'il est contestable, ce myhte est parfois réalisable avec le phénomène de la libido. Elle a trois stades, le stade oral où l'on boit le lait au téton de notre mère, le stade anal vers trois ans où l'on se doit d'être propre et enfin le stade phallique où l'on s'intéresse aux organes reproducteurs. Selon ce dernier stade à l'âge de quatre ou cinq ans, c'est celui-ci qui nous guide vers l'inceste, nous sommes attirés par le parent du sexe opposé, et, le parricide où nous voulons tuer celui du même sexe que nous. Nous avons des pulsions, des désirs que Freud a classé en trois catégories: le ça, le moi et le surmoi. Dans le ça on trouve le réservoir d'énergie psychique, c'est-à-dire toutes les pulsions. Dans le moi il y a l'homme qui se défend contre celles-ci. Et dans le surmoi ; ces pulsions sont soit autorisées soit refoulées, réprimandées. Ce sont des pulsions qui n'arrivent pas à s'extraire car on s'y refuse. C'est l'objet de la psychanalyse de Freud.
Dans la psychanalyse de Freud, les patients sont installés le mieux possible afin qu'ils racontent cet inconscient refoulé. Il discerne deux maladies : la névrose et la psychose. La première désigne une maladie dont les sujets en ont conscience et la seconde est celle du sujet inconscient. La névrose se manifestera par des obsessions, des phobies...par exemple, la phobie de l'eau, consciemment nous ne voudrons pas aller dans l'eau car quelque chose de plus fort que nous, nous y empêchera. Freud essaiera de voir si c'est un événement dans notre enfance qui a déclenché cette peur ou plus symboliquement il nous conduira à l'interprétation de nos rêves, un rêve par exemple où nous nous noyons. Le psychotique est inconscient. Dans l'interprétation des rêves, Freud montre en quoi chaque rêve signifie un mal être, un désir, une crainte, un refoulement. Un homme qui rêverait qu'il se marie avec sa tante, rêve en fait que dans sa vie il refoule l'idée d'être homosexuel car dans le langage familier « tante » veut dire homosexuel. Si Freud interprète les rêves de ses patients il leur garantit ainsi d'aller mieux et leur donnant la possibilité de se connaître ou de se reconnaître. Par exemple dans le cas d'une dépression, le patient de la psychanalyse voudrait un retour aux sources, sur soi, « redevenir comme avant quand j'étais heureux ». cependant en allant voir un psychanalyste, ne nous-aliénons pas de notre propre identité ? L'interprétation des rêves par Freud ne rend t-elle pas l'homme dépendant de significations rationnelles ? Et ainsi ne plus être libre, ce qui est la condition même de l'homme. Freud va peut-être trop loin en voulant montrer l'inconscient par la symbolique du rêve. Le rêve nous appartient car c'est nous qui le construisons. Avant de dormir nous commandons nos rêves, à ce moment-là nous sommes conscients mais lorsque nous dormons c'est à l'inconscient d'effectuer son travail. Avec Michel Foucault, le rêve est inconscient comme chez Freud sauf que Foucault relie le rêve à l'imaginaire alors que pour Freud il s'agit d'un travail réfléchi sur la conception d'un rêve. Il prend parti pris dans le domaine onirique ; l'inconscient amène au rêve, le rêve amène à l'imaginaire. La différence entre la thèse de Foucault et celle de Freud et Descartes, c'est que l'inconscient est l'être corporel qu'il nous laisse à penser, c'est comme si sa seule méthode de nous convaincre de l'inconscient était la poésie qu'il exerce. Certains surréalistes comme Aragon, Devos ou Breton écriront de très beaux ouvrages grâce à leur inconscient poétique. C'est sûrement la thèse qui représente le mieux ma façon de comprendre, de voir l'inconscient. C'est cette thèse que nous allons essayer de défendre, l'inconscient n'est pas un mythe même s'il a la dimension magique qu'aurait un mythe, il est autre, quelque chose de plus profond que la conscience. Pour cela nous allons prendre le récit de Platon dans La République ( 4e. avant Jésus-Christ) qui s'appelle « l'homme tyrannique. L'inconscient est quelque part dans notre esprit, cette partie que nous ne contrôlons pas. Parfois on peut faire des rêves où l'on tue quelqu'un. Le lendemain on se réveille et on raconte ce rêve. Ce rêve qui pour nous ne se réalisera jamais. Cependant Platon explique que l'inconscient de nos rêves même s'il n'est pas conscient peut s'avérer être une prophétie, une prémonition ou encore un acte pulsionnel qui un jour prendra forme. Dans « l'homme tyrannique », l'homme en question rêve qu'il tue, le lendemain il fera ce mort. Ces pulsions sont donc des désirs et pour certains comme les dictateurs ces pulsions se transforment en acte réel.
Donc l'inconscient est la ça, le moi et le surmoi de Freud que s'il ne passe pas à l'acte. Peut-être la façon de guérir l'homme tyrannique serait de le mettre sous hypnose pour savoir ce qu'il advient du lendemain.
L'inconscient n'est-il qu'un mythe ? C'est une question vaste de par l'ampleur de l'inconscient même, très intéressante du fait qu'elle semble si singulière à chacun. Notre thèse arrivera cependant à proposer le non, il est clair que l'inconscient ne se réduit pas à un mythe. Comment et pourquoi rêverions-nous si l'inconscient n'en serait le moteur ? On rejoint ici l'idée de Freud lorsqu'il interprète les rêves, il rend compte aussi de la certitude du mythe d'Oedipe. Seulement ce mythe ne peut se coller à toute l'explication de l'inconscient, en effet comme le cogito cartésien n’adhérait pas à cette vision optimiste, au contraire les disciples de Descartes exprimeraient l'inconscient comme une mauvaise foi ne veut pas signaler qu'il n'existe pas d'inconscience mais que l'homme s'en sert à des fins immorales, contre nature. La thèse dont je me rapproche le plus est celle de Foucault : l'inconscient amène à l'imaginaire, en effet il nous emporte vers autre chose, quelque chose de plus grand, d'intouchable quand nous avons encore conscience. Non l'inconscient n'est pas seulement un mythe, même s'il est en effet interprété par le mythe d'Oedipe, il tient davantage compte d'événements de la vie quotidienne. De plus l'inconscient fait bien partie intégrante de notre cerveau sinon comment expliquer ces lapsus, ces actes manqués, ces rêves ?
L'inconscient est bon que s'il ne passe pas à l'acte sinon il sera du côté obscur de l'être.
Est-ce-que la responsabilité de l'être humain dépend de l'inconscient ?