Attention, il ne s'agit en rien d'un exercice complet ou à recopier bêtement.
L'art au sens propre du terme désigne la représentation matérielle d'une idée ou d'un concept à travers des formes, des couleurs, des signes, etc. On parle justement de création artistique. Celle-ci est, depuis que l'art est apparu, dictée par les avancés scientifiques et techniques,la société et le temps. C'est à la Renaissance que la notion de beauté de l'Art prend le plus d'ampleur avec l'architecture, la sculpture ou encore la peinture. La beauté devient la caractéristique fondamentale de l'art, ainsi que la finalité recherchée dans la production artistique. Pourtant n'est-ce pas un peu réducteur de considérer l’œuvre d'art comment ayant une finalité uniquement esthétique ? N'a-t-elle pas d'autres fonctions ? Nous pouvons donc nous demander : l’œuvre d'art doit-elle nécessaire refléter la beauté pour revendiquer le statut d’œuvre artistique ? L'art ne peut-il pas avoir d'autres qualifications ?
Dans une première partie nous développerons l'importance de la beauté dans l'Art puis dans un second temps nous aborderons la notion de beauté de l’œuvre d'art enfin dans la dernière partie nous verrons que l'Art a d'autres fonctions que la beauté.
I/ Les artistes à la Renaissance font de la beauté de l’œuvre d'art la base de leurs réflexions et de leurs travaux. Ceux-ci idéalisent les attentes que se fait la société, comme dans la représentation du David de Michel-Ange, représentant un homme sans une imperfection, cette sculpture est l'idéalisation du corps de l'homme fait par la femme. Le corps humain devient perfection dans la représentation de L'homme de Vitruve de Léonard de Vinci, la perfection devient beauté et la beauté devient essence de l’œuvre d'art. De même en architecture, le nombre d'Or devient le code à respecter pour bâtir, c'est la proportion divine puisée dans la nature et à la Renaissance la beauté est nature. Cette pensée n'est plus appliquée de nos jours mais on trouve d'autres domaines où la beauté est nécessaire à l’œuvre d'art notamment en architecture pour plaire à un plus grand nombre de personnes possible. Dans le design aussi puisque ce mouvement artistique s'inscrit dans notre époque, il est donc dépendant de nos attente, de nos goûts, de nos envies. Il dépend finalement de la conception de la beauté que l'on se fait de nos jours.
II/ La notion de beauté est en réalité très subjective. Elle n'est pas universelle mais singulière. Si il est évident de dire que la Terre tourne autour du Soleil, il est en revanche impossible d'affirmer que tout le monde aime la couleur de leurs yeux. Dans une certaine mesure, on peut considérer que chaque personne a sa propre notion de la beauté, qu'elle soit idéalisée ou non. La beauté dépend de la société et l'évolution de celle-ci au cours du temps. La représentation de Vénus, dans le domaine de la peinture, a constamment évolué au cours des siècles passant d'une femme sans la moindre imperfection à une femme ayant des formes plus généreuses au XIXème siècle pour enfin être une femme de plus en plus mince à la fin du XXème siècle. En peinture, l'abstrait change le conception de la beauté que l'on se faisait jusque là assez académique. Notre esprit en doit plus s'arrêter à ce que l'on voit, mais à ce que l'on ressent. La beauté devient là assez abstraite. En d'autres termes, l'on ne demande pas à une œuvre d'art d'être belle au sens propre du terme, physiquement, mais de nous transmettre quelque chose : une émotion, un désir, etc. C'est d'ailleurs ce qui donne tout son sens à l'artiste, la beauté n'est pas qu'une affaire d'apparence; on pourrait très bien trouver un tableau sans grande technique qui nous procure une réelle admiration.
Toutefois il est, pour une œuvre d'art un peu réducteur de penser que cette dernière n'a été faite que d'un point de vue esthétique dont sa fonction principale serait d'être belle au sens propre et n'aurait que cette qualification.
III/ Une œuvre d'art n'est pas toujours créée pour être belle et plaire. Et peut-être faite aussi pour déranger, s'imposer, dénoncer. C'est le cas de l'art engagé avec par exemple le célèbre tableau de Picasso: Guernica où l'artiste l'a peint pour dénoncer et s'exprimer. En le peignant il n'a pas cherché à ce qu'il soit beau mais à ce qu'il choque, perturbe. Et sa fonction principale est la dénonciation, l’œuvre n'a pas besoin d'être belle, ce n'est pas son but absolu. C'est ce que nous pouvons voir dans le symbolisme, où la visée principale est de symboliser des émotions, des moments, etc. On peut prendre l'exemple notamment du tableau Le Cri de Munch, qui cherche à transmettre une émotion, ici de souffrance, à l'observateur. C'est à cela que sert le tableau. Tous les artistes ne cherchent pas forcément à créer pour mettre en avant la dimension esthétique de l’œuvre. On peut à ce titre convoquer Marcel Duchamp avec sa sculpture L’Urinoir officiellement appelé Fontaine. Son but, entre autres, c'était justement de briser les règles et techniques liées à la création classique, avec toute la recherche esthétique qui l'entoure, au point de revendiquer la laideur, le banal, le « rien ».
Excepté à la Renaissance les artistes créent des œuvres d'art avec une visée de beauté esthétique. L’œuvre d'art peut ne pas être belle au sens propre du terme, c'est à dire que ce n'est pas forcément ce que recherche l'artiste ou tout du moins ce n'est pas la première qualification ou fonction de l’œuvre d'art. Cependant la beauté est aussi l'émotion que laisse paraître l’œuvre de l'artiste, c'est ce qui peut nous toucher.