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Attention, il ne s'agit en rien d'un exercice complet ou à recopier bêtement.

 

Analyse du sujet

Définitions: La sensibilité est d'abord une caractéristique liée à un organisme: les cinq sens externes qui permettent de percevoir le monde extérieur ou le sens intérieur de nos états et de nos humeurs, comme la douleur ou la joie. C'est la rapport entre les deux sensibilités qui mérite réflexion ici. Le beau ou la beauté est le concept qui correspond à une satisfaction esthétique dans une satisfaction pratique ( par exemple, pour le chirurgien, une belle opération est bien entendu d'abord réussi, mais se signale aussi par son élégance ).

Problème: D'où vient notre sensibilité à la beauté ? Est-elle naturelle, et dans ce cas qu'y a t-il dans notre organisme ou notre psychisme qui nous y prédispose ? Ou bien ce sens de la beauté est-il culturel ? S'agit-il d'ailleurs à proprement parler d'une réceptivité ?

 

Introduction:  “Le beau est relatif”, et Voltaire estime par conséquent inutile de pousser plus loin la réflexion philosophique à son propos. Il n'est pas douteux que des êtres humains distincts dans l'histoire, ou appartenant à des cultures ou à des groupes sociaux contemporains mais différents, en s'accordent pas sur la beauté de la même réalité. Mais ce lieu commun doit être dépassé: si en effet, tous les êtres humains ne trouvent pas belles les mêmes choses, il n'en est pas moins vrai que tous trouvent belles certaines choses. Il y a donc une universalité de la sensibilité esthétique qui pose problème.

 

I/ Existe-t-il une beauté en soi à laquelle nous serons sensibles ?

Tel est le présupposé du sens commun s'écriant: “C'est beau!” et affirmant donc implicitement que la beauté est une qualité qui émane de l'objet ou de la réalité naturelle ou artificielle en face de laquelle on se trouve. Il s'agirait ainsi d'une projection à laquelle on est réceptif ( ou non ).

Mais le point faible de cette position, et des esthétiques philosophiques qui s'en rapprochent, comme celles des philosophes antiques, c'est de déboucher sur une définition normative du beau. On risque alors de généraliser un jugement peut-être répandu dans une certaine culture à un certain moment, et de se rendre incapable de comprendre le jugement esthétique d'autres milieux ou individus, ou à l'inverse leur indifférence devant ce qu''ils seraient pourtant censés juger beau.

 

2/ Ou bien l'admiration esthétique est-elle le signe d'un rapport à certaines réalités ?

En privilégiant la notion de rapport, Diderot commence à surmonter, dans l'histoire des doctrines esthétiques, la contradiction entre le relativisme radical et un certain dogmatisme qui ont en commun d'écarter le problème: “J'appelle donc beau hors de moi, tout ce qui contient en soi de réveiller dans mon entendement l'idée de rapports”, et il ajoute les notions de proportion, d'arrangement, de symétrie, de convenance....Mais c'est l'esthétique kantienne qui amène à son développement cette conception: “Ce qui compte pour que je puisse dire un objet beau, c'est ce que je découvre à l'occasion de sa représentation”. Autrement dit, il serait plus juste de remplacer l'affirmation: “Ce paysage ou cette objet sont beaux” par la déclaration: “ Ils sont pour moi l'occasion de ressentir une satisfaction intérieure désintéressée”...Bien entendu, nous en le ferons pas, parce que c'est l'intensité de la satisfaction qui nous frappe et que, par raccourci psychologique pour ainsi dire, il nous est plus spontané de déclarer ce que nous voyons cause de la beauté, en laissant ainsi de côté les dispositions intérieures qui sont les nôtres. Ainsi s'explique cette tendance à considérer le beau comme une essence extérieure à la sensibilité.

 

3/ Et jusqu'à quel point sommes-nous tous sensible à cette beauté

Quelles sont les parts respectives du corps et de l'esprit, du naturel et culturel ? Rien n'empêche l'aveugle de naissance d'être sensible aux sonorités et à la musique, ni le sourd d'apprécier les images et les formes du monde naturel ou artificiel. Il est plus difficile de se prononcer sur la possibilité d'une vie esthétique chez l'être humain, non pas accidentellement privé des deux sens principaux, puisqu'il lui resterait la mémoire comme moyen de représentation, mais déficient depuis la naissance. L'émouvante histoire d'Helen Keller, très jeune plongée dans le silence et le noir, nous montre un être humain en proie à une détresse intérieure se traduisant par une grande violence extérieure, jusqu'à ce qu'on trouve pour elle, dans l'usage du toucher, une issue libératrice. On peut présumer que l'univers intérieur d'un être aussi démuni se caractérise par une pauvreté et un chaos qui définiraient peut-être l'extrême laideur.

Même l'insensibilité au beau est-elle en ce cas liée aux déficiences sensorielles, ou au moins autant voire plus, à l'impossibilité de communiquer ? Nous retrouvons le “nous” de notre sujet: comme le signale Kant, ce que nous trouvons beau, nous estimons que tous devraient aussi le trouver beau. Il nous faut donc disposer du langage pour que notre sensibilité soit complète et opératoire. Cette unanimité ou universalité présumée de la beauté est essentielle. A travers l'expérience esthétique se manifeste la communauté humaine ou le désir de cette communauté, sous la forme d'une communion quasi religieuse.

 

Conclusion:  Nous pouvons aussi bien dire que nous sommes sensibles à la beauté parce que nous sommes humains, ou que nous sommes humains ( en particulier ) parce que nous sommes sensibles à la beauté. Il s'agit là d'une équivalence profonde, qui transcende les évidentes divergences esthétiques.

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